Onil Proulx, président fondateur de la firme de ressources humaines GCRH.

Fermeture et licenciement collectif: un tremplin après l’onde de choc

Chaque fermeture d’une PME ou d’une grande entreprise entraîne une onde de choc. En ce sens, pensons à la récente annonce de Sears, dont la fin des opérations entraînera sous peu la mise à pied d’une centaine de personnes à Granby. Or, ces gens ne seront pas laissés à eux-mêmes. Une série de mesures sont en place pour les épauler dans cette difficile épreuve, mais aussi pour les aider à rebondir en se trouvant un nouvel emploi ou, qui sait, en lançant leur propre affaire.

Quand les gens apprennent qu’ils perdront leur emploi, ils s’imaginent souvent tomber dans le vide, illustre Onil Proulx, président fondateur de la firme de ressources humaines GCRH, en activité dans ce créneau depuis une trentaine d’années. « Il y a un deuil à faire. Une fois qu’ils ont absorbé le coup, ils se rendent compte qu’ils ont du support et les choses se placent graduellement », indique-t-il.
En fait, la Loi sur les normes du travail prévoit qu’il y a licenciement collectif quand on « met fin à l’emploi de dix salariés ou plus d’un même établissement sur une période de deux mois ou met à pied au moins dix salariés d’un même établissement pour une durée de plus de six mois. »
Dans le cas d’une mise à pied à grande échelle, des délais de préavis aux effectifs concernés doivent être respectés. On parle de huit semaines lors de la mise à pied de 10 à
99 personnes. Quatre semaines supplémentaires s’ajoutent dans le cas d’un groupe de 100 à 299 personnes. Idem quand cette mesure implique 300 personnes et plus. Un avis doit par ailleurs être signifié par l’employeur au ministère du Travail, puis à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), de même qu’à toute association qui représente les salariés, notamment des syndicats. De plus, une copie de l’avis doit être affichée à la vue de tous au sein de l’établissement touché.
Encadrement personnalisé
Dès que 50 salariés ou plus sont mis à pied, la Loi exige qu’un comité d’aide au reclassement soit constitué. Le regroupement est composé à parts égales de travailleurs et de représentants de l’employeur. Le cas échéant, ce dernier doit prendre d’autres moyens pour favoriser le maintien ou la réintégration en emploi des gens licenciés. Les gens ont le choix d’avoir recours au comité de reclassement à entrées continues (CREC) dans chaque région ou à une firme externe. « Dans un premier temps, les comités servent à stabiliser chaque individu », fait valoir M. Proulx.
L’étape initiale consiste à tenir des séances d’information auprès de l’ensemble des salariés. Suivront des rencontres individuelles pour évaluer les besoins spécifiques. Le président de GCRH divise en cinq groupes la clientèle avec laquelle il travaille dans ce type de dossier. « Dans tous les cas, dit-il, les démarches servent de tremplin vers autre chose. »
Premièrement, il y a les gens complètement déboussolés. « Une personne qui a travaillé 30 ans dans une organisation a tout un choc en apprenant qu’elle va perdre son emploi. Il y a souvent une démarche d’orientation à faire avec cet individu pour savoir ce qu’il veut faire. Rester sur le marché du travail à temps plein ou partiel ? Veut-il changer de branche ? Ça change aussi la donne quand il te reste quelques années à travailler. »
Deuxièmement, il y a ceux qui veulent retourner rapidement sur le marché du travail dans un secteur similaire, et qui considèrent qu’ils ont assez d’expérience. « On les aide à mettre leur CV à jour et à chercher un emploi, indique M. Proulx. On leur offre aussi des ateliers de perfectionnement. Notamment sur comment se comporter en entrevue. »
Viennent ensuite les gens qui souhaitent étudier pour découvrir une autre profession. Dans certains cas, Emploi-Québec peut financer des formations d’attestation d’études collégiales, des diplômes d’études professionnelles ou d’équivalence de cinquième secondaire. Selon M. Proulx, de 15 à 20 % choisissent cette option.
Pour d’autres, c’est le déclic pour lancer leur propre entreprise. « On leur offre beaucoup d’encadrement, spécifie le spécialiste en ressources humaines, entre autres quand vient le temps de bâtir leur plan d’affaires. » Finalement, il y a ceux qui optent pour la retraite. Notons que durant tout le processus de reclassement, Emploi-Québec fait un suivi pour s’assurer que les gens licenciés ont réintégré le marché du travail ou voir s’ils sont en recherche active d’emploi.