Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le porte-parole de la Relève agricole Missisquoi-Iberville, Alexis Cormier, photographié avec sa conjointe, Audrey Cameron, affirme que ce ne sont pas les défis qui manquent pour la relève agricole.
Le porte-parole de la Relève agricole Missisquoi-Iberville, Alexis Cormier, photographié avec sa conjointe, Audrey Cameron, affirme que ce ne sont pas les défis qui manquent pour la relève agricole.

Les défis de la relève agricole

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
La relève agricole fonde beaucoup d’espoir sur l’adoption du projet de loi C-208. Si celui-ci est adopté, cela pourrait contribuer à corriger l’iniquité fiscale actuelle, alors qu’il est plus avantageux pour un propriétaire de vendre son entreprise à une personne sans lien de parenté, plutôt qu’à un membre de sa famille.

« Si ça passe, ça va avoir un impact majeur pour les transferts d’entreprises, lance le porte-parole de la Relève agricole Missisquoi-Iberville, Alexis Cormier. Et ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que les transferts qui ont le plus de chances de réussite, ce sont les transferts apparentés. Les parents sont prêts à vendre pour moins cher et donnent souvent un coup de main. »

La Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ), dont relève la cellule locale représentée par M. Cormier, a d’ailleurs interpellé la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, sur le sujet lors de son congrès annuel, au début du mois.

Le projet de loi C-208 a été présenté en février 2020 par un député du Parti conservateur. Le Parti libéral ne l’a pas encore appuyé.

Cela est d’autant plus important, selon Alexis Cormier, que l’accès aux actifs agricoles entraîne des coûts majeurs pour les jeunes qui optent pour l’agriculture.

« C’est difficile, c’est ardu. Et ça prend de l’argent. [...] Il y a un écart de plus en plus grand entre la valeur économique de la terre et sa valeur marchande. Il y a une distorsion entre ce que la terre génère et ce qu’elle coûte. C’est problématique pour la relève », dit celui qui est pour sa part engagé avec ses parents dans le processus de transfert de l’érablière familiale, Le murmure du printemps, à Dunham.

Compétition

Alexis Cormier, qui s’est lancé dans la production de dindes l’an dernier, en plus d’agir à titre de directeur de comptes agricoles chez Desjardins, affirme que la relève agricole est malgré tout au rendez-vous. Brome-Missisquoi compte entre autres un nombre élevé de producteurs maraîchers bio qui cultivent la terre sur de plus petites superficies.

Ceux-ci ont assurément leurs propres enjeux, affirme le porte-parole de 27 ans.

Mais les difficultés sont plus grandes pour ceux qui souhaitent se consacrer aux grandes cultures, à la production laitière ou à d’autres productions contingentées, qui nécessitent un apport important de capitaux, dit-il.

« C’est un frein pour certains. Et ça amène un certain découragement. Il faut parfois faire beaucoup de compromis pour être capable de réaliser un projet », déplore-t-il.

Les citadins aisés qui achètent des propriétés agricoles, sans réellement les exploiter, ne sont d’ailleurs pas sans compliquer la vie de la relève agricole, ajoute Alexis Cormier.

« Une terre avec une maison d’un million de dollars, ce n’est pas un producteur agricole qui va la racheter. Ça va être une autre personne qui se cherche une résidence secondaire en campagne. C’est de la grosse compétition pour la relève agricole, ça », dit-il.

Offert dans certaines régions du Québec, dont Brome-Missisquoi et Rouville, le service de maillage Arterre, entre les aspirants agriculteurs et les propriétaires, vise néanmoins à assurer la pérennité du patrimoine agricole du Québec. Car l’acquisition ou la location d’actifs est facilitée avec ce service. « La location de terre, ce n’est pas le type d’agriculture auquel on a été habitué. Mais il faut aussi accepter d’aller vers un autre modèle », estime le porte-parole de la Relève agricole Missisquoi-Iberville.