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Le Centre Marguerite Dubois et sa directrice générale, Valérie Marin, comptent depuis septembre sur un cuisinier d’expérience, Charles Marin, pour préparer les repas remis aux gens dans le besoin.
Le Centre Marguerite Dubois et sa directrice générale, Valérie Marin, comptent depuis septembre sur un cuisinier d’expérience, Charles Marin, pour préparer les repas remis aux gens dans le besoin.

Centre Marguerite Dubois : un cuisinier au coeur de l'économie circulaire

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
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Au cours de la dernière année, les demandes d’aide alimentaire ont doublé au Centre Marguerite Dubois à Bromont, qui non seulement récupère les surplus et les invendus des commerçants du coin, mais le centre a aussi engagé un cuisinier pour préparer des repas variés et savoureux pour les gens dans le besoin. Cette lutte au gaspillage est un maillon de l’économie circulaire chère au CLD Brome-Missisquoi.

Le cuisinier Charles Marin, avec plus de 50 ans d’expérience en cuisine derrière la toque, s’affaire à préparer toutes les semaines entre 50 et 60 portions de mets prêts-à-manger, allant de l’osso buco, de la paëlla aux soupes et au macaroni.

« C’est le fun, parce que ça donne de la diversité à nos gens. Ça permet aussi aux personnes aînées et plus vulnérables de rester chez eux et de supporter les familles pour qui c’est plus difficile », mentionne Valérie Marin, directrice générale du Centre Marguerite Dubois.

Dons alimentaires en croissance

Depuis septembre 2020, entre 1000 et 1500 kg de nourriture sont transformés par mois par le centre, qui reçoit toutes les semaines des surplus et des produits non vendus des épiceries IGA et Metro de Bromont, en plus de quelques pains mensuels de la boulangerie Canaël, et d’autres commerçants et maraîchers du coin qui font leur part pour aider en cette période précaire.

Le centre rend visite aux épiceries deux fois par semaine, celles-ci lui remettant alors soit des produits de boulangerie, des œufs, des produits laitiers, de la viande, des légumes ou des plats cuisinés. Le tout est transformé et cuisiné par les mains de Charles Marin, et ensuite redistribué à la communauté, notamment aux personnes en perte d’autonomie.

De plus, Marguerite Dubois reçoit, sporadiquement, des denrées de la station de ski Bromont, montagne d’expériences, ou encore du Zoo de Granby.

« C’est vraiment le fun, parce que les commerçants ont développé le réflexe de tout de suite penser à nous lorsqu’ils ont des surplus. Ça a créé une sorte d’habitude chez les gens. Ça circule bien, la fluidité est installée », indique Mme Marin, travailleuse sociale de formation.

Depuis septembre 2020, entre 1000 et 1500 kg de nourriture sont transformés par mois par le Centre Marguerite Dubois.

L’emploi d’un chef à presque temps plein au centre Marguerite Dubois depuis septembre 2020 a été rendu possible, entre autres, grâce au projet Bromont Ville nourricière, qui vise à implanter un système alimentaire durable dans la ville de Bromont.

« On a eu des commentaires récemment que certaines personnes âgées qui mangeaient très peu ont recommencé à manger grâce à la qualité des repas qu’on leur envoie », soutient Valérie Marin.

Partenariats bonifiés

Bien que leur collaboration perdure depuis quelques années, le centre, qui fait partie du comité anti-gaspillage alimentaire de la MRC Brome-Missisquoi, se dit « reconnaissant » envers les épiceries et les commerçants, qui ne cessent de bonifier leurs dons depuis un an, voyant la demande monter en flèche.

En effet, la banque alimentaire de l’organisme a remis 2318 paniers aux gens dans le besoin entre avril 2020 et janvier 2021, comparativement à 1090 paniers entre avril 2019 et janvier 2020. Les paniers de Noël ont également battu un record, avec plus de 200 boîtes distribuées. « On a été en mesure d’aider beaucoup de monde cette année. »

Le centre, qui a été fondé en 1995 par Sœur Marguerite Dubois, et qui s’est officiellement organisé en tant qu’organisme à but non lucratif en 2010, comporte quatre volets : sécurité alimentaire, sécurité financière et matérielle, suivis psychosociaux et soutien à l’action bénévole dans la communauté.

Environ une vingtaine de bénévoles œuvrent au bon fonctionnement de la friperie, qui reçoit près de 4 tonnes de dons matériels par année à trier, et à celui de la banque alimentaire.

Directrice générale du centre depuis quatre ans, Valérie Marin, qui a grandi à Bromont, trouve toujours important de s’impliquer dans sa ville. « Pour moi, c’est le meilleur des mondes de travailler pour ma communauté et dans ma communauté. »

Pour le moment, l’activité des cuisines collectives du centre est mise sur la glace, le temps que les mesures sanitaires permettent leur relance.