Avec une expérience dans le domaine immobilier, Roxane Saulnier travaille à promouvoir les bâtiments passifs.

Bâtir autrement

Roxane Saulnier aime les choses lorsqu’elles sont « efficaces » et « efficientes ». Des qualités qu’on retrouve dans les bâtiments passifs, aussi connus sous l’appellation « passivhaus ». Pas étonnant qu’elle en ait fait sa spécialité.

La résidante de Stanbridge East a officiellement lancé sa PME, Trois sœurs, Patrimoine + Énergie Passive, il y a un an. Elle a d’ailleurs été récompensée en avril dernier au gala OSEntreprendre de Brome-Missisquoi dans la catégorie « services aux entreprises ». Mais cela fait environ deux ans que l’entrepreneure a jeté son dévolu sur ce type de bâtiment qui générerait une réduction annuelle des coûts d’énergie d’environ 90 %, en plus de contribuer à la lutte aux gaz à effet de serre.

Au Québec, les bâtiments construits selon la norme passivhaus demeurent encore marginaux, mais le phénomène est bien implanté dans le reste du Canada et ailleurs dans le monde, affirme Roxane Saulnier, qui se définit comme une consultante en bâtiments passifs.

Différente des Novoclimat et autres certifications LEED, cette norme a été développée en Allemagne, en 1990, à partir des résultats de projets de recherche réalisés en climat nordique autant en Europe qu’en Amérique du Nord, selon le site Internet de l’organisme Maison passive Québec.

« On arrive vraiment à faire de belles maisons. Mais la clé, c’est la simplicité, autant dans l’architecture que dans les besoins mécaniques », affirme la jeune entrepreneure qui œuvre sur des projets dans la région montréalaise et dans les Cantons-de-l’Est.

Éducation
De façon concrète, Trois sœurs accompagne les promoteurs immobiliers dans leurs démarches afin de chiffrer, modéliser et obtenir la certification d’un bâtiment passif, selon le standard international Passivhaus.

Selon Roxane Saulnier, l’enveloppe, l’étanchéité, l’isolation, les ponts thermiques et la ventilation sont notamment au cœur des préoccupations lors de la construction d’immeubles passifs.

L’enveloppe, l’étanchéité, l’isolation, les ponts thermiques et la ventilation sont notamment au cœur des préoccupations lors de la construction d’immeubles passifs.

« Il y a de plus en plus de fabricants au Québec qui offrent des matériaux qui rencontrent les normes. Déjà là, ça aide. On n’est plus dans les tout débuts du passivhaus où il y avait des échecs parce qu’on était limité en terme de connaissances et de disponibilité de matériaux. Il y a vraiment eu un boom et il y a plein de solutions maintenant », se réjouit la consultante.

Néanmoins, il reste beaucoup d’éducation à faire pour promouvoir la norme passivhaus, dit Roxane Saulnier, qui a auparavant travaillé dans le domaine immobilier. « Ça se brouille quand on arrive avec les promoteurs et les entrepreneurs habitués de construire depuis longtemps avec une formule qui fonctionne. Les gens se satisfont de ce qu’il y a sur le marché, alors qu’ils ne devraient pas. (...) Peut-être qu’ils ne sont pas au courant qu’il existe autre chose », avance-t-elle.

Et la consultante affirme que les bâtiments passifs ne sont pas forcément synonymes de budgets plus élevés. « Ce n’est pas juste pour une certaine classe, c’est pour tout le monde, le passif », assure-t-elle.

Avec deux parents propriétaires d’entreprise, Roxane Saulnier a toujours baigné dans l’entrepreneuriat. Cela allait un peu de soi qu’elle soit à la barre de sa propre entreprise. « Je pense que je fais partie de la génération où on ne peut plus développer de nouveaux projets sans être conscient de notre impact sur l’environnement », fait-elle valoir.