«En sensibilisant d’avance, je suis certaine que ça va bien aller», assure Valérie Nantais-Martin, coordonnatrice en environnement à la MRC Brome-Missisquoi.

Bye bye déchets!

Les résidants de 20 municipalités de Brome-Missisquoi devront s’y habituer. Un petit bac brun s’invitera dans leur cuisine, et un gros dans leur cour, et ce, dès l’automne prochain. Ils emboiteront ainsi le pas aux Bromontois qui les ont adoptés en 2015.

Brome-Missisquoi n’avait plus vraiment le choix. En effet, le gouvernement québécois «interdira l’enfouissement des matières organiques à partir de 2020», rappelle Valérie Nantais-Martin, coordonnatrice en environnement pour la MRC Brome-Missisquoi depuis dix ans.
Chaque résidence de la MRC recevra donc, l’automne prochain, un bac brun de 240 litres, un petit bac à compost pour la cuisine, ainsi que des informations permettant de savoir où placer telle pelure d’orange ou tel restant de côte levée.
Toutefois, on ne change pas des habitudes en un simple claquement de doigts. Quand, chaque jour, les restes de poisson et de viande, les pieds de brocolis et autres détritus de table prennent le chemin de la poubelle, ceux-ci se retrouveront dans le bac brun à condition que chaque citoyen y mette du sien.
Mme Nantais-Martin, responsable de la réalisation de ce virage, est confiante. «Je suis optimiste, dit-elle. Des gens sont encore réticents, c’est normal, mais la majorité de la population est prête. Avec tout ce qui se passe autour de nous au niveau environnemental [beaucoup sont déjà sensibilisés].»
Informer et sensibiliser
Convaincre les personnes réticentes à détourner les déchets de la décharge publique devrait se faire sans accroc, estime la spécialiste en environnement.
«L’arrivée du bac brun demande le même changement de comportement que celui qui avait été nécessaire lors de l’arrivée du bac bleu», illustre Mme Nantais-Martin, rappelant qu’aujourd’hui les gens ont bien intégré l’utilisation du bac de recyclage dans leurs habitudes de gestion des déchets.
Toutefois, les personnes moins enclines à composter, «on veut les sensibiliser».
Ce printemps, un atelier d’information sur l’arrivée prochaine du bac brun sera offert dans les trois secteurs de Brome-Missisquoi — Ouest (Farnham), Centre (Cowansville) et Est (Sutton). «On va démythifier les peurs que certains citoyens pourraient avoir en lien avec le compost : les vers, les mouches, il est possible d’en avoir comme dans une poubelle. Il y a une façon simple de gérer tout ça. On sera là pour répondre à leurs questions et leur expliquer comment cela va fonctionner.»
Plusieurs publireportages seront également publiés d’ici septembre afin de sensibiliser et informer les gens.
Les plus jeunes ne sont pas oubliés. L’équipe de la MRC prévoit aller dans les écoles pour rencontrer les jeunes du primaire et leur parler du compostage, afin qu’ils influencent positivement leurs parents.
Des ateliers seront parallèlement destinés aux élus municipaux pour qu’ils puissent répondre adéquatement à la population.
«Pour avancer dans la bonne direction, nous avons besoin de l’effort commun de tous : autant la MRC, les municipalités que les citoyens. Tout ce beau monde-là joue un rôle [dans la réussite du projet].»
S’inspirer des Villes qui ont réussi
La MRC Brome-Missisquoi ne part de zéro. En plus de Bromont, qui a déjà implanté la collecte des matières organiques,
330 municipalités intègrent aujourd’hui le bac brun dans leur gestion des déchets, selon Recyc-Québec.
«On s’inspire beaucoup de la Ville de Prévost, dans les Laurentides, qui a fait des campagnes de sensibilisation efficaces», souligne la coordonnatrice en environnement de la MRC.
«En sensibilisant tôt, ils ont eu un taux de succès vraiment important.»
Si la campagne «Vive le brun», portée par le duo Les Denis Drolet, était exclusive à Prévost, la représentante de Brome-Missisquoi dit néanmoins s’être inspirée «de ce qui a fonctionné chez eux».
«Entre municipalités et MRC, on partage nos réussites. En sensibilisant d’avance, je suis certaine que ça va bien aller.»