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Un projet de mise en valeur est dans les cartons pour encadrer la pratique du sport en respect avec l’écosystème.
Un projet de mise en valeur est dans les cartons pour encadrer la pratique du sport en respect avec l’écosystème.

Mettre en valeur et protéger la rivière Missisquoi

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
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La rivière Missisquoi est devenue un secret de Polichinelle l’été dernier. Devant le grand attrait que suscite maintenant l’étroite rivière sillonnant entre Potton et Sutton, avant de retourner aux États-Unis, l’Organisme du bassin versant de la Baie Missisquoi souhaite mettre en valeur la Missisquoi afin de permettre aux différentes instances de mieux encadrer la pratique du sport sur ses eaux.

« On veut mettre sur pied une table de concertation des différents acteurs du milieu, soit les municipalités, la MRC, les entreprises concernées et les citoyens pour s’assurer de la pérennité de la rivière et des activités, explique Pierre Leduc, président de l’OBVBM. On veut aller chercher plus de connaissances sur le milieu, faire un portrait de l’écosystème, déterminer s’il y a des lieux particulièrement sensibles, comme des sites de pontes pour les tortues où il faut éviter d’accoster. »

Selon une résolution adoptée par la MRC Brome-Missisquoi en novembre dernier, le projet prévoit une caractérisation complète des rives incluant les sites d’érosion et les obstacles pour la navigation, des inventaires floristiques et fauniques et la localisation des sites existants et potentiels pour les mises à l’eau. L’objectif est ultimement d’offrir aux amateurs de plein air un accès sécuritaire dans le respect des écosystèmes environnants.

Vers des actions concrètes

L’organisme en viendra à des recommandations de sites pour la mise à l’eau des embarcations, mais aussi de site de sortie de l’eau. « C’était chaotique de ce côté-là l’an dernier », évoque M. Leduc.

Mis à part le Diable Vert qui utilise ses propres terres, deux entreprises de Potton n’ont pas de site officiel pour la sortie des plaisanciers et des embarcations après leur excursion sur l’eau.

« On veut arriver à quelque chose qui est soutenable tout en assurant la pérennité de ce beau segment de la rivière. Pour les gens qui aiment la nature, c’est une rivière qui est très attrayante. Mais il ne faut pas briser un lieu magnifique en l’utilisant trop. »

Si tout se déroule comme le souhaite l’organisme, le travail s’effectuera cet été. Des réponses sont encore attendues pour des demandes de financement.

Selon M. Leduc, il y a un intérêt de la part des gens du milieu à participer à une telle concertation. La MRC Brome-Missisquoi a notamment appuyé par résolution l’OBV dans sa demande d’aide au programme de soutien régional aux enjeux de l’eau du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Une partie de la Missisquoi-Nord pourrait faire partie du projet de mise en valeur de l’OBV de la Baie Missisquoi.

« Pour les gens qui aiment la nature, c’est une rivière qui est très attrayante. Mais il ne faut pas briser un lieu magnifique en l’utilisant trop. »
Pierre Leduc, président de l’Organisme du bassin versant de la Baie Missisquoi

En plus des recommandations, qui devraient se traduire en actions concrètes dans les prochaines années, des panneaux d’information sur les espèces observées et l’écologie du milieu ainsi qu’un dépliant sur le secteur, les infrastructures locales et un code de conduite pour les usagers pourraient être produits.

Désignation

Le lit de la rivière Missisquoi se trouve principalement aux États-Unis. Les deux sections américaines portent d’ailleurs la désignation « Wild and scenic ».

« C’est la seule rivière au Vermont qui a cette désignation, souligne Pierre Leduc. Ça démontre que c’est un écosystème très intéressant et qui vaut la peine d’être préservé. Cette désignation amène des concertations entre les différents acteurs du milieu et du financement du gouvernement pour agir sur le terrain. »

Il donne en exemple l’installation d’affiches pour identifier les zones sensibles.

« On n’a pas de désignation semblable ici, mais rien n’empêche d’agir comme si on l’avait. »

M. Leduc aimerait qu’une telle désignation assortie de subvention voie le jour au Québec et qu’une attention particulière soit donnée aux rivières.

Le président de l’OBV souligne par ailleurs le travail réalisé en Gaspésie, où une étude a mené à un cadre de gestion adaptée à la rivière Bonaventure.

« C’est une étude très sérieuse [...]. Ça attire des gens et de l’activité économique, tout ça en préservant la poule aux œufs d’or. C’est facile de détruire un milieu et c’est difficile à réparer par la suite. »