L’homme d’affaires Martin Côté a surpris les amateurs de courses automobiles en lançant sa carrière au début de la quarantaine.

Martin Côté, un passionné

Le coureur de Nascar Martin Côté en a surpris plus d’un au cours des deux dernières années. Au tournant de la quarantaine, l’homme d’affaires passionné de voitures est débarqué sans crier gare dans le milieu de la course automobile avec une honnête performance au Grand Prix de Trois-Rivières.

Les téléphones sonnent, ses employés le sollicitent: Martin Côté semble déjà très occupé comme propriétaire de GoVR à Ange-Gardien. Pourtant, en plus de gérer son entreprise, il entretient, en parallèle depuis quelques années, une carrière de coureur automobile Nascar.

Ce n’est d’ailleurs pas dans son bureau que se déroulera l’entretien. Rapidement, il dirige La Voix de l’Est vers un ancien garage de la GRC, au fond de sa propriété. À l’ombre, derrière des portes closes, son équipe s’affaire à préparer les bolides qui leur permettront de performer lors des prochaines courses.

Hasard
«Je suis tombé là-dedans par hasard. J’ai toujours eu une passion pour la conduite automobile, mais jamais je ne m’étais imaginé en faire!», explique M. Côté.

L’homme d’affaires a mis le pied dans le monde de la course automobile en commanditant des acteurs du milieu comme Andrew Ranger ou encore le légendaire Jean-Paul Cabana, qui avait besoin de roulottes pour son circuit Sanair, à Saint-Pie. «Ils m’ont invité à venir brûler du gaz sur le circuit», se rappelle celui qui compétitionne maintenant contre les plus grands du circuit Nascar au Canada.

«Quand j’ai pu utiliser toute la puissance de la voiture et que j’ai commencé à la sentir décrocher, j’ai voulu avoir la mienne au cas où il m’arrive quelque chose», dit-il en regardant le bolide ayant appartenu au coureur André Coursol. Une voiture achetée en 2015.

«Cette année-là, je me suis entraîné jusqu’en décembre!», se souvient-il.

Un entraînement qui a été payant, car le propriétaire de GoVR a ensuite terminé quatorzième au Grand Prix de Trois-Rivières en Pinty’s series.

«Moi, je le fais vraiment pour m’amuser», avait-il lancé à La Voix de l’Est à l’époque.

Comme le plaisir reste, la course automobile prend une place de plus en plus sérieuse dans la vie de Martin Côté, qui a participé à cinq courses l’an dernier, dont une qui s’est terminée abruptement par un accident à Toronto.

La tête et le coeur
Dans la fraîcheur de son atelier au parfum de caoutchouc et d’huile à moteur, le coureur automobile ne semble jamais se lasser de parler de sa passion.

Il est l’un des rares au Québec, sinon le seul, à posséder à la fois la licence Nascar de coureur et celle de propriétaire. En plus de performer lors des épreuves, il doit également assurer la gestion de son équipe et celle des budgets. «Ça frustre parfois les mécaniciens, parce qu’ils veulent les meilleures pièces. Je leur demande toujours ‘Est-ce vraiment nécessaire?’ Je suis encore au point d’aller chercher des millièmes de seconde. Pas des dizaines de millièmes de seconde», précise-t-il. Ainsi, les réflexes d’homme d’affaires ne sont jamais bien loin...

«Ça peut se gérer comme une business normale, mais c’est dur», soutient-il. Selon lui, une bonne partie de son travail repose dans la gestion des ressources humaines et dans la coordination.

«La partie la plus compliquée, c’est d’avoir une bonne équipe», témoigne celui qui a vu certains de ses mécaniciens lui faire faux bond au fil des ans. Mais cette année, j’ai des gens d’exception.»

Consolidation
«On veut participer au plus grand nombre de courses possible durant la saison, mais cette année, on sera plus en préparation avec l’équipe et les sponsorships», explique Martin Côté.

D’un calme olympien, il explique qu’il souhaite monter significativement dans le classement. Alors qu’il est généralement relégué autour de la vingtième place sur la ligne de départ, il souhaite se rapprocher de la dixième d’ici l’automne.

Sa saison a toutefois mal commencé à Bowmanville, où il a dû déclarer forfait, faute de voir sa voiture prête. Il compte toutefois faire beaucoup mieux à l’Autodrome de Chaudière, à la fin du mois de juin.

Sa voiture sera alors munie de nouveaux systèmes de freinage et de direction et il aura un coach, dit-il, dans son oreillette.