Les serres Les trois clefs, à Granby, ont de nombreux projets, affirme l’une des copropriétaires, Annie Pion.

De la fraîcheur dans l'assiette

La fraîcheur et la proximité sont de plus en plus au coeur des préoccupations des consommateurs lorsqu’ils choisissent les légumes qui se retrouvent dans leur assiette, affirment les propriétaires d’installations serricoles à Granby.

«Le commentaire que j’entends le plus, c’est que les gens veulent de la fraîcheur», affirme Annie Pion, l’une des six copropriétaires des serres Les trois clefs, situées rue Bernard.

Selon le récent portrait diagnostic sectoriel des légumes de serre au Québec du MAPAQ, la consommation de légumes de serre a augmenté de 60% entre 2007 et 2015.

Difficile pour Annie Pion, en charge des opérations quotidiennes, de témoigner de cette croissance. Elle n’est propriétaire des serres, où sont produites plusieurs variétés de tomates, concombres, laitues, haricots et poivrons, que depuis environ un an. Mais la demande est suffisamment présente pour qu’elle et ses partenaires investissent dans une nouvelle serre de laitues hydroponiques cette année. La modernisation de l’éclairage des serres de tomates et de concombres, afin d’être en mesure de produire à l’année, est aussi dans les plans. Tout comme l’agrandissement du kiosque à la ferme, où il est projeté d’ajouter une cuisine pour y faire de la transformation.

«On a pas mal de projets», lance Mme Pion, sans toutefois être en mesure de les chiffrer pour l’instant.

Du bio, svp!
Même dynamisme du côté de Fraîcheur urbaine, un nouveau complexe serricole certifié biologique en activité depuis sept mois rue Denison Ouest. L’une des copropriétaires, Manon St-Louis, croit pour sa part que l’intérêt des consommateurs pour les produits biologiques est indéniable. «Les gens veulent manger bio. Mais je ne sais pas si c’est en serre nécessairement. On va voir quand la production en champs va reprendre. Il y a aussi beaucoup de beaux producteurs bio dans le coin», fait-elle valoir.

Les trois clefs prévoit ajouter une serre de production de laitue hydroponique cette année.

Pour l’instant, Fraîcheur urbaine produit des laitues, fines herbes, tomates, concombres, poivrons et haricots dans ses serres. De petites productions ponctuelles sont aussi offertes, comme des radis, des oignons verts et des aubergines. L’endroit complète toutefois son offre à son kiosque de fruits et légumes avec des produits d’autres producteurs qui détiennent la certification Ecocert.

Lancés il y a quelques semaines, les paniers bio de Fraîcheur urbaine ont, par ailleurs, rapidement trouvé preneurs. De quatre, la première semaine, le nombre de paniers a bondi à une cinquantaine après six semaines.

En mesure d’effectuer des activités de transformation au kiosque, Manon St-Louis affirme que la production de jus crus est dans la mire pour la saison estivale. Elle s’apprêtait par ailleurs à aller suivre une formation en la matière à l’Institut de technologie agroalimentaire à Saint-Hyacinthe, lorsque La Voix de l’Est l’a rencontrée.

Défis
Si les consommateurs cherchent de la fraîcheur, il reste encore malgré tout «beaucoup d’éducation» à faire, estime Annie Pion. «Les gens veulent avoir de la fraîcheur, mais ils ne sont pas toujours prêts à y mettre le prix. Notre réalité n’est pas celle du Mexique où il fait 35 degrés Celsius tout le temps. Quand il fait -30 ici, ça coûte plus cher et il faut fixer le prix en conséquence», fait-elle valoir.

Oui, les marchés publics sont en plein essor et la consommation de produits locaux est en augmentation, mais la «conscientisation est quand même encore faible», croit Mme Pion. «Les gens ne réalisent pas que c’est de l’ouvrage ce qu’on fait. Ce sont des heures et des heures», ajoute celle qui ne changerait néanmoins pas de métier.

Se faire connaître, même dans son propre patelin, demeure un autre défi pour les producteurs de légumes en serre. Les supermarchés Métro Plouffe, présents notamment à Granby et Bromont, sont toutefois des alliés importants en offrant leurs produits, témoignent autant Les trois clefs que Fraîcheur urbaine.

Encore en démarrage, Fraîcheur urbaine, de la rue Denison Ouest à Granby, peut régulièrement compter sur l’expertise d’un agronome.

Si Annie Pion fait partie du réseau des Haltes gourmandes mis sur pied par la MRC de la Haute-Yamaska, Manon St-Louis a, pour sa part, choisi d’être également présente cet été au marché public de Granby. «On voit tout de suite l’effet en kiosque après», dis celle qui a déjà expérimenté le marché public d’hiver.