Steve Boulet n’a pas du tout grandi sur une ferme. Cela n’a pas empêché le jeune homme de 22 ans de rejoindre le Cercle des jeunes ruraux de Rouville, qu’il préside depuis deux ans.

Place à la relève

Les cercles de jeunes ruraux existent depuis des décennies dans plusieurs régions du Québec. La Haute-Yamaska et Rouville n’y font pas exception et continuent de réunir enfants, adolescents et jeunes adultes curieux d’en savoir davantage sur le monde agricole québécois. Dans plusieurs cas, c’est dans ces regroupements que la graine d’une vocation a été semée.

« Que tu proviennes du secteur avicole, porcin ou acéricole, tu peux échanger sur bien des sujets et même apprendre sur plein d’autres, allègue Steve Boulet. Ça permet à certaines personnes qui ont grandi sur un type de ferme de développer un intérêt pour un autre type d’élevage ou d’agriculture et de s’orienter vers ça. »

Outre le fait d’être âgé de moins de 25 ans, il n’y a pas de critères précis pour faire partie d’un cercle des jeunes ruraux. Suffit simplement d’avoir un intérêt marqué pour l’agriculture et de souhaiter échanger à ce sujet avec ses pairs.

Marilyne Lalumière est présidente du Cercle des jeunes ruraux de Granby.

Certains sont des jeunes ruraux de seconde génération, qui emboîtent le pas à leurs parents qui faisaient partie de l’association « dans leur jeune temps ». C’est le cas de la doyenne et présidente du Cercle des jeunes ruraux de Granby, Marilyne Lalumière. Pendant un temps, la Valériennoise a jonglé avec l’idée de quitter le domaine de l’agriculture pour de bon.

Il n’y a pas de critères pour faire partie des jeunes ruraux. Suffit simplement d’avoir moins de 25 ans et un intérêt marqué pour l’agriculture.

Mais l’attrait de la ruralité était trop fort. « Quand j’étais petite, je m’impliquais dans la ferme familiale, mais j’ai choisi une autre carrière. Finalement, pendant mes études en kinésiologie, ça me manquait d’être à la ferme, alors je suis retournée y travailler tout en pratiquant la kinésiologie ! » lance-t-elle avec le sourire.

D’autres jeunes, comme Steve Boulet, n’ont pas du tout grandi sur une ferme. Cela n’a pas empêché le jeune homme de 22 ans de rejoindre le Cercle des jeunes ruraux de Rouville, qu’il préside depuis deux ans. « Moi, mes parents n’avaient pas de ferme. Mais l’agriculture m’a toujours intéressé », explique l’employé d’une ferme laitière à Ange-Gardien.

Socialiser

Le Cercle des jeunes ruraux de Granby compte environ 35 membres ; celui de Rouville, 23. À la grandeur de la province, ils sont environ 1200 jeunes.

La diminution du nombre de fermes et le fait que beaucoup de jeunes choisissent d’autres avenues professionnelles ont contribué à réduire le nombre de jeunes ruraux dans la plupart des cercles régionaux. « On a déjà eu 70 membres avant les années 2000 », relate Steve Boulet.

Les associations misent donc sur leurs apparitions publiques pour recruter de nouveaux membres. Et comme les cercles de jeunes ruraux s’adressent aux jeunes, les réseaux sociaux sont aussi mis à contribution. « C’est beaucoup plus facile de découvrir de nouveaux horizons sur les médias sociaux et de suivre leurs activités », explique Mme Lalumière.

Visites de fermes, participation à des expositions agricoles, formations en milieu agricole, sur les types de cultures ou sur différentes races de vaches sont au programme tout au long de l’année. Des activités sportives et récréatives, comme de l’escalade, du hockey bottine ou une partie amicale de quilles sont aussi organisés par les cercles des jeunes ruraux pour permettre à leurs membres de se côtoyer. « On essaie d’organiser des activités qui vont plaire à tous, peu importe l’âge », explique M. Boulet.

Apprendre

Et comme les membres vieillissent et laissent leur place à la relève après quelques années, les cercles sont aussi un lieu important de transmission du savoir. « On veut que les plus vieux aident les plus jeunes », relate M. Boulet.

« J’ai commencé à m’impliquer dans les jeunes ruraux à cinq ans, raconte Mme Lalumière. Je suis devenue directrice à dix ans, puis trésorière à 16 ans. Ensuite, je suis devenue présidente. J’ai appris des plus vieux et maintenant je transmets mon savoir aux plus jeunes. »

« C’est formateur, car comme ce sont les enfants qui s’impliquent dans le bureau de direction, ils prennent part à des rencontres, rédigent les procès-verbaux et contribuent à décider des activités à organiser. C’est le début de leur vie démocratique », poursuit celle qui est également impliquée dans le club Holstein à titre de secrétaire. Le gain de connaissance s’applique également au grand public.

« On profite de nos activités pour éduquer la population sur l’agriculture. Il y a encore des gens qui croient que les vaches brunes donnent du lait brun ! » conclut le jeune agriculteur en riant.