La gestion de l’ambiance et de la ventilation du poulailler est primordiale lorsqu’on élève de la volaille, indique Frédéric Paris. C’est pourquoi la Ferme Johel a investi dans la technologie à la fine pointe.

Une ferme 4.0

C’est en 2005 que Frédéric Paris s’est joint à l’entreprise de sa conjointe, Jocelyne Miron, et de la mère de celle-ci, Hélène Chevrier. « J’ai grandi voisin d’une ferme laitière, celle de mon grand-père, mais je n’ai pas eu la possibilité de racheter la ferme familiale, raconte-t-il. Jocelyne a rapidement vu mon intérêt pour les animaux et l’élevage, alors elle m’a offert de me joindre à la ferme familiale », dans laquelle œuvre aussi la fille de Jocelyne, Geneviève.

Il n’y a pas que les usines qui font le virage 4.0. Plusieurs producteurs agricoles se tournent, eux aussi, vers les nouvelles technologies afin d’accroître la productivité de leur ferme, mais aussi leur qualité de vie. Un investissement qui en vaut la chandelle.

En 2010, le Miltonnais choisit donc de laisser son emploi à temps partiel pour se consacrer à l’élevage d’oiseaux à temps plein. Il est notamment responsable de la planification de l’élevage et de l’inventaire du magasin, qui constituent la totalité des revenus de l’entreprise familiale. « J’ai eu le désir de tout optimiser, dit-il. Nous sommes une petite entreprise. On est toujours dans la microgestion et il y a toujours un paquet de tâches à effectuer. »

La gestion de l’ambiance et de la ventilation du poulailler est primordiale lorsqu’on élève de la volaille, indique M. Paris. « Il faut contrôler plusieurs facteurs pour s’assurer que les oiseaux soient toujours au maximum de leur confort, car notre raison d’être passe par là, affirme-t-il. Je me suis demandé : peut-on faire mieux ? Peut-on faire plus ? Comment puis-je améliorer la qualité de vie des poulets et la performance de la ferme ? »

Ses recherches sur Internet sur la ventilation avicole l’ont mené à découvrir des procédés de gestion agricole mis en place en Europe et aux États-Unis.

Comme s’il s’agissait d’une photographie de la ferme, le producteur agricole peut connaître en temps réel, sur son téléphone intelligent ou sur une tablette, la température, l’humidité et l’éclairage du lieu et le taux de mortalité quotidien dans le poulailler.

Gestion centralisée

En 2013, l’entreprise a investi pour remplacer les trappes de ventilation du premier poulailler et pour corriger des problèmes de structure. « À ce moment-là, j’étais convaincu de ne pas avoir besoin d’investir davantage pour le moderniser, confie M. Paris. J’ai fait des essais avec les équipements que j’avais. J’y allais un pas à la fois, pour voir ce que ça donnait. J’ai mis en place certaines choses, mais j’ai fini par arriver au bout des possibilités avec mon équipement. À un certain point, il faut penser à investir pour améliorer divers problèmes récurrents. »

C’est ainsi que la Ferme Johel a pris part à un projet pilote mené par l’entreprise Monitrol, de Boucherville, afin de développer un nouveau système de ventilation. L’installation du contrôleur a nécessité des investissements de 20 000 $ pour un seul bâtiment, somme qui sera rentabilisée dans une période de cinq à sept ans.

Comme s’il s’agissait d’une photographie de la ferme, le producteur agricole peut connaître en temps réel, sur son téléphone intelligent ou sur une tablette, la température, l’humidité et l’éclairage du lieu et le taux de mortalité quotidien dans le poulailler. Il peut activer ou désactiver des ventilateurs à des endroits bien précis et connaître la quantité exacte de moulée dans chacun des silos, entre autres.

Par exemple, une plage étroite d’un seul degré Celcius peut tout changer et rendre les poulets inconfortables et anxieux, au point de développer certaines maladies. Le contrôleur automatisé permet d’ajuster la température du poulailler à distance et même automatiquement si des changements à l’environnement sont observés par l’ordinateur. « Le système nous avertit aussi lorsqu’on se trouve dans une situation hors normes. On a une alarme en cas d’anomalie de procédures », ajoute l’éleveur de volaille.

Gains

Le tout a eu pour effet d’améliorer la productivité de la ferme familiale. « Le nerf de la guerre, c’est la conversion alimentaire. Moins tu utilises de moulée pour élever tes poulets, plus tu es rentable, explique M. Paris. Le contrôleur a influencé le gain moyen : on a diminué la quantité d’aliments que ça prend pour produire un kilo de poulet. Ça a aussi diminué le taux de condamnation des poulets à l’abattoir de près de la moitié au cours des cinq dernières années. Bref, c’est comme si je faisais un poulailler de plus avec les mêmes bâtisses. »

Le tout a également permis des économies sur les frais de chauffage de l’ordre de 20 %, tout en limitant l’empreinte écologique de la ferme. « On diminue les émanations de propane et de gaz à effet de serre, tandis que les poulets, en étant moins stressés, dégagent moins d’ammoniac », explique M. Paris.

Une telle technologie met également les producteurs en confiance, souligne-t-il. « Ça nous permet de sauver du temps et on a des mesures beaucoup plus précises, souligne-t-il d’abord. Je ne suis plus obligé de prévoir, quatre ou cinq jours à l’avance, les paramètres à établir en fonction des prévisions météorologiques. Tout s’ajuste en temps réel et automatiquement. Aussi, la quantité d’informations auxquelles on a accès est beaucoup plus grande. On a des données sur la consommation d’eau et de moulée, l’historique de la température et le suivi de l’inventaire. »

« Notre qualité de vie aussi s’en trouve améliorée, poursuit Frédéric Paris. Comme ça peut être géré à distance, on est capables de s’éloigner et de se faire remplacer plus facilement. On peut partir l’esprit tranquille. »

Comme les résultats ont été fort positifs au premier poulailler, le second de la Ferme Johel sera éventuellement doté du même système. « C’est en apprenant à travailler avec ces outils-là qu’on découvre toutes sortes de trucs qui nous servent, nous sauvent du temps et qui nous amènent à rentabiliser notre investissement », affirme Frédéric Paris.

Quand l’innovation mène... à l’innovation

La fin justifie les moyens, veut l’adage. C’est ainsi qu’un producteur agricole de Saint-Alphonse-de-Granby a mis au point un système intelligent de récupération de chaleur pour répondre précisément à ses besoins.

L’entreprise Avi-Air a entrepris son virage technologique il y a sept ans. La ferme avicole est d’ailleurs la première à avoir utilisé le système Genius Itouch, un contrôleur intelligent permettant de superviser les cinq sites d’élevage sur place, ainsi qu’en ligne. « Avec la plateforme, il est possible d’apporter les ajustements nécessaires aux différents poulaillers sans se déplacer, ce qui nous permet de gagner beaucoup de temps. De plus, les contrôleurs alimentent une base de données qui peut être consultée et analysée au moment opportun, ce qui nous permet de mieux gérer nos coûts de production », explique Mathieu Brodeur, qui avec son frère Ghislain, a pris la relève de leurs parents sur la ferme familiale il y a plusieurs années.

Ces premiers pas dans l’innovation ont été fort utiles pour la suite des choses.


Les frères Mathieu (notre photo) et Ghislain Brodeur ont mis au point un échangeur d’air intelligent pour leur ferme avicole.

Solution Sur mesure

En 2016, alors qu’il se renseigne sur les différents récupérateurs de chaleur disponibles sur le marché, Mathieu Brodeur réalise que les modèles existants ne pouvaient pas répondre à ses besoins.

« Cette technologie, reconnue depuis plusieurs décennies pour son efficacité énergétique, était mal adaptée à nos hivers québécois et l’environnement poussiéreux de l’élevage avicole. L’encrassement et le faible débit de ventilation étaient les deux problèmes majeurs à résoudre », a-t-il constaté.

Ce faisant, l’éleveur a décidé qu’il ne pouvait être mieux servi que par lui-même. C’est ainsi qu’il a développé et fait breveter son propre modèle de récupérateur de chaleur, le Avi35 de Avi-Air. L’échangeur d’air est muni d’un système de rinçage et de déglaçage automatisés qui permettent d’affronter les rigueurs de la saison froide tout en étant mieux ventilé. « En collaboration avec Monitrol [NDLR; l’entreprise ayant conçu le Genius Itouch], nous avons programmé les différentes fonctions de l’échangeur d’air au contrôleur pour en faire un système de récupération de chaleur intelligent et intégré à toute la ventilation et chauffage du bâtiment », explique M. Brodeur.

Cette innovation, qui peut également être implantée en milieu porcin, a permis à la ferme Avi-Air de diminuer de moitié ses coûts de chauffage tout en améliorant grandement la qualité de l’air et des litières des poulaillers.

Par ailleurs, ses impacts écologiques ne sont pas négligeables. « Les récupérateurs nous permettent de grandement améliorer notre impact environnemental en diminuant nos émissions de gaz à effet de serre, soutient M. Brodeur. Une fois tous les poulaillers équipés, nous réduirons nos émissions de 1600 tonnes de CO2 par année, l’équivalent de 350 voitures ! » Ne croyez toutefois pas que les frères Brodeur vont s’arrêter là. Le goût d’innover est bien ancré à la ferme Avi-Air. « Nous allons continuer d’étudier et d’utiliser les technologies actuelles et à venir afin d’améliorer notre productivité, notre qualité de vie et le bien-être de nos poulets ! », affirme Mathieu Brodeur.

AGRICULTURE

La Chaufferie: du grain au verre

Un nouveau joueur a récemment fait son entrée dans l’univers des microdistilleries québécoises: La Chaufferie, aménagée dans l’ancien complexe industriel de l’Imperial Tobacco, au centre-ville de Granby.

L’endroit, qui a nécessité des investissements d’environ 1,5 million $, se distingue de bien d’autres producteurs en partant directement du grain pour élaborer ses alcools: une vodka et un gin. Un whisky est aussi en élaboration. Petit cours de distillerie 101 avec le maître distillateur de La Chaufferie, Vincent Van Horn, qui a notamment fait ses classes auprès de la Cayman Spirits Co, dans les îles du même nom.

AGRICULTURE

De la zoothérapie hors du commun

Qui a dit que les animaux de la ferme ne pouvaient pas s’inviter dans une thérapie ? Pour Cindy Guertin, cela va de soi. La zoothépeute de Saint-Césaire propose une approche hors des sentiers battus en se faisant assister dans son travail par des lapins et des poules. Bientôt, des chèvres et une truie se joindront à l’aventure !

Mme Guertin œuvre auprès d’une clientèle ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme. Elle travaille aussi avec des personnes atteintes de TDAH, d’anxiété ou d’un trouble du langage. « Mon but est d’aller vers les clientèles problématiques pour les aider à évoluer et les amener à leur pleine capacité. »

AGRICULTURE

Voir loin malgré la cécité

Un jour, un couple de non-voyants a décidé de se lancer en aviculture, plus précisément dans la production d’œufs de cane, un oiseau méconnu au Québec. Plusieurs pourraient croire que ce projet était voué à l’échec. Pourtant, quotidiennement, Maryse Sauvé et Daniel Bonin démontrent tout le contraire. Avec leur persévérance et leur détermination, les amoureux ont développé leur projet de canardière à Stukely-Sud : La canne blanche !

De la construction des bâtiments, à la reproduction des canes, jusqu’au plan d’affaires, le couple de non-voyants touche à tout. Et ce n’est certainement pas un handicap visuel qui pourra les arrêter. « On n’est pas plus courageux qu’un autre. On veut juste donner le goût aux gens de réaliser leur rêve », lance Daniel, bien humblement.

AGRICULTURE

Profession : courtiers immobiliers

Ils sont encore tout jeunes, mais Sara de Grady et David Couture en connaissent un bout sur le courtage immobilier. Leur spécialité : l’univers de l’agriculture.

Fermes, domaines, fermettes, terres à bois, érablières et terres cultivables... Depuis ses débuts en 2010, le duo a vendu plus de 500 propriétés à vocation agricole en Montérégie et en Estrie, ce qui représente une moyenne d’environ 60 par année. Un chiffre phénoménal, compte tenu de la valeur de ce type de propriétés.

AGRICULTURE

Des fraises du Québec en mai

Il sera possible de manger des fraises du Québec à la fête des Mères cette année. Le Potager Mont-Rouge Halte Gourmande, à Rougemont, s’est lancé dans la production en serre. Dans quelques semaines, le délicieux fruit rouge sera donc prêt!

L’idée a germé en 2013, alors que l’entreprise familiale ne possédait pas encore de serre. Marielle Farley et son fils, Philippe Beauregard, participaient tout simplement à une journée porte ouverte chez un producteur qui cultivait des fraises en serre, l’hiver. «Nous, on produisait des fraises en champs, précise Philippe. Pour les serres, on se disait qu’un jour, peut-être...» Mais voilà qu’en 2016, Philippe et sa sœur Marjolaine mettent la main sur le Verger Totem, toujours à Rougemont. Un lieu qui possédait une serre. «Il y avait de la mauvaise herbe jusqu’au plafond, raconte Philippe. Ça n’avait jamais été exploité.»

AGRICULTURE

Place à la relève

Les cercles de jeunes ruraux existent depuis des décennies dans plusieurs régions du Québec. La Haute-Yamaska et Rouville n’y font pas exception et continuent de réunir enfants, adolescents et jeunes adultes curieux d’en savoir davantage sur le monde agricole québécois. Dans plusieurs cas, c’est dans ces regroupements que la graine d’une vocation a été semée.

« Que tu proviennes du secteur avicole, porcin ou acéricole, tu peux échanger sur bien des sujets et même apprendre sur plein d’autres, allègue Steve Boulet. Ça permet à certaines personnes qui ont grandi sur un type de ferme de développer un intérêt pour un autre type d’élevage ou d’agriculture et de s’orienter vers ça. »

AGRICULTURE

De grands rêves à la ferme Maui

Les temps morts sont rares chez Myriam Grenon et Steven Beerwort. Propriétaires de la ferme Maui à Lac-Brome, toutes leurs journées sont consacrées à s’occuper d’un cheptel de plus de 350 brebis Dorper et de leurs agneaux. Tout ça en plus de veiller à l’éducation de leurs cinq enfants de moins de dix ans !

Les deux jeunes producteurs agricoles se sont connus dans l’Ouest canadien en 2004. Comme des centaines de jeunes Québécois, ils avaient mis le cap sur cette terre d’apprentissage pour acquérir une expérience de travail, apprendre l’anglais et explorer ce coin de pays. Le couple s’est croisé sur une ferme laitière à Calgary. Steve était responsable de la gestion de l’exploitation et Myriam était de passage en tant que stagiaire en agronomie. Ils ont trouvé l’amour et sont rentrés au Québec ensemble.

AGRICULTURE

La Pagaille: laboratoire paysan

La Pagaille s’organise. De 12 paniers en 2018, écoulés parmi les amis et les familles, ils passeront à 33 cet été, avec des points de chute à la ferme et à la Brûlerie Mondor, à Saint-Hyacinthe.

La ferme n’est pas certifiée biologique, mais les membres de cette coopérative n’utilisent cependant aucun engrais chimique, s’affairant plutôt à chouchouter le sol avec des outils légers qui ne compactent pas le sol. Parmi leur arsenal de rebelles agricoles, on retrouve notamment la «grelinette» — publicisée par la vedette de la production maraîchère bio-intensive, Jean-Martin Fortier — ou encore un rotoculteur «qui fonctionne à la drill».

Cahier spécial

Du safran et du paprika 100% québécois

Du safran et du paprika cultivés au Québec... On aura tout vu ! Réputées précieuses et exotiques, ces épices ne poussent plus seulement dans de lointaines contrées. Bienvenue à La Safranière des Cantons de Stanbridge Station.

Sylvie Bernatchez et sa famille ont choisi cette voie en 2015. « C’était l’idée de mon fils, précise la dame. Il trouvait le safran intéressant. »