Le promoteur du projet, Pierre Laflamme.

Des lofts pour vivre et travailler

Être à la fois rêveur et homme d’affaires peut aller de pair. Pierre Laflamme en est la preuve. Depuis l’an dernier, il travaille à redonner vie à l’ancienne usine d’aiguilles Exeltor dans un nouveau concept qu’il a baptisé Bedford Lofts.

Avec ses planchers de lattes de bois, ses plafonds vertigineux, ses murs de brique et tous ses détails industriels d’époque, l’immense bâtisse regorge d’histoire et de cachet.

Pierre Laflamme n’y est pas resté insensible. «Je me suis trompé de chemin un jour et j’ai vu ce bâtiment. J’aime les vieilles bâtisses et celle-ci était en bon état», explique celui qui est déjà propriétaire du complexe Impérial Lofts à Granby.

Selon les archives, l’ancienne Place Excelsior a d’abord été connue comme la Corey Needles Co. (1885), avant de devenir la compagnie Excelsior Needle Co. de Torrington en 1913, puis l’usine Exeltor inc. Sa superficie est impressionnante: Pierre Laflamme l’estime à 100 000 pieds carrés sur deux étages.

Avant de se porter acquéreur de ce bâtiment patrimonial, M. Laflamme dit avoir fait une «mini-étude» d’intérêt sur le site d’annonces classées kijiji. La réaction positive du public a suffi à le convaincre.

Il souhaite maintenant attirer des travailleurs autonomes et des gens «qui veulent vivre différemment». Une dizaine d’ateliers y sont déjà installés — photographes, céramistes, peintres, ébéniste, le fabricant Ayotte Drums, entre autres — et Pierre Laflamme compte louer une vingtaine d’espaces de plus.

Les lofts accueillent présentement des ateliers de créateurs.

Il espère également trouver preneurs pour la vingtaine de lofts résidentiels qu’il pourrait aménager et louer dans ce vaste espace présentement ouvert.

L’homme est convaincu que malgré la situation géographique de Bedford, loin des grands centres, la municipalité possède un charme indéniable et offre une belle qualité de vie. Les commerces à proximité, les restaurants et la présence de la rivière aux Brochets à deux pas du bâtiment comptent parmi ses «arguments» de vente, énumère-t-il.

«Bedford est un pôle intéressant, avec Dunham et Cowansville. Des lofts dans un décor aussi bucolique, c’est très rare. Et c’est la moitié moins cher qu’à Montréal.»

Charmés par le coin
Pour renforcer son propos, Pierre Laflamme nous emmène à la rencontre d’un couple d’artistes installé à Bedford depuis trois ou quatre ans.

Accompagnés de leur chien, Marie-Joël Turgeon et Jordan Lentik respiraient la zénitude lorsque La Voix de l’Est leur a rendu visite dans le loft qui abrite leur entreprise, l’Atelier Tréma.

Le couple des Laurentides a tout quitté pour venir vivre à Bedford. C’est par un simple «adon» que les deux amoureux ont découvert la région lors d’une promenade en voiture. «On est arrivés ici et c’était tellement beau! La route des vins, le tour des arts... On a décidé de tout vendre et de s’établir à Bedford!», confie la jeune femme.

L’immense espace témoigne du passé industriel de la bâtisse.

Elle était céramiste, lui, propriétaire d’un café. «La première maison qu’on a vue, on l’a achetée, juste en face de cette usine. Puis, l’entreprise a grossi et on est venu visiter les ateliers», dit-elle. Depuis, ils travaillent côte à côte pour créer des œuvres de céramique décoratives et fonctionnelles d’inspiration «côte est américaine».

Donnant sur la rivière, leur atelier est si près du cours d’eau qu’on a l’impression d’être dans un bateau. Ils y sont tellement bien que l’idée de quitter Bedford ne leur effleure même pas l’esprit. «Tout est à faire ici, il y a tellement de potentiel. Bedford, c’est un secret bien gardé», fait remarquer Jordan.