La Voix de Brome-Missisquoi

Sous le signe du renouveau

L'élection générale du 5 novembre dernier a amené un vent de changement dans Brome-Missisquoi. Des 21 magistrats, certains ont tiré leur révérence, d'autres ont été remplacés. En tout, neuf nouveaux visages feront leur apparition à la table des maires. Voici un portrait des élus qui y siégeront désormais.

Les maires de Brome-Missisquoi ont tout d’abord dû élire un nouveau préfet, le 14 novembre dernier. Celui qui occupait ce poste sans interruption depuis 17 ans, Arthur Fauteux, a fait le choix de quitter la vie politique pour des raisons de santé. Le maire sortant de Cowansville a été remplacé par la toute première femme à prendre les rênes de la municipalité, la conseillère Sylvie Beauregard. À la préfecture, c’est la mairesse d’East Farnham, Sylvie Raymond, qui l’a remporté.
Du côté de Bromont, une autre figure-phare de la MRC a cédé sa place. Après tout près de 20 ans à la mairie de la ville branchée, Pauline Quinlan a été remplacée par le conseiller sortant Louis Villeneuve.
À Farnham, Patrick Melchior a causé la surprise en l’emportant contre le maire sortant Josef Hüsler, qui était en poste depuis 17 ans.
À Sutton, un groupe de candidats indépendants a, pour sa part, délogé les membres d’Alliance Sutton qui formaient l’équipe du maire sortant, Louis Dandenault. Michel Lafrance représentera donc ses concitoyens à la table des maires.
À Saint-Armand, le décès soudain et tragique de Réal Pelletier avait causé la commotion. Au terme du scrutin du 5 novembre, les électeurs ont choisi Brent Chamberlin pour les représenter à la MRC.
Réélu au début de 2016 lors d’une élection partielle pour palier la démission de Robert Nadeau, Jean-Charles Bissonnette, qui a été préalablement maire d’Abercorn pendant dix ans, a été de nouveau défait cette année, cette fois-ci par Guy Gravel.
Le paysage politique change aussi à Bolton-Ouest, où Jacques Drolet remplacera Donald Badger, qui quitte après une carrière politique de 42 ans, dont 24 à titre de maire.
À Brigham, le maire sortant Normand Delisle a été défait par Steven Neil.
Enfin, à Notre-Dame-de-Stanbridge, le conseiller sortant Daniel Tétreault prend le siège de Ginette Simard Gendreault, qui a quitté la mairie après deux mandats.
Ces nouveaux venus pourront toutefois compter sur l’expérience de leurs homologues restés en poste. C’est notamment le cas d’Yves Lévesque à Bedford, de Richard Burcombe à Lac-Brome, de Gilles St-Jean dans le Canton de Bedford, de Leon Thomas Selby au village de Brome, de Pierre Janecek à Dunham. Les maires Jean Lévesque, à Frelighsburg, Martin Bellefroid à Pike River, Albert Santerre à Saint-Ignace-de-Stanbridge, Laurent Phœnix à Sainte-Sabine, Gregory Vaughan, à Stanbridge East et Gilles Rioux, à Stanbridge Station, ont également été réélus.

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Bolton-Ouest: le maire à l'épreuve du temps

Après une carrière politique de 42 ans, dont 24 à titre de maire de Bolton-Ouest, c’est sans regrets que Donald Badger a décidé de passer le flambeau au suivant.

«Dans ce métier-là, il est important de savoir quand son heure est venue, dit d’emblée le principal intéressé à propos de sa décision de ne pas solliciter un nouveau mandat. J’ai senti que c’était le moment pour moi de me retirer. Je pense avoir fait du bon boulot. »
S’il s’était présenté en politique municipale, se rappelle-t-il, c’était pour intégrer la communauté d’adoption que son épouse Margaret et lui ont choisie lorsqu’ils ont quitté la banlieue d’Ottawa.
« Je suis de ceux qui croient que lorsqu’on appartient à une communauté, on a deux choix : ou bien on s’implique activement dans la prise de décision en mettant ses idées de l’avant, ou bien on reste assis à se plaindre, explique M. Badger. J’estime avoir fait le bon choix ! »
Quand on lui demande quels sont les accomplissements dont il se dit le plus fier, M. Badger prend une pause pour réfléchir.
« Quand je suis devenu conseiller, le taux de taxation était de 36 sous (par 100 $ d’évaluation foncière). Maintenant que je quitte, le taux de taxes est encore à 36 sous », dit-il, sans même tenir compte de l’inflation.
« Je ne crois pas que beaucoup de municipalités puissent se vanter d’avoir maintenu leur taux de taxes pendant 40 ans, tout en maintenant et en développant ses services », s’enorgueillit-il ensuite.
La construction d’un hôtel de ville, dans la première moitié des années 1990, est une autre réalisation faisant la fierté de celui qui était un jeune maire à l’époque. Un projet qui a pu être financé par l’un des tout premiers programmes de subventions fédéraux où la charge fiscale des infrastructures était divisée à parts égales entre les trois paliers de gouvernement.
Ce faisant, Bolton-Ouest a pu offrir à ses élus et aux citoyens un lieu de rencontre pour échanger sur les affaires publiques. « Et la secrétaire de la municipalité a pu avoir un bureau. Auparavant, le secrétariat se trouvait dans la résidence de celui ou celle qui occupait le poste ! » raconte-t-il en riant.
Les temps changent
Bien des choses ont changé au cours des quatre décennies où le West Boltonite a donné de son temps à sa municipalité.
Il se rappelle qu’à l’époque de son entrée en politique, l’aménagement de l’autoroute 10 était l’un des dossiers d’importance, dont les répercussions sont toujours bien présentes aujourd’hui. « Soudainement, Montréal se trouvait à une heure de route de chez nous », se remémore-t-il.
L’aménagement de l’infrastructure a-t-elle contribué à changer le visage de la municipalité ? Difficile de fournir une réponse tranchée, relève M. Badger, qui reconnaît toutefois que la démographie du village a évolué.
« Quand j’étais conseiller, une majorité de citoyens demeuraient à Bolton-Ouest durant toute l’année, dit-il. Depuis qu’on a l’autoroute 10, on accueille de plus en plus de touristes. »
Statistiquement, les résidants de la municipalité à temps plein sont de moins en moins nombreux. L’arrivée, plus importante, de citoyens saisonniers amène une demande différente quant à l’offre de services que doit leur fournir Bolton-Ouest.
L’union fait la force
La création des municipalités régionales de comté, les fameuses MRC, à la fin des années 1970, a aussi bouleversé la manière de faire de la politique. Cela ne s’est toutefois pas fait sans heurts. « Pour plusieurs maires de petites municipalités, c’était difficile de voir les bénéfices de cette structure, qui semblait leur enlever une partie de leur autonomie », se rappelle M. Badger, qui n’a pas manqué de s’impliquer dans plusieurs comités pour représenter les intérêts des siens.
Mais le regroupement de certaines compétences, notamment au niveau de l’environnement, a du bon. « Notre MRC (Brome-Missisquoi) a été l’une des premières, sinon la première, à adopter une politique de gestion de l’eau, illustre M. Badger. Il s’agit d’une initiative proactive pour s’assurer d’une bonne utilisation et de la qualité de l’eau. »
La planification régionale, et la vision à plus long terme de la MRC, contribue aussi au développement de la région, reconnaît-il. « Il y a au sein de la table des maires une coopération et des buts communs, et ce, en plus d’une grande diversité au sein de nos municipalités, que ce soit au niveau de la langue, de nos origines ou de notre économie », note Donald Badger, qui relève un autre avantage à sa participation à la MRC.
« Ça m’a permis d’apprendre le français ! » lance-t-il.

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Ginette Simard Gendreault, celle qui aimait rassembler

Après deux mandats complets à la mairie de Notre-Dame-de-Stanbridge, Ginette Simard Gendreault a tiré sa révérence début novembre. La dame à la bonne humeur contagieuse se retire avec le sentiment du devoir accompli.

« J’ai été privilégiée », confie-t-elle, reconnaissante de la confiance que ses concitoyens ont portée en elle pendant huit ans.
Née à Notre-Dame-de-Stanbridge, comme son père, son grand-père et son arrière-grand-père, Mme Simard Gendreault se dit très attachée à son village natal, « une municipalité qu’on aime, parce qu’elle est familiale et patrimoniale. »
C’est donc en 2009 que la dame, qui assistait aux séances du conseil municipal depuis quelques années, fait le saut en politique, briguant la mairie dès le départ. Elle l’a fait pour s’impliquer et pour rassembler la population.
« On se connaît tous ici, c’est comme une grande famille. C’est chaleureux », constate-t-elle.
Travail d’équipe
L’harmonie a donc été son mot d’ordre, bien qu’il soit normal que des divergences d’opinions surviennent. « Mais avec le conseil et la directrice générale, on formait une équipe solide ayant une vision commune. Ça a été facile », relate la mairesse sortante.
C’est bien modestement qu’elle affirme ne pas avoir eu « grand-chose à faire » comme mairesse. « Ce sont les conseillers qui ont fait beaucoup de travail, explique-t-elle. Je leur ai donné des mandats selon leurs capacités, leurs goûts et leurs valeurs, et eux les ont portés à terme. Chacun avait son idée, son mandat, et nous étions tous derrière pour l’appuyer. »
Créer des liens
Entre autres fiertés, Mme Simard Gendreault se félicite de quitter la mairie en laissant « des chiffres beaux et propres », tout en ayant maintenu le taux de taxation à un niveau raisonnable. Du travail a été effectué sur les routes et infrastructures municipales, en fonction des moyens de la municipalité, qui a également aménagé une bibliothèque municipale à même son école primaire.
Elle est également fière d’avoir œuvré à la réalisation d’un plan stratégique qui prévoit plusieurs orientations dans un horizon de cinq à dix ans pour assurer la prospérité du village et pour maintenir l’école, les commerces et les services actifs.
Mais c’est lorsqu’elle parle des événements mis en place pour animer la vie citoyenne que ses yeux s’illuminent. « On a réussi à faire des fêtes rassembleuses, à se donner un rendez-vous en famille », dit-elle, citant en exemples la Fête dans le rang, l’Ocktober Fest et la soirée de reconnaissance des bénévoles et d’accueil des nouveaux arrivants. Tant de rencontres qui ont permis de « créer des liens ».
Le succès de ces événements n’aurait pu être possible sans le temps offert par la centaine de bénévoles que compte Notre-Dame-de-Stanbridge, où plus d’un citoyen sur six offre de son temps. « Tous les gens de Notre-Dame ont accompli quelque chose pour leur municipalité », souligne la mairesse sortante.
Enfin, bien qu’elle se soit retirée de la vie politique, Mme Simard Gendreault compte bien demeurer active dans sa communauté et prendre part aux nombreuses activités de la municipalité.
Après tout, elle fait encore partie de la grande famille.

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Plan stratégique et de développement durable: les 12 travaux du préfet

Nouvellement élue pour succéder à Arthur Fauteux à titre de préfet de la MRC de Brome-Missisquoi, la mairesse d’East Farnham Sylvie Raymond misera sur les forces de la région pour en faire un milieu de vie encore plus agréable pour ses résidants.

Pour Mme Raymond, le préfet se doit d’être « une personne à l’écoute, qui va rassembler à la fois les maires et les idées » afin que tous œuvrent dans la même direction, au bénéfice de la population de la région. C’est ainsi que celle qui cumule neuf ans d’expérience à titre de mairesse, 16 comme conseillère municipale, et deux en tant que préfet suppléant, compte remplir sa nouvelle fonction.
« Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas exprimer des avis contraires, nuance l’élue. Quand on est maire, on pense d’abord à ses concitoyens. À la MRC, les décisions doivent être prises pour le bien de toutes les municipalités. »
Pour une meilleure qualité de vie
En tant que préfet, Mme Raymond compte déployer et s’assurer du succès du plan stratégique et de développement durable qu’ont adopté les maires de la MRC en septembre dernier. Ce plan, qui s’échelonnera sur 15 ans, compte d’abord 12 travaux, ou chantiers, à réaliser dans un horizon de cinq ans. L’accomplissement de ceux-ci, déclinés en plusieurs actions à entreprendre, permettront ultimement d’améliorer la qualité de vie, la vitalité économique et le rayonnement de la région.
« Nous [le conseil des maires] l’avons travaillé pendant plusieurs mois, indique la mairesse. Maintenant, il faut le mettre en œuvre en gardant en tête son esprit et en l’adaptant à ce qui va se présenter. »
Entre autres objectifs, la MRC souhaite finaliser l’implantation d’Internet haute vitesse sur son territoire (voir autres textes). Au total, 8000 résidences et commerces attendent toujours de bénéficier de ce service, désormais considéré comme nécessaire. Les demandes d’aide financière, pour amasser 20 des 28 millions $ que coûterait l’installation de 1400 km de fibre optique dans Brome-Missisquoi, ont été acheminées aux deux paliers de gouvernement supérieurs ce printemps : on attend toujours la réponse. « Si le gouvernement souhaite que tout le monde soit branché, il faut qu’il nous aide à offrir ce service », souligne Mme Raymond.
Il faudra aussi voir à attirer de nouveaux travailleurs pour palier au manque de main-d’œuvre observé dans tous les secteurs économiques. Cela s’effectuera notamment en arrimant les besoins des entreprises aux compétences des travailleurs, par exemple à travers des formations plus spécifiques.
Du même coup, on espère attirer de nouvelles familles qui viendront s’établir dans Brome-Missisquoi, une « région naturelle habitée » dont la protection et la mise en valeur de l’environnement comptent pour beaucoup.
Brome-Missisquoi compte aussi soutenir la culture et l’entrepreneuriat locaux, le secteur agroalimentaire de même que les industries manufacturière et forestière.
Enfin, la formation des élus se trouve sur la liste des choses à faire de Sylvie Raymond. Sur les 147 élus que compte la MRC, on dénombre 56 nouveaux conseillers et neuf nouveaux maires. « Il faut leur donner des outils pour débuter leur nouveau mandat, allègue le préfet. Pour ceux qui étaient déjà en poste, c’est une occasion de mettre leurs connaissances à jour. »

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Pacte Brome-Missisquoi: un fonds très utile pour la région

Qu’ont en commun les sentiers de vélo de montagne à Sutton, le parc-école de l’école primaire Ste-Thérèse à Cowansville et les Festifolies en Armandie ? Ce sont tous des projets qui ont bénéficié, au fil des ans, du soutien du Pacte Brome-Missisquoi.

Ce fonds d’aide pour les initiatives régionales, dont la forme et le nom ont changé quelques fois, célèbre sa 15e année d’existence. En tout, ce sont plus de 5,4 millions $ qui ont été investis dans la région de Brome-Missisquoi depuis la création de ce programme auparavant connu sous le nom de Pacte rural.
« C’est un programme pour améliorer la qualité de vie des citoyens, résume Tania Szymanski, conseillère en développement rural et responsable du fonds. C’est sûr que c’est large comme objectif, mais c’est vraiment ça. Qu’il s’agisse de rendre les milieux attractifs ou de contribuer au développement des communautés. »
Le principal atout de ce programme est certainement sa souplesse. Ce sont les instigateurs des projets qui doivent remplir une demande d’aide auprès de la MRC Brome-Missisquoi et celle-ci a ensuite toute la latitude pour déterminer les heureux élus et l’enveloppe financière à laquelle ils auront droit.
Des projets qui resteraient normalement dans l’ombre peuvent ainsi voir le jour, et d’autres éviter de se retrouver sur une tablette en raison d’un manque de financement.
« C’est un fonds qui est géré par la MRC et qui répond directement aux besoins que les gens expriment. C’est très intéressant comme programme », note Mme Szymanski.
« Les subventions sont souvent versées dans un cadre bien précis. Les municipalités ou les petits projets ne rentrent pas nécessairement dans les critères des différents programmes fédéral et provincial. Il n’y a pas énormément de subventions qui existent à cette échelle. Le pacte devient alors une bonne alternative », précise-t-elle.
Projets variés
Le Centre de la nature de Cowansville, le Marché de Noël de Frelighsburg, le Festival littéraire de Knowlton, la coop de santé de Bedford, la plage municipale de Lac-Brome et le programme Commun’école, qui vise à raccrocher les décrocheurs, font partie de la longue liste des bénéficiaires ayant menés des projets variés avec un coup de pouce du pacte.
Ces exemples, pour ne nommer que ceux-là, illustrent bien le large spectre des projets admissibles. Le programme, qui s’adresse aux municipalités, aux organismes sans but lucratif et aux coopératives, couvre, en effet, les secteurs culturel, économique, communautaire, touristique, éducatif et agricole.
« C’est autant pour les projets municipaux que ceux des organismes communautaires. On a déjà financé des projets, dans le passé, qui étaient sous la barre des 1000 $ et d’autres à 50 000 $. On peut financer une panoplie de projets. Ce qui est important, c’est que ça répond à la planification stratégique de la municipalité », souligne Mme Szymanski.
C’est une belle façon, dit-elle, d’investir dans des projets qui répondent à des besoins ciblés collectivement par le passé. Elle précise que le programme n’accorde maintenant plus aucune aide en deçà de 3000 $, mais que l’une des forces du fonds est qu’il a souvent un effet levier pour aller chercher d’autres sources de financement par la suite.

La Voix de Brome-Missisquoi

Un parc industriel en gestation

Des municipalités de la région de Bedford misent sur la création d’un nouveau parc industriel spécialisé dans la transformation du calcaire pour insuffler une nouvelle vitalité économique à la région. Et il semble que le potentiel soit bien présent.

Une étude a révélé que l’implantation de nouvelles entreprises actives dans la deuxième et la troisième transformation du calcaire pourrait créer de 900 à 1200 emplois d’ici une quinzaine d’années, avance le directeur de la gestion du territoire et directeur adjoint à la MRC de Brome-Missisquoi, Francis Dorion.
Le secteur compte déjà deux joueurs majeurs, Graymont et Omya, qui font de la première transformation. L’objectif visé est ainsi de développer une «chaîne de valeurs du calcaire».
«Il y a de plus en plus d’utilisations de ce produit-là. Pour le moment, la deuxième et troisième transformation se font très peu au Québec et pas du tout à côté des usines. (...) Il y a une valeur intrinsèque à rapprocher les usines qui utilisent la matière première de celle-ci», analyse pour sa part Louis Grenier, associé principal chez Stratégies immobilières LGP, qui a des bureaux à Saint-Hyacinthe et Longueuil.
L’entreprise, spécialisée dans le développement de parcs industriels, a été mandatée pour analyser le potentiel d’un parc industriel qui s’articulerait autour de ce créneau.  
Selon Francis Dorion, cela fait plus d’un an que les huit municipalités du pôle de Bedford planchent sur ce projet qui permettrait de palier à la stagnation des activités économiques et de la richesse foncière, ainsi qu’à la baisse démographique dans cette région.  
OSBL
«On a un positionnement quasi unique au Québec. Les veines (de calcaire) sont là. Les entreprises (Graymont et Omya) sont efficaces et se développent», relève le directeur de la gestion du territoire.
Ce dernier affirme que la MRC et le CLD travaillent ainsi de façon étroite avec les élus pour permettre à ce projet de voir le jour. Pour l’heure, cinq des huit municipalités — Bedford, Canton de Bedford, Stanbridge Station, Notre-Dame-de-Stanbridge et Saint-Ignace-de-Stanbridge — ont créé un organisme sans but lucratif, qui sera chargé de la gestion de ce futur parc industriel.  
C’est également cet OSBL qui se chargera d’acquérir les terrains d’une quarantaine d’hectares convoités pour ce projet. Ils sont situés, selon M. Dorion, en partie sur les territoires de Stanbridge Station et du Canton de Bedford, près de la route 202 et de l’usine de Graymont.  
Cette acquisition est toutefois tributaire de différentes autorisations, dont celle de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Celle-ci devrait être saisie de la demande des municipalités au cours de l’année 2018, affirme Louis Grenier, dont la firme a été mandatée pour formuler cette demande.
Quelques années pourraient toutefois s’écouler avant que tout se mette en place, prévient Francis Dorion.
Intérêt
Selon le directeur de la gestion du territoire de la MRC, il s’agit néanmoins d’une «approche unique». «Avant, les municipalités s’occupaient chacune de leur côté de leur développement. Elles travaillaient peu ensemble. Dans ce cas-ci, c’est la force du nombre. Et c’est la réalité de cette région-là, dont le centre de services est Bedford. Veut, veut pas, il y a une interaction étroite entre le centre de services et les villages et milieux ruraux autour», note-t-il.
Le conseiller industriel au CLD de Brome-Missisquoi, Benoit Lévesque, relève pour sa part que le parc industriel projeté aurait peu, voire pas, de concurrence en Amérique du Nord. «Le gisement (de calcaire) est de très haute qualité. C’est un élément qui devient très intéressant pour la région de Bedford. C’est un gage de succès», dit-il.
Informés de ce projet de parc industriel, des représentants d’Investissement Québec lui auraient par ailleurs manifesté leur enthousiasme et leur désir d’accompagner les acteurs locaux. «Les éléments de différenciation de ce parc-là sont très forts. Ils ont le feeling qu’on va pouvoir remplir ça rapidement. Ils attendent notre feu vert pour faire du démarchage à l’étranger», lance Benoit Lévesque.

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Bye bye déchets!

Les résidants de 20 municipalités de Brome-Missisquoi devront s’y habituer. Un petit bac brun s’invitera dans leur cuisine, et un gros dans leur cour, et ce, dès l’automne prochain. Ils emboiteront ainsi le pas aux Bromontois qui les ont adoptés en 2015.

Brome-Missisquoi n’avait plus vraiment le choix. En effet, le gouvernement québécois «interdira l’enfouissement des matières organiques à partir de 2020», rappelle Valérie Nantais-Martin, coordonnatrice en environnement pour la MRC Brome-Missisquoi depuis dix ans.
Chaque résidence de la MRC recevra donc, l’automne prochain, un bac brun de 240 litres, un petit bac à compost pour la cuisine, ainsi que des informations permettant de savoir où placer telle pelure d’orange ou tel restant de côte levée.
Toutefois, on ne change pas des habitudes en un simple claquement de doigts. Quand, chaque jour, les restes de poisson et de viande, les pieds de brocolis et autres détritus de table prennent le chemin de la poubelle, ceux-ci se retrouveront dans le bac brun à condition que chaque citoyen y mette du sien.
Mme Nantais-Martin, responsable de la réalisation de ce virage, est confiante. «Je suis optimiste, dit-elle. Des gens sont encore réticents, c’est normal, mais la majorité de la population est prête. Avec tout ce qui se passe autour de nous au niveau environnemental [beaucoup sont déjà sensibilisés].»
Informer et sensibiliser
Convaincre les personnes réticentes à détourner les déchets de la décharge publique devrait se faire sans accroc, estime la spécialiste en environnement.
«L’arrivée du bac brun demande le même changement de comportement que celui qui avait été nécessaire lors de l’arrivée du bac bleu», illustre Mme Nantais-Martin, rappelant qu’aujourd’hui les gens ont bien intégré l’utilisation du bac de recyclage dans leurs habitudes de gestion des déchets.
Toutefois, les personnes moins enclines à composter, «on veut les sensibiliser».
Ce printemps, un atelier d’information sur l’arrivée prochaine du bac brun sera offert dans les trois secteurs de Brome-Missisquoi — Ouest (Farnham), Centre (Cowansville) et Est (Sutton). «On va démythifier les peurs que certains citoyens pourraient avoir en lien avec le compost : les vers, les mouches, il est possible d’en avoir comme dans une poubelle. Il y a une façon simple de gérer tout ça. On sera là pour répondre à leurs questions et leur expliquer comment cela va fonctionner.»
Plusieurs publireportages seront également publiés d’ici septembre afin de sensibiliser et informer les gens.
Les plus jeunes ne sont pas oubliés. L’équipe de la MRC prévoit aller dans les écoles pour rencontrer les jeunes du primaire et leur parler du compostage, afin qu’ils influencent positivement leurs parents.
Des ateliers seront parallèlement destinés aux élus municipaux pour qu’ils puissent répondre adéquatement à la population.
«Pour avancer dans la bonne direction, nous avons besoin de l’effort commun de tous : autant la MRC, les municipalités que les citoyens. Tout ce beau monde-là joue un rôle [dans la réussite du projet].»
S’inspirer des Villes qui ont réussi
La MRC Brome-Missisquoi ne part de zéro. En plus de Bromont, qui a déjà implanté la collecte des matières organiques,
330 municipalités intègrent aujourd’hui le bac brun dans leur gestion des déchets, selon Recyc-Québec.
«On s’inspire beaucoup de la Ville de Prévost, dans les Laurentides, qui a fait des campagnes de sensibilisation efficaces», souligne la coordonnatrice en environnement de la MRC.
«En sensibilisant tôt, ils ont eu un taux de succès vraiment important.»
Si la campagne «Vive le brun», portée par le duo Les Denis Drolet, était exclusive à Prévost, la représentante de Brome-Missisquoi dit néanmoins s’être inspirée «de ce qui a fonctionné chez eux».
«Entre municipalités et MRC, on partage nos réussites. En sensibilisant d’avance, je suis certaine que ça va bien aller.»

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Pour que les femmes voient grand

Parmi les quelque 600 entrepreneurs passés par le Centre local de développement (CLD) Brome-Missisquoi au cours de la dernière année, près de 50% étaient des femmes. Si le CLD est fier de cette représentativité en région, il pense que les femmes entrepreneures ne reconnaissent pas encore leur plein potentiel.

C’est pourquoi l’organisme a tenu sa dernière assemblée générale annuelle, en mars dernier, sous le signe de l’entrepreneuriat au féminin, un thème prévu depuis deux ans. « Le but était vraiment de mettre de l’avant des femmes inspirantes », souligne Rafaël Gendron, conseiller en développement d’entreprises.
Les participants ont, en effet, pu entendre Sophie Brochu, présidente et chef de la direction chez Gaz Métro, et résidante de Bromont, de même que Geneviève Dutil, entrepreneure de la région. La présidente de l’entreprise bromontoise LX Sim s’est d’ailleurs classée dans le top 100 des meilleures femmes entrepreneures en 2016 (palmarès W100).
« Il y a une bonne présence féminine dans le milieu, mais ce qu’on remarque, c’est une différence au niveau de l’ambition. Les femmes ont tendance à avoir de plus petits projets, mais on voulait leur montrer qu’il n’y a pas de barrière », estime M. Gendron.
« Il y a aussi une différence de valeurs entre les hommes et les femmes, poursuit-il. Pour ces dernières, le volet monétaire, le salaire, est peut-être moins important. Elles misent plutôt sur l’équilibre travail et famille, sur la passion. Mais ça n’enlève rien au potentiel de leur projet. D’où notre volonté de les inspirer avec ces conférences, de les mettre en confiance. »
Conscient que ce changement de mentalité nécessitera un travail à long terme, le CLD se donne le mandat d’accompagner les femmes dans leurs passions et leurs ambitions. « On travaille en toute équité entre les sexes, que ce soit pour les ressources ou le financement, mais le fait de fournir un accompagnement personnalisé permet d’aborder cet angle plus spécifique avec les femmes. De les challenger, de leur montrer que viser grand n’est pas impossible », confie M. Gendron.
Selon lui, cette mixité dans la sphère entrepreneuriale est essentielle à un tissu économique durable. Savoir exploiter les qualités et les forces de chacun, un concept classique qui peut sembler évident, mais qu’il est nécessaire d’appliquer dans ce contexte.
Parmi les femmes entrepreneures inspirantes dans la MRC de Brome-Missisquoi, il mentionne Geneviève Lévesque, de la galerie Artêria de Bromont, qui exporte des œuvres aux quatre coins de la planète. Il souligne aussi le travail de Caroline Pelletier de la fromagerie Missiska, située à Bedford.

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Les honneurs pour Ralph Gilman

Le directeur du Service de sécurité incendie (SSI) de Bedford, Ralph Gilman, qui a célébré cette année ses 40 ans de service en tant que pompier volontaire, a récemment été décoré de la Citation d’honneur.

La Citation d’honneur vise à souligner le dévouement d’une personne ou d’un organisme qui a contribué de façon exceptionnelle au développement et à la promotion de la sécurité incendie dans son milieu.  M. Gilman a amorcé sa carrière dans le Canton de Bedford. Il a ensuite poursuivi sa mission à la Ville de Bedford après la mise en place d’une entente intermunicipale entre cinq municipalités de la région.

Au fil des années, Ralph Gilman a toujours été soucieux de mettre de l’avant des projets visant à doter la municipalité de matériel aidant à mieux combattre les incendies tout en assurant la sécurité des pompiers. Il a, par exemple, outillé le Service d’équipements pour combattre les incendies en milieu agricole et pour réaliser des sauvetages nautiques. Il a participé à l’achat d’un nouveau camion autopompe pouvant accueillir six pompiers, afin de réunir l’équipe d’attaque dans un seul véhicule. Il s’est aussi assuré que la moitié de ses hommes reçoivent une formation en sauvetage sur glace.

À titre de représentant des chefs des services de sécurité incendie de la MRC de Brome-Missisquoi, le directeur Gilman a également travaillé à l’élaboration d’une entente régionale d’entraide regroupant 11 services de sécurité incendie et couvrant les 21 municipalités de la MRC. Cette entente a été signée le 17 avril dernier. 

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Services incendie: vers une uniformisation des entraînements

La MRC Brome-Missisquoi se prépare à uniformiser les entraînements mensuels de ses 11 services incendie. Un projet sur lequel travaille Maxime Roy, coordonnateur en sécurité incendie à la MRC, et capitaine à la prévention au Service incendie de Bromont.

« On a signé dernièrement une grande entraide régionale, rappelle M. Roy. En lien avec ça, on essaie de plus en plus de faire des programmes qui vont s’adapter avec toutes les municipalités, mais qui vont aussi être pareils. Ça va être une balise minimale des entraînements à donner. »
Chaque mois, les pompiers suivent des entraînements de maintien de compétence sur divers aspects de leur travail. L’idée est de proposer un cadre dans lequel travailler.
« C’est sûr que, présentement, les formations mensuelles peuvent être différentes d’une municipalité à l’autre. […] Ce qu’on doit mettre en place, avec le schéma de couverture de risque incendie, mis à jour en juillet 2016, c’est de monter un programme qui va être uniforme et adapté pour toutes les municipalités.»
En ce qui concerne les spécialisations des services incendie, comme celle des matières dangereuses à Cowansville, Maxime Roy souligne que ce pourrait être inclus dans les programmes d’entraînement, mais ce n’est pas encore défini.
Au printemps, une entente entre les 21 municipalités et les 11 services incendie était signée. Avec cette entente régionale, un appel général sur un incendie permet d’aller chercher de 70 à 100 pompiers pour une intervention, mais aussi d’uniformiser les méthodes de travail, les entraînements et les équipements, avait expliqué à l’époque Gilles Deschamps, président du comité régional des directeurs de services de sécurité incendie.