Julien Dupasquier, de l’érablière La Coulée suisse.

Acériculteur avec une cause

Julien Dupasquier s’est lancé dans l’acériculture avec le désir de faire les choses autrement. Il a entre autres troqué la traditionnelle canne de sirop d’érable pour une pochette design. Et il remet 0,25 $ à la Fondation du cancer du sein du Québec pour chaque emballage vendu.

« L’idée m’est venue à force de regarder les chalumeaux roses dans mon érablière. J’ai décidé de continuer l’initiative de mon fournisseur qui, lui, remet 0,01 $ à la Fondation du cancer du sein par chalumeau rose vendu », explique l’acériculteur de
26 ans.

C’est par l’entremise du programme Banque de terres de la MRC Brome-Missisquoi que Julien Dupasquier a pu concrétiser son rêve d’être à la tête d’une entreprise agricole. Il a loué et remis en production, à l’automne 2016, une érablière de 3 500 entailles à Frelighsburg. Il bénéficie pour celle-ci d’un contingent de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec qu’il a obtenu par tirage au sort.

Misant principalement sur la vente directe, Julien Dupasquier affirme avoir écoulé l’ensemble de sa production en quelques mois à peine. Il a ainsi décidé de remettre ça et de louer une deuxième érablière de 3 500 entailles à l’automne 2017, également à Frelighsburg. « L’érable est une production qui a beaucoup d’avenir », estime-t-il.

La location a par ailleurs représenté, pour lui, la meilleure option pour se lancer en acériculture. « Je n’ai pas de gros montants d’intérêts à payer, comme si j’avais acheté la terre. Ça me permet d’avoir de meilleurs équipements et un meilleur rendement », calcule-t-il.

Julien Dupasquier, qui a obtenu un diplôme collégial en gestion d’entreprise agricole au cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, affirme avoir investi à ce jour environ 200 000 $ pour ses 7 000 entailles. Il a installé son nouvel équipement de production dans le bâtiment que comptait déjà la première érablière qu’il a louée. « Il y avait un vieux bâtiment que j’ai tout rénové. Je suis vraiment parti avec quatre murs et un toit », souligne-t-il.

Se démarquer
Le jeune acériculteur veut maintenant se bâtir une notoriété, une « marque de commerce ». Cela commence, entre autres avec la pochette qu’il utilise pour vendre le sirop qu’il produit.

La pochette de sirop d'érable proposée par La Coulée suisse.

« Je voulais me démarquer de la fameuse canne. Les pochettes, c’est relativement nouveau sur le marché et c’est plus facile à utiliser. Plus facile à verser. C’est aussi plus facile à personnaliser. Je voulais avoir un produit unique et me détacher de la guerre de prix des cannes », fait-il valoir.

Bien qu’il puisse compter sur quelques points de vente, Julien Dupasquier multiplie ses présences sur les réseaux sociaux, dans les marchés publics et les foires agricoles pour vendre les produits de son érablière qu’il a baptisée La Coulée suisse, en référence à ses racines familiales. « Éventuellement, je veux développer des recettes suisses avec du sirop d’érable », note-t-il.

Pour le moment, il compte un beurre d’érable aux pommes, un autre au café, une tarte au sirop, ainsi que du pop corn à l’érable parmi ses produits transformés.

Cet été, l’entrepreneur a aussi l’intention d’effectuer la tournée des « Ribfests » avec un camion de cuisine de rue aux couleurs de son entreprise. « Je prévois des événements de plus en plus gros, parce que j’ai un plus gros volume à écouler », souligne-t-il.

Jusqu’à l’an dernier, Julien Dupasquier faisait encore de la mécanique automobile à son compte, mais ce travail est appelé « à prendre le bord », fait remarquer celui qui est né sur une ferme laitière à Saint-Alexandre. « De septembre à avril, je suis à temps plein dans la production. Après, c’est la tournée des événements », lance celui pour qui le bonheur a un goût d’érable.