David Couture et Sara de Grady forment un couple dans la vie et en affaires.

Profession : courtiers immobiliers

Ils sont encore tout jeunes, mais Sara de Grady et David Couture en connaissent un bout sur le courtage immobilier. Leur spécialité : l’univers de l’agriculture.

Fermes, domaines, fermettes, terres à bois, érablières et terres cultivables... Depuis ses débuts en 2010, le duo a vendu plus de 500 propriétés à vocation agricole en Montérégie et en Estrie, ce qui représente une moyenne d’environ 60 par année. Un chiffre phénoménal, compte tenu de la valeur de ce type de propriétés.

« C’est rare comme spécialisation et on a une super réputation », ne cache pas le couple au début de la trentaine, uni dans la vie comme en affaires.

Issue d’une famille de courtiers immobiliers, Sara détient un baccalauréat en marketing, tandis que David est un ingénieur agricole ayant grandi dans le monde de l’équipement de ferme. Ils venaient tout juste de décrocher leurs diplômes universitaires qu’ils flairaient déjà la bonne affaire.

« On a fait notre cours en courtage immobilier ensemble. Dès le départ, on s’est senti comme des poissons dans l’eau dans ce domaine. Il y avait vraiment une demande dans le milieu agricole. On a offert un taux compétitif et on a percé le marché », raconte Sara.

En combinant leurs forces, rien ne semble à leur épreuve. À preuve, ils ont dernièrement vendu une exploitation agricole de Saint-Théodore-d’Acton inscrite à plus de 10 millions $...

« On a le plus grand inventaire au Québec. On est nous-mêmes agriculteurs, alors ça donne confiance aux gens. On parle le même langage qu’eux », fait remarquer l’entrepreneur.

C’est donc au volant de leur camionnette, chaussés de leurs bottes de « rubber » que Sara et David débarquent chez leurs clients, « parce que c’est la réalité des choses », ajoute la jeune femme.

Profitant du bouche-à-oreille — inestimable dans ce milieu —, les deux courtiers sillonnent les campagnes en se décrivant d’abord comme des conseillers. « On ne fait pas seulement évaluer les propriétés, on estime la valeur totale de l’entreprise. Il y a tout un travail d’expertise à faire, sans compter la mise en marché. On offre un service clé en main, incluant les services fiscaux, juridiques, etc. »

Marché haussier

Quand on leur demande de dresser un portrait du marché, ils rappellent que les valeurs québécoises ont désormais rattrapé celles de l’Europe et des États-Unis. « En 2010, par exemple, une ferme de Saint-Césaire valait 6500 $ l’acre. Les valeurs étaient sous-estimées. Maintenant, ce montant est de 22 000 $ l’acre », illustre Sara de Grady.

« Il y a un monde de différence entre les fermes. Est-ce une terre de sable ou d’argile ? Ça dépend de plein de facteurs », précise son conjoint.

D’une façon ou d’une autre, s’entendent-ils, les propriétés agricoles représentent un excellent investissement et une valeur refuge.

D’ailleurs, leurs acheteurs sont principalement des agriculteurs québécois, souvent des « majeurs » qui veulent prendre encore plus d’expansion. « De nos jours, ceux qui restent en agriculture sont des leaders et de parfaits négociateurs », constate David Couture.

Quant aux vendeurs, ce sont souvent des agriculteurs dans la soixantaine, sans relève. À ces gens, le duo conseille de prendre leur temps, pour ne pas perdre d’argent. « On ne met jamais de pression. »

« Et quand ça devient émotif, on sert souvent de mur entre les acheteurs et les vendeurs ! », fait remarquer la dame.

Sélectifs 

Aujourd’hui, ils sont parents de deux très jeunes enfants. Pour maximiser leur temps, ils se permettent de choisir leurs contrats. « Pour offrir un service en or, il faut refuser des mandats. Maintenant, on fait surtout du 20 acres et plus, en se concentrant sur les propriétés de 500 000 $ et plus. On devient de plus en plus sélectifs », admet David.

Bref, les affaires vont très bien, mais ni l’un ni l’autre n’a l’intention de s’asseoir sur ses lauriers. Car au-delà de l’argent, il y a les gens. Les rencontres avec les agriculteurs et les histoires qu’ils ont à raconter demeurent une puissante source de motivation.

« Le prix est important, mais c’est surtout l’écoute qui compte. C’est une clientèle sympathique », termine Sara.