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« On n’est pas contre l’agriculture, mais ça prend un équilibre », indique Simon Lajeunesse, coordonnateur régional des cours d’eau à la MRC de Brome-Missisquoi.
« On n’est pas contre l’agriculture, mais ça prend un équilibre », indique Simon Lajeunesse, coordonnateur régional des cours d’eau à la MRC de Brome-Missisquoi.

Gestion de l'eau en milieu agricole : agir à la source

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
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Il fut un temps où on gérait l’eau sur les terres agricoles de façon bien différente. L’idée était d’évacuer les surplus d’eau le plus rapidement possible, sans trop de considération pour les sédiments et pesticides qu’ils transportaient.

Les choses ont bien changé puisqu’aujourd’hui, on porte davantage attention à l’écoulement de l’eau en milieu agricole afin d’en minimiser l’impact sur les étendues d’eau plus importantes. Et à ce chapitre, la MRC Brome-Missisquoi s’est démarquée en embauchant un coordonnateur régional des cours d’eau.

Depuis 2016, la MRC — avec l’aide de l’Organisme du bassin versant de la baie Missisquoi, de ses agronomes et de plusieurs partenaires — conseille et accompagne les agriculteurs pour améliorer la gestion de l’eau sur leurs terres afin de préserver autant leurs cultures que les plans d’eau en aval.

« On essaie de travailler à la source, le plus près possible d’où la goutte tombe, explique Simon Lajeunesse, coordonnateur régional des cours d’eau à la MRC de Brome-Missisquoi. En amont, donc, et non en fin de réseau. »

Les travaux réalisés sur de nombreux cours d’eau du territoire prennent plusieurs formes: bandes riveraines, revégétalisation, marais filtrants, bassins de rétention, avaloirs, culture de couverture, enlèvement de sédiments ou encore modification des cours d’eau en « double trapèze » — ou chenal à deux niveaux — afin de permettre aux grands flux d’eau de s’évacuer tout en conservant plusieurs sédiments.


« On essaie de travailler à la source, le plus près possible d’où la goutte tombe. En amont, donc. »
Simon Lajeunesse, coordonnateur régional des cours d’eau à la MRC

Cette dernière méthode crée « des cours d’eau plus stables et un meilleur habitat pour les poissons, et ce, sans couper dans la superficie cultivable ».

Changements climatiques

Des approches qui se sont avérées encore plus pertinentes avec les changements climatiques et l’augmentation du nombre d’ouragans et d’inondations, sans oublier le problème de cyanobactéries (ou algues bleues), très présent dans le sud du Québec. « On est rodés maintenant », dit M. Lajeunesse.

Le coordonnateur régional et biologiste précise que l’approche de la MRC « n’est pas coercitive » et se fait en partenariat avec les propriétaires agricoles. Ceux-ci, ajoute-t-il, offrent une bonne participation.

« On a beaucoup drainé de milieux humides avant, avec des résultats mitigés parce que ces terres redeviennent parfois très humides, dit Simon Lajeunesse. Aujourd’hui, des agriculteurs sont prêts à nous céder des parcelles de terrain. On n’est pas contre l’agriculture, mais ça prend un équilibre. »

L’idéal consiste à trouver des solutions durables et à promouvoir les bonnes pratiques agricoles, « des choses qui sont à la portée de tout le monde. »