Vapoter préserve l’habitude de fumer, explique la docteure Christiane Laberge, porte-parole du Défi j’arrête, j’y gagne.

Vapoter peut-il aider ?

La nouvelle année est bien entamée. Elle est souvent accompagnée de résolutions de toutes sortes; bouger plus, perdre les kilos en trop et, pour certains, cesser de fumer. Quand on décide d’écraser pour de bon, diverses options sont disponibles pour vous offrir un coup de pouce, comme le Défi j’arrête, j’y gagne ou l’usage de produits pharmacologiques. Qu’en est-il de la cigarette électronique? Est-ce une option à considérer?

«C’est sûr que c’est moins pire que les produits de dégradation de la cigarette que tu as dans tes poumons, mais on ne parle pas d’un arrêt tabagique», affirme la docteure Christiane Laberge, porte-parole du Défi j’arrête, j’y gagne.

Objectivement, dit-elle, les spécialistes affirment que la cigarette électronique contient moins de produits dommageables pour le cœur et les poumons que la cigarette. Une étude réalisée par l’Université de Montréal en 2017 a toutefois démontré que six produits parmi les neuf soumis à des analyses contenaient de la nicotine alors qu’ils ne devaient pas en avoir.

Autre piste de réflexion: vapoter préserve l’habitude de fumer, ce qu’on cherche à éliminer quand on veut bannir la cigarette de sa vie. «Le fait de vapoter va garder chez l’individu l’habitude de sortir pour aller fumer, l’habitude de tirer sur un tube qui fait de la boucane», illustre la docteure.

Le Défi j’arrête, j’y gagne, qui a débuté le 5 février, abonde dans le même sens. La cigarette électronique peut être une aide à la cessation afin de supporter certains types de fumeurs. Il est toutefois conseillé de consulter un médecin ou un pharmacien avant de l’utiliser. Pourquoi? À l’heure actuelle, aucune norme de contrôle de ces produits n’existe sur le marché.

Des alternatives
La meilleure méthode pour cesser de fumer est celle choisie par le futur ex-fumeur, explique docteure Laberge. «On essaie d’adapter la méthode à ce qui te ressemble, dit-elle. Si tu consultes au niveau médical, tu dois savoir quel genre de fumeur tu es.»

Différents supports pharmacologiques existent et peuvent soutenir les fumeurs dans leur démarche. Le Champix et le Zyban sont des médicaments sur ordonnance qui ne contiennent pas de nicotine, mais qui agissent sur les zones du cerveau stimulées par la nicotine.

Des thérapies de remplacement de la nicotine sont également en vente sous forme de timbres, de gommes, de pastilles, d’inhalateur ou de vaporisateur buccal. Elles aident le corps à s’habituer à vivre sans tabac en réduisant graduellement les doses de nicotine.

Lors du défi qui se déroule à l’échelle provinciale, 50 % des participants arrêtent en utilisant des produits pharmacologiques et l’autre moitié cessent sans utiliser le moindre outil. Au terme des six semaines que dure le défi, 66% ont écrasé pour de bon. Au bout d’un an, 30 % sont toujours d’ex-fumeurs, explique la porte-parole.