Maryse Sauvé et Daniel Bonin se lancent dans la production d’œufs de cane. Et ce n’est certainement pas un handicap visuel qui pourra les arrêter.

Voir loin malgré la cécité

Un jour, un couple de non-voyants a décidé de se lancer en aviculture, plus précisément dans la production d’œufs de cane, un oiseau méconnu au Québec. Plusieurs pourraient croire que ce projet était voué à l’échec. Pourtant, quotidiennement, Maryse Sauvé et Daniel Bonin démontrent tout le contraire. Avec leur persévérance et leur détermination, les amoureux ont développé leur projet de canardière à Stukely-Sud : La canne blanche !

De la construction des bâtiments, à la reproduction des canes, jusqu’au plan d’affaires, le couple de non-voyants touche à tout. Et ce n’est certainement pas un handicap visuel qui pourra les arrêter. « On n’est pas plus courageux qu’un autre. On veut juste donner le goût aux gens de réaliser leur rêve », lance Daniel, bien humblement.

Ce dernier est atteint du glaucome congénital depuis sa naissance. De l’âge de deux à cinq ans, il a subi 29 opérations, puis à 20 ans, il a perdu la vue du jour au lendemain.

C’est aujourd’hui, à 54 ans, qu’il vit le plus beau moment de sa vie. « C’est le plus bel accomplissement que je fais avec ma femme. Je me couche le soir et je remercie la vie... Quelle chance que j’aie de m’accomplir comme ça et de le faire avec la femme que j’aime », confie-t-il.

Sa conjointe, Maryse, qu’il a rencontrée il y a neuf ans à la Fondation Mira, a reçu un diagnostic de maladie dégénérative génétique à l’âge de 17 ans. Dans environ six ans, elle sera totalement aveugle.

Tout cela aurait de quoi en décourager plus d’un. Daniel et Maryse veulent prouver qu’avec de la volonté, on peut réaliser l’impossible. « On a décidé de tout faire pour mettre sur pied notre projet. C’est la volonté de s’accomplir. Celle de ne pas attendre un chèque dans la boîte aux lettres chaque mois », illustre-t-elle.

« Notre but c’était d’être occupés et de gagner notre vie humblement » ajoute Daniel.

Le tout parce que leur parcours a été parsemé d’embûches : trouver du travail relevait de l’impossible.

Diplômée en massothérapie, Maryse s’est fait congédier de son emploi parce que son chien guide l’accompagnait au travail. Lorsqu’elle a souhaité faire du bénévolat dans la cuisine d’une école, on lui a fermé la porte au nez parce qu’elle devait manipuler des couteaux. « Il y a beaucoup de barrières à franchir », indique-t-elle.

Quant à Daniel, il n’a jamais pu exercer son métier. « J’ai un baccalauréat en droit. Quand j’ai dû cogner aux portes, ils ne voulaient pas me mettre des dossiers entre les mains... », lance Daniel, encore dépassé par ce genre de comportement.

Actuellement, 19 canes trouvent refuge dans un petit enclos. Le printemps prochain, le couple souhaite accueillir 660 canes pondeuses de race coureur indien.

Pour l’amour de l’oiseau

Le couple a alors créé sa chance en entamant la construction de sa canardière de 3600 pieds carrés, en 2018. En plein hiver ! Actuellement, 19 canes y trouvent refuge dans un petit enclos. Lors du passage de La Voix de l’Est, 28 canetons allaient venir les rejoindre après avoir complété leur temps d’incubation.

Le printemps prochain, le couple souhaite accueillir 660 canes pondeuses de race coureur indien.

« On est tombé amoureux de cet oiseau avant tout et on s’est rendu compte que c’était le plus grand pondeur. L’élevage pour la ponte a été abandonné avec les années, remarque Maryse. Il faut qu’il soit connu ici. C’est notre mission. »

Adapter son environnement

Pour veiller aux besoins de leurs animaux, les partenaires dans la vie comme en affaires ont adapté leur environnement en fonction de leur condition. « Au lieu de bâtir de grands enclos où on pourrait entasser 100 canes, on a fait de petits enclos », explique Daniel. Ainsi, 22 enclos abriteront 30 canes.

Cette stratégie leur permettra d’entendre chaque oiseau et de pouvoir déceler si l’un d’eux est mal en point. Dans un petit espace, la cueillette des œufs s’effectuera aussi plus facilement et rapidement.

Mobilisation

Si l’amour pour l’oiseau et leur complicité les ont motivés à réaliser leur projet, Maryse et Daniel ont également pu compter sur le soutien inestimable de la communauté de Stukely et des environs.

« À un moment donné, on était 22 à travailler ici ! , raconte Maryse. Tous des gens qui se sont impliqués bénévolement. »

« Au début, il fallait convaincre et rassurer tout le monde que notre projet pouvait marcher. On a toujours gardé le sourire malgré tout. Aujourd’hui, tout le monde y croit », se réjouit Daniel.

À un tel point que le couple aura l’occasion de vendre ses œufs à l’église de Stukely sur dix dimanches cet été. Un conseiller municipal de Bolton-Est leur a aussi promis qu’il les encouragerait. « Pour commencer, on veut faire connaître l’histoire du produit. Et étant donné qu’on n’a pas la pleine ponte, il faut sélectionner les marchés qu’on veut faire cet été. On ne veut pas créer une demande à laquelle on ne pourra pas répondre », relève Maryse.

Des ententes sont également signées avec le Groupe Épicia, qui détient entre autres les Végétariens à Sherbrooke et le Jardin du Mont à Granby.

Si l’histoire vous inspire, elle fera l’objet d’un documentaire présenté sur AMI-télé en janvier prochain.

LE MEILLEUR PONDEUR DES CANARDS

Une cane pond entre 200 et 250 œufs par année. Cela fait d’elle la plus grande pondeuse parmi les canards. Cet oiseau est plus résistant aux vers et aux maladies que la poule. Il supporte également mieux l’humidité et la pluie.

Le coureur indien est la race pure de la cane. Il est plus gros et plus efficace dans la production d’œufs. « Le Khaki Campbell est une autre race qui a un bon rythme de ponte », relève Daniel Bonin. Ce canard est la seule volaille qui ne vole pas en raison de ses petites ailes. « Pour nous, c’est parfait. Il court, donc on l’entend quand il arrive », remarque Daniel.

Le couple souhaite que son groupe de canes soit en grande majorité des coureurs indiens pour augmenter l’efficacité de la production d’œufs. « Le coureur indien mulard, lui, pond moins parce que le mulard ce n’est pas un pondeur. Alors on revient au blanc et au gris. On revient à l’origine, aux plus grands et meilleurs pondeurs », indique M. Bonin.

AGRICULTURE

La Chaufferie: du grain au verre

Un nouveau joueur a récemment fait son entrée dans l’univers des microdistilleries québécoises: La Chaufferie, aménagée dans l’ancien complexe industriel de l’Imperial Tobacco, au centre-ville de Granby.

L’endroit, qui a nécessité des investissements d’environ 1,5 million $, se distingue de bien d’autres producteurs en partant directement du grain pour élaborer ses alcools: une vodka et un gin. Un whisky est aussi en élaboration. Petit cours de distillerie 101 avec le maître distillateur de La Chaufferie, Vincent Van Horn, qui a notamment fait ses classes auprès de la Cayman Spirits Co, dans les îles du même nom.

AGRICULTURE

Une ferme 4.0

C’est en 2005 que Frédéric Paris s’est joint à l’entreprise de sa conjointe, Jocelyne Miron, et de la mère de celle-ci, Hélène Chevrier. « J’ai grandi voisin d’une ferme laitière, celle de mon grand-père, mais je n’ai pas eu la possibilité de racheter la ferme familiale, raconte-t-il. Jocelyne a rapidement vu mon intérêt pour les animaux et l’élevage, alors elle m’a offert de me joindre à la ferme familiale », dans laquelle œuvre aussi la fille de Jocelyne, Geneviève.

Il n’y a pas que les usines qui font le virage 4.0. Plusieurs producteurs agricoles se tournent, eux aussi, vers les nouvelles technologies afin d’accroître la productivité de leur ferme, mais aussi leur qualité de vie. Un investissement qui en vaut la chandelle.

AGRICULTURE

De la zoothérapie hors du commun

Qui a dit que les animaux de la ferme ne pouvaient pas s’inviter dans une thérapie ? Pour Cindy Guertin, cela va de soi. La zoothépeute de Saint-Césaire propose une approche hors des sentiers battus en se faisant assister dans son travail par des lapins et des poules. Bientôt, des chèvres et une truie se joindront à l’aventure !

Mme Guertin œuvre auprès d’une clientèle ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme. Elle travaille aussi avec des personnes atteintes de TDAH, d’anxiété ou d’un trouble du langage. « Mon but est d’aller vers les clientèles problématiques pour les aider à évoluer et les amener à leur pleine capacité. »

AGRICULTURE

Profession : courtiers immobiliers

Ils sont encore tout jeunes, mais Sara de Grady et David Couture en connaissent un bout sur le courtage immobilier. Leur spécialité : l’univers de l’agriculture.

Fermes, domaines, fermettes, terres à bois, érablières et terres cultivables... Depuis ses débuts en 2010, le duo a vendu plus de 500 propriétés à vocation agricole en Montérégie et en Estrie, ce qui représente une moyenne d’environ 60 par année. Un chiffre phénoménal, compte tenu de la valeur de ce type de propriétés.

AGRICULTURE

Des fraises du Québec en mai

Il sera possible de manger des fraises du Québec à la fête des Mères cette année. Le Potager Mont-Rouge Halte Gourmande, à Rougemont, s’est lancé dans la production en serre. Dans quelques semaines, le délicieux fruit rouge sera donc prêt!

L’idée a germé en 2013, alors que l’entreprise familiale ne possédait pas encore de serre. Marielle Farley et son fils, Philippe Beauregard, participaient tout simplement à une journée porte ouverte chez un producteur qui cultivait des fraises en serre, l’hiver. «Nous, on produisait des fraises en champs, précise Philippe. Pour les serres, on se disait qu’un jour, peut-être...» Mais voilà qu’en 2016, Philippe et sa sœur Marjolaine mettent la main sur le Verger Totem, toujours à Rougemont. Un lieu qui possédait une serre. «Il y avait de la mauvaise herbe jusqu’au plafond, raconte Philippe. Ça n’avait jamais été exploité.»

AGRICULTURE

Place à la relève

Les cercles de jeunes ruraux existent depuis des décennies dans plusieurs régions du Québec. La Haute-Yamaska et Rouville n’y font pas exception et continuent de réunir enfants, adolescents et jeunes adultes curieux d’en savoir davantage sur le monde agricole québécois. Dans plusieurs cas, c’est dans ces regroupements que la graine d’une vocation a été semée.

« Que tu proviennes du secteur avicole, porcin ou acéricole, tu peux échanger sur bien des sujets et même apprendre sur plein d’autres, allègue Steve Boulet. Ça permet à certaines personnes qui ont grandi sur un type de ferme de développer un intérêt pour un autre type d’élevage ou d’agriculture et de s’orienter vers ça. »

AGRICULTURE

De grands rêves à la ferme Maui

Les temps morts sont rares chez Myriam Grenon et Steven Beerwort. Propriétaires de la ferme Maui à Lac-Brome, toutes leurs journées sont consacrées à s’occuper d’un cheptel de plus de 350 brebis Dorper et de leurs agneaux. Tout ça en plus de veiller à l’éducation de leurs cinq enfants de moins de dix ans !

Les deux jeunes producteurs agricoles se sont connus dans l’Ouest canadien en 2004. Comme des centaines de jeunes Québécois, ils avaient mis le cap sur cette terre d’apprentissage pour acquérir une expérience de travail, apprendre l’anglais et explorer ce coin de pays. Le couple s’est croisé sur une ferme laitière à Calgary. Steve était responsable de la gestion de l’exploitation et Myriam était de passage en tant que stagiaire en agronomie. Ils ont trouvé l’amour et sont rentrés au Québec ensemble.

AGRICULTURE

La Pagaille: laboratoire paysan

La Pagaille s’organise. De 12 paniers en 2018, écoulés parmi les amis et les familles, ils passeront à 33 cet été, avec des points de chute à la ferme et à la Brûlerie Mondor, à Saint-Hyacinthe.

La ferme n’est pas certifiée biologique, mais les membres de cette coopérative n’utilisent cependant aucun engrais chimique, s’affairant plutôt à chouchouter le sol avec des outils légers qui ne compactent pas le sol. Parmi leur arsenal de rebelles agricoles, on retrouve notamment la «grelinette» — publicisée par la vedette de la production maraîchère bio-intensive, Jean-Martin Fortier — ou encore un rotoculteur «qui fonctionne à la drill».

Cahier spécial

Du safran et du paprika 100% québécois

Du safran et du paprika cultivés au Québec... On aura tout vu ! Réputées précieuses et exotiques, ces épices ne poussent plus seulement dans de lointaines contrées. Bienvenue à La Safranière des Cantons de Stanbridge Station.

Sylvie Bernatchez et sa famille ont choisi cette voie en 2015. « C’était l’idée de mon fils, précise la dame. Il trouvait le safran intéressant. »