Les tracteurs routiers sont maintenant équipés de panneaux solaires, ce qui permet de laisser de côté la génératrice alimentée à l’essence.

Groupe Robert: des technologies au service du transport

Groupe Robert est connu pour son service de transport, mais un peu moins pour son côté avant-gardiste. L’entreprise n’hésite pas à opter pour des solutions technologiques pour réduire son empreinte écologique, mais également afin d’offrir plus de sécurité sur le réseau routier.

L’entreprise, fondée à Rougemont en 1946, possède pas moins de 1100 tracteurs routiers et 3200 remorques de tout genre. Ses camions et ceux de ses voituriers - des chauffeurs propriétaires qui travaillent exclusivement pour le Groupe Robert — ont parcouru pas moins de 139 millions de kilomètres au cours de la dernière année. Sa consommation de carburant a atteint 55 millions de litres.
Groupe Robert offre ses services de transport partout en Amérique du Nord, mais ses marchés principaux sont les liaisons Québec-Ontario, la Nouvelle-Angleterre et des destinations américaines tels que Chicago, l’Ohio et la Pennsylvanie, entre autres.
Dans un souci de réduire sa consommation d’essence, et par le fait même son empreinte écologique, l’entreprise possède depuis quelques années 166 véhicules qui carburent au gaz naturel. « C’est une réduction de 25 % des gaz à effet de serre », explique Daniel St-Germain, vice-président des ressources matérielles chez Groupe Robert.
Deux stations de chargement de gaz naturel, opérées par Gaz Métro, sont installées sur des sites de l’entreprise, l’une à Boucherville, l’autre à Mississauga en Ontario. L’entreprise travaille avec son fournisseur pour en installer une autre à Val-d’Or, ce qui lui permettrait d’effectuer des livraisons avec les véhicules au gaz naturel entre Boucherville et Rouyn-Noranda.
L’acquisition de camions carburant au gaz naturel a incité l’entreprise à doter ses véhicules de panneaux solaires, notamment pour alimenter les détecteurs de gaz qui se déclenchent en cas de fuite pour alerter le chauffeur. Puis, ils en ont installés sur les véhicules au diesel pour mettre de côté la génératrice qui sert à climatiser, chauffer et offrir du courant au camionneur lorsque son véhicule n’est pas en fonction, notamment lors des périodes de repos.
Des jupes aérodynamiques, qui ressemblent à de grandes bandes rectangulaires installées de chaque côté de la remorque, ont été posées sur toutes les remorques qui ont la dimension requise. Conçues en composite, ces jupes entraînent une économie de carburant évaluée entre 5 % et 8 %.
L’entreprise qui emploie 3300 personnes, dont 235 à Rougemont, a également opté pour des pneus simples sur certains de ses véhicules plutôt que les conventionnels pneus doubles. Au total, 284 camions et 885 remorques et autres types de véhicules en sont équipés. Encore une fois, une économie de carburant d’environ 5 % a été enregistrée.
La sécurité, une priorité
Groupe Robert, qui offre aussi des services d’entreposage et qui opère des centres de distribution et des terminaux, est en voie d’être dirigée par la troisième génération de la famille Robert. Tout comme au jour un de l’entreprise, la sécurité figure au sommet de leurs priorités.
« Pour la famille Robert, la sécurité c’est numéro un. Il n’est pas question de s’obstiner là-dessus, indique M. St-Germain. La sécurité, ce n’est pas négociable. Ça fait partie des valeurs de l’entreprise. »
Dans cette optique, les véhicules ont été équipés de la télémétrie, dont le système Isaac créé à Chambly. La technologie permet non seulement d’évaluer la performance du véhicule et la conduite sécuritaire, mais offre aussi une connexion avec le système de répartition. « On est capable de savoir où sont nos camions en temps réel », explique M. St-Germain.
Le système enregistre aussi les heures de conduite du chauffeur, qui après un certain temps, a l’obligation de s’arrêter avant de pouvoir reprendre la route. « Tu ne peux pas tricher, explique Daniel St-Germain. Ce sera obligatoire en décembre aux États-Unis. Au Canada, ce n’est pas décidé encore. »
Depuis une dizaine d’années, les véhicules sont aussi équipés du système d’alerte de collision et d’un système d’assistance au franchissement involontaire de lignes. Des technologies qui assurent davantage de sécurité sur le réseau routier.
Des freins à disque sont aussi installés sur certains poids lourds, ce qui réduit la distance de freinage.
Parmi ces solutions technologiques adoptées par l’entreprise, nombreuses ont été découvertes au fils des ans à un grand salon du camionnage qui se déroule annuellement en Allemagne. « On découvre plein de choses. Mais on doit se battre avec les manufacturiers pour les avoir ! », explique M. St-Germain.

Les véhicules du Groupe Robert sont équipés de la télémétrie, dont plusieurs systèmes Isaac produits à Chambly.

Regard vers le futur
Même si certaines technologies sont toujours en développement, le Groupe Robert garde un oeil ouvert sur ce qui pourrait transformer en partie son industrie, notamment le platooing. Ce système consiste à créer un peloton de véhicules lourds, c’est-à-dire qu’un mastodonte est à la tête du peloton et qu’un autre camion se place derrière lui. Grâce à un système de communication, ils se connectent. Résultat : la conduite du deuxième véhicule est automatisée. Son chauffeur peut donc se reposer tout en permettant à son véhicule de rouler.
Les camions électriques pourraient également arriver sur le marché. « On regarde certains projets avec des manufacturiers pour voir comment l’électricité pourrait nous aider », explique
M. St-Germain.
Mais d’ici l’électrification des véhicules, l’entreprise rêve d’un véhicule équipé à la fois d’un moteur électrique et d’un au gaz naturel pour « être sûr d’avoir toujours du courant », explique Daniel St-Germain. « On croit beaucoup que le gaz naturel, si tout le monde mettait l’énergie nécessaire, ce serait une bonne transition entre le diesel et l’électrification. »
Le Groupe Robert n’hésite pas à foncer et à être proactif en matière de technologies, qu’elles soient vertes ou qu’elles permettent d’améliorer la sécurité. « C’est dans notre ADN d’être comme ça, dit M. St-Germain. Les nouvelles ressources, ce sont des gens qui seront à l’affût des nouvelles technologies et qui vont continuer ce qu’on a entrepris. Et ça avance de plus en plus vite. Il faut suivre, mais être prudent. C’est beau être pionnier, mais il faut bien doser, parce qu’il y a un coût à ça. »