Jessica Boudreault Laroche a suivi, récemment, un cours accéléré sur la fabrication de gelatos.

Une crèmerie à saveur d'érable

Après l’érablière, la cuisine de transformation, l’agriculture, les cabanes à sucre mobiles et les produits en épicerie, la petite famille derrière l’entreprise l’Érable au fil du temps ajoute une nouvelle corde à son arc. Depuis la fin avril, elle est derrière le bar laitier Crème et érable à Bedford.

«Les gens disent qu’on est fous, mais on a toujours été comme ça. Ça nous prend un projet après l’autre!» souligne Jessica Boudreault Laroche qui est, avec son copain Mathieu Cantin, copropriétaire de l’Érable au fil du temps et de toutes ses activités parallèles, dont la toute nouvelle crèmerie.

«Je n’y connaissais rien avant!», avance-t-elle. Pourtant, le présentoir est rempli de plusieurs saveurs de gelatos maison. Le secret? Jessica a décidé de suivre un cours accéléré dans la fabrication de ces sucreries italiennes auprès d’un expert, à Québec!

Esprit d’aventure
Cet esprit entrepreneurial, ce mélange entre le besoin d’aventure, d’insouciance et de travail acharné caractérisent les divers et nombreux projets commerciaux du couple. L’aventure a commencé il y a une dizaine d’années. Les deux vingtenaires et leurs trois enfants ont acheté une érablière de 20 000 entailles à Saint-Ignace-de-Stanbridge. Le lieu allait devenir la pierre angulaire des activités commerciales de l’Érable au fil du temps. «On n’avait jamais fait de sirop de notre vie!», se rappelle Jessica.

Ils se sont rapidement aperçus que le domaine était particulièrement difficile et qu’ils devaient innover pour tirer leur épingle du jeu. L’entreprise s’est alors lancée dans la fabrication de produits transformés de l’érable (cornets, beurre, sucre, tire, etc.) qu’ils ont commencé à vendre un peu partout grâce aux «cabanes à sucre mobiles» installées dans plusieurs marchés de Noël, fêtes de l’érable ou rendez-vous culturels de tout genre.

«On n’avait jamais fait de sirop de notre vie!», se rappelle Jessica, en parlant des débuts de l'Érable au fil du temps.

De fil en aiguille, des épiceries les ont approchés afin de vendre leurs produits d’érable. Ceux-ci sont maintenant disponibles dans les Métro Plouffe et certains IGA, entre autres. «Même s’il y a trois ou quatre compétiteurs, ça ne nous dérange pas. Les gens nous essaient et voient que nos produits sont purs», explique Mathieu Cantin, visiblement fier de sa production. Leur cuisine de transformation de l’érablière fonctionne 24h sur 24 durant le temps des sucres et celle-ci produit près de 250 000 cornets en deux mois et demi. Tout ça, c’est sans compter les autres produits vendus par l’entreprise...

Travailler en autonomie
Pour réussir en affaires et offrir un produit authentique à ses clients, l’entreprise a pour philosophie de tout faire par elle-même et d’utiliser de petits circuits d’approvisionnement. «On utilise nos produits d’érable dans la crèmerie et les fruits qu’on prend dans nos recettes viennent de producteurs de la région», expliquent les deux tourtereaux.

Même les cabanes mobiles et les kiosques de vente sont fabriqués à la main. D’ailleurs, par «cabanes mobiles» il ne faut pas s’imaginer de simples remorques peinturées. Les trois cabanes fabriquées par Mathieu sont de véritables cuisines transportables qui valent entre 50 000 et 70 000 $ et elles pèsent plusieurs tonnes. Chacune contient le nécessaire pour la fabrication de beignes et les gelatos pourraient aussi y trouver leur place l’an prochain.

«Avant, l’été était notre saison morte. Là, ça ne sera vraiment pu le cas!», disait la copropriétaire Jessica Boudreault Laroche au début du mois de mai. Depuis, la popularité du bar laitier Crème et érable ne démord pas. «Nous avons même eu une demande pour aller servir nos gélatos à l’école Butley, à Bedford, et nous allons aussi l’offrir dans nos festivals avec nos cabanes mobiles» a-t-elle précisé il y a quelques jours.

Devant l’engouement, le couple ouvrira un autre Crème et érable l’été prochain.