Le camp pédagogique de l’école du Premier-Envol de Bedford est loin d’être académique.

L’été, c’est fait pour apprendre

Depuis 2014, une vingtaine d’élèves du primaire de Bedford et des environs vont à l’école durant les vacances estivales à raison de deux jours par semaine. Le but n’est pas de les embêter, mais plutôt de les aider dans le maintien de leurs acquis pour mieux les préparer au prochain niveau scolaire.

De ce fait, le camp pédagogique de l’école du Premier-Envol est loin d’être académique. «Les élèves ne sont pas assis à des bureaux en rangées. Tout se fait sous forme de jeux et d’activités ludiques, assis sur des ballons, à l’extérieur, et la journée est entrecoupée de périodes d’exercices physiques, en plus d’être bonifiée d’une période de lecture par jour», explique Sophie-Anne Lévesque, coordonnatrice loisirs, culture et vie communautaire à la Ville de Bedford.

Deux intervenants, une enseignante et une étudiante en enseignement se partagent ainsi deux groupes d’une dizaine d’élèves. «Elles adaptent vraiment leurs interventions en fonction des besoins spécifiques de chaque enfant», indique Mme Lévesque.

Éviter la «glissade de l’été»
Ce camp d’été particulier s’adresse essentiellement aux élèves qui ont de grandes difficultés au niveau académique, «souvent ceux qui ont reçu un diagnostic quelconque», précise cette dernière.

L’idée de la mise sur pied d’un tel projet est venue de la directrice de l’école du Premier-Envol, Sophie Sénécal, après qu’elle eut assisté à une conférence d’Égide Royer, professeur à l’Université Laval et auteur de La réussite scolaire — Chroniques d’un passionné, dans lequel il aborde de front ce qu’il qualifie de «glissade de l’été».


« Les parents confirment que ça a été bénéfique pour leur enfant, et les enseignants disent que ces élèves ont perdu moins d’acquis durant l’été. »
Sophie-Anne Lévesque

«Les chercheurs concluent essentiellement à une régression en lecture et en mathématiques durant l’été. Cette situation affecte beaucoup plus les jeunes de milieux défavorisés. On estime que pour eux, le recul des habiletés en lecture équivaut à deux mois d’enseignement», disait-il à La Presse, en 2015.

Avec l’appui de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, de la Ville de Bedford, ainsi que de quelques particuliers, le projet-pilote lancé en 2014 se maintient à flot d’année en année. Et les résultats sont au rendez-vous, affirme Mme Lévesque. «Les parents confirment que ça a été bénéfique pour leur enfant, et les enseignants disent que ces élèves ont perdu moins d’acquis durant l’été et sont davantage prêts pour l’année suivante.»

Sur son site Internet, l’école du Premier-Envol indique une augmentation entre 16 et 22 %, entre juin et août, à la même évaluation de fin d’année en lecture.

Mais les bienfaits dépassent les résultats scolaires, y ajoute-t-on, citant une prise de confiance en soi importante chez l’enfant, une diminution de l’anxiété face à la nouvelle année scolaire qui s’annonce et une image plus positive de l’école.

Puisque le projet demeure encore assez unique, l’école du Premier-Envol précise qu’elle a rédigé un guide complet basé sur son expérience et que celui-ci est disponible sur demande pour les autres directions d’école qui souhaiteraient l’imiter. «Je sais qu’une commission scolaire dans le coin de Tremblant a mis sur pied son projet l’an dernier», indique notamment Mme Lévesque.

Pour plus d’information sur le camp pédagogique 2019: adminloisirs@ville.bedford.qc.ca