«Dans ce métier-là, il est important de savoir quand son heure est venue, dit Donald Badger, maire sortant de Bolton-Ouest. J’ai senti que c’était le moment pour moi de me retirer. Je pense avoir fait du bon boulot.»

Bolton-Ouest: le maire à l'épreuve du temps

Après une carrière politique de 42 ans, dont 24 à titre de maire de Bolton-Ouest, c’est sans regrets que Donald Badger a décidé de passer le flambeau au suivant.

«Dans ce métier-là, il est important de savoir quand son heure est venue, dit d’emblée le principal intéressé à propos de sa décision de ne pas solliciter un nouveau mandat. J’ai senti que c’était le moment pour moi de me retirer. Je pense avoir fait du bon boulot. »
S’il s’était présenté en politique municipale, se rappelle-t-il, c’était pour intégrer la communauté d’adoption que son épouse Margaret et lui ont choisie lorsqu’ils ont quitté la banlieue d’Ottawa.
« Je suis de ceux qui croient que lorsqu’on appartient à une communauté, on a deux choix : ou bien on s’implique activement dans la prise de décision en mettant ses idées de l’avant, ou bien on reste assis à se plaindre, explique M. Badger. J’estime avoir fait le bon choix ! »
Quand on lui demande quels sont les accomplissements dont il se dit le plus fier, M. Badger prend une pause pour réfléchir.
« Quand je suis devenu conseiller, le taux de taxation était de 36 sous (par 100 $ d’évaluation foncière). Maintenant que je quitte, le taux de taxes est encore à 36 sous », dit-il, sans même tenir compte de l’inflation.
« Je ne crois pas que beaucoup de municipalités puissent se vanter d’avoir maintenu leur taux de taxes pendant 40 ans, tout en maintenant et en développant ses services », s’enorgueillit-il ensuite.
La construction d’un hôtel de ville, dans la première moitié des années 1990, est une autre réalisation faisant la fierté de celui qui était un jeune maire à l’époque. Un projet qui a pu être financé par l’un des tout premiers programmes de subventions fédéraux où la charge fiscale des infrastructures était divisée à parts égales entre les trois paliers de gouvernement.
Ce faisant, Bolton-Ouest a pu offrir à ses élus et aux citoyens un lieu de rencontre pour échanger sur les affaires publiques. « Et la secrétaire de la municipalité a pu avoir un bureau. Auparavant, le secrétariat se trouvait dans la résidence de celui ou celle qui occupait le poste ! » raconte-t-il en riant.
Les temps changent
Bien des choses ont changé au cours des quatre décennies où le West Boltonite a donné de son temps à sa municipalité.
Il se rappelle qu’à l’époque de son entrée en politique, l’aménagement de l’autoroute 10 était l’un des dossiers d’importance, dont les répercussions sont toujours bien présentes aujourd’hui. « Soudainement, Montréal se trouvait à une heure de route de chez nous », se remémore-t-il.
L’aménagement de l’infrastructure a-t-elle contribué à changer le visage de la municipalité ? Difficile de fournir une réponse tranchée, relève M. Badger, qui reconnaît toutefois que la démographie du village a évolué.
« Quand j’étais conseiller, une majorité de citoyens demeuraient à Bolton-Ouest durant toute l’année, dit-il. Depuis qu’on a l’autoroute 10, on accueille de plus en plus de touristes. »
Statistiquement, les résidants de la municipalité à temps plein sont de moins en moins nombreux. L’arrivée, plus importante, de citoyens saisonniers amène une demande différente quant à l’offre de services que doit leur fournir Bolton-Ouest.
L’union fait la force
La création des municipalités régionales de comté, les fameuses MRC, à la fin des années 1970, a aussi bouleversé la manière de faire de la politique. Cela ne s’est toutefois pas fait sans heurts. « Pour plusieurs maires de petites municipalités, c’était difficile de voir les bénéfices de cette structure, qui semblait leur enlever une partie de leur autonomie », se rappelle M. Badger, qui n’a pas manqué de s’impliquer dans plusieurs comités pour représenter les intérêts des siens.
Mais le regroupement de certaines compétences, notamment au niveau de l’environnement, a du bon. « Notre MRC (Brome-Missisquoi) a été l’une des premières, sinon la première, à adopter une politique de gestion de l’eau, illustre M. Badger. Il s’agit d’une initiative proactive pour s’assurer d’une bonne utilisation et de la qualité de l’eau. »
La planification régionale, et la vision à plus long terme de la MRC, contribue aussi au développement de la région, reconnaît-il. « Il y a au sein de la table des maires une coopération et des buts communs, et ce, en plus d’une grande diversité au sein de nos municipalités, que ce soit au niveau de la langue, de nos origines ou de notre économie », note Donald Badger, qui relève un autre avantage à sa participation à la MRC.
« Ça m’a permis d’apprendre le français ! » lance-t-il.