Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Une partie des artisans locataires des Bedford Lofts. À l’avant : Catherine Thériault (Les pétards), Émilie Gaudreault (Créations Norem), Emmanuel Péluchon (Emmanuel Péluchon Ébéniste), Marilyn B. Armand (Le point visible), Christian Roy (Christian Roy atelier) et Catherine Labonté (Cat Designer Verrier). Derrière : Samuel Gaudette et Vanessa Cliche (Comont Distillerie).
Une partie des artisans locataires des Bedford Lofts. À l’avant : Catherine Thériault (Les pétards), Émilie Gaudreault (Créations Norem), Emmanuel Péluchon (Emmanuel Péluchon Ébéniste), Marilyn B. Armand (Le point visible), Christian Roy (Christian Roy atelier) et Catherine Labonté (Cat Designer Verrier). Derrière : Samuel Gaudette et Vanessa Cliche (Comont Distillerie).

Ça grouille de vie aux Bedford Lofts

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
En faisant le pari un peu fou de transformer l’ancienne usine d’aiguilles Exeltor en lofts, l’homme d’affaires Pierre Laflamme ne croyait pas si bien faire. À peine quelques années plus tard, les Bedford Lofts grouillent de vie et de projets.

Il y a bien sûr la poignée d’artistes qui ont rapidement investi les lieux pour en faire leurs oasis de création. Puis d’autres les ont suivis, charmés par le caractère unique de cet immense espace d’une autre époque. Aujourd’hui, dans ces 100 000 pieds carrés bordant la rivière aux Brochets, les locataires se comptent par dizaines.

« Nous sommes environ une trentaine », précise Marilyn B. Armand, qui y loue un atelier pour la création de ses courtepointes modernes.

Bien que les artisans y soient nombreux, l’endroit est aussi occupé par des professionnels et des petites entreprises. Mobilier commercial, solutions d’automatisation, équipements de fabrication de produits alcoolisés, cosmétiques naturels, conception de décors... Tous les domaines s’y côtoient.


« On s’entraide, on fait des achats regroupés. C’est un bel endroit pour travailler »
Marilyn B. Armand, créatrice de courtepointes modernes

L’agroalimentaire n’est pas non plus en reste, avec la présence de la Distillerie Comont, du Cartel des spiritueux et de la Brasserie agricole de Bedford. Un espace est aussi loué par la Brasserie Dunham pour y faire de l’entreposage.

On dit même qu’un restaurant pourrait éventuellement ouvrir ses portes dans les Bedford Lofts, mais les détails se distillent pour l’instant au compte-gouttes.

Le vaste espace central de l’édifice sert de lieu de rassemblement et de marché public aux occupants des lieux. On souhaite maintenant le rendre disponible à la population.

Ce qui ne fait aucun doute, cependant, c’est l’ambiance de franche camaraderie et de collaboration qui règne entre les murs de briques de la rue de la Rivière.

« Il y a de plus en plus de gens qui s’établissent dans l’immeuble et qui entrent dans la famille, confirme Mme B. Armand. On s’entraide, on fait des achats regroupés. C’est un bel endroit pour travailler. »

Évidemment, cet esprit de corps et ce bouillon de culture concernent davantage le groupe d’artisans, dont plusieurs se côtoient au quotidien. Il n’est pas rare, fait remarquer le boisselier Emmanuel Péluchon que des partenariats naissent spontanément entre certains. Dans son cas, ses œuvres de bois ont déjà fait équipe avec les pièces d’un céramiste et celles d’une souffleuse de verre. Tant qu’à être voisins!

Vers un OBNL

D’ailleurs, ces temps-ci, un beau projet commun couve aux Bedford Lofts. Au centre des deux ailes principales de l’édifice se trouve un vaste espace décloisonné, caractéristique des usines de l’époque, avec ses plafonds surélevés, ses poutres et ses vieux planchers de bois.

Plusieurs locataires l’utilisent déjà pour comme lieu de rassemblement et d’échange. Ils en profitent aussi pour y tenir leurs marchés occasionnels. Ils souhaitent maintenant former un organisme à but non lucratif qui veillerait à préserver la valeur de l’endroit, tout en le rendant accessible à la population de la région.

À lire aussi

« Ça permettrait d’y organiser des activités à vocation culturelle et divers événements. Plusieurs personnes travaillent sur ce dossier présentement et ça devrait se concrétiser cet été », laisse entendre Marilyn B. Armand, en précisant que le conseil d’administration de cet OBNL serait constitué d’occupants des lofts et de membres de la communauté de Brome-Missisquoi.

L’organisme, qui pourrait s’appeler Les artisans des Bedford Lofts, embaucherait une personne pour la gestion des événements et la location de la salle. Des visites guidées des lofts d’artisans pourraient également être offertes au public.

Emmanuel Péluchon assure qu’un besoin existe pour ce genre de salle communautaire au cachet patrimonial sans pareil à Bedford.

Rappelons que le site a d’abord abrité la Corey Needles Co. (1885), avant de devenir la compagnie Excelsior Needle Co. de Torrington en 1913, puis l’usine Exeltor inc. L’immeuble portait le nom de Place Excelsior depuis 2012, jusqu’à ce le nouveau propriétaire lui donne sa vocation actuelle.