Un séchoir à bois collectif sera construit en mai. Il sera similaire à celui sur la photo, qui appartient à un propriétaire membre du Réseau foresterie Frelighsburg et région.

À petite échelle acceptable

Pour permettre le développement d’une nouvelle économie autour de la foresterie à Frelighsburg, Vitalité Frelighsburg a créé un comité d’agroforesterie qui a lancé un réseau nouveau genre guidé par un cahier d’orientation.

Le comité a été formé il y a trois ans pour se pencher sur la mise en valeur collective des riches forêts de cette région, tout en demeurant dans le socialement acceptable.

« Le constat est que 70 % du territoire est composé de forêt et qu’il y a à peu près pas d’activités économiques rassemblées autour de ça, explique le géographe Charles Lussier. Il y a eu de mauvaises expériences d’exploitation. Un de nos fondements a été de démontrer que c’est possible d’avoir une foresterie durable et respectueuse. »

Quatre éléments majeurs guident le comité, le premier étant un cahier d’orientation développé à partir de ce qui se fait déjà ailleurs.

Pour être membre du Réseau foresterie Frelighsburg et région/bois d’exception, il faut lire et accepter les orientations qui s’y trouvent. Tant les propriétaires terriens, les intervenants forestiers que les transformateurs doivent s’y conformer.

« L’objectif est qu’un développement forestier se fasse, mais de façon correcte, renchérit le maire de la municipalité, Jean Lévesque. À mon avis, il faut prendre de moins gros prélèvements et travailler avec des équipements plus petits pour ne pas laisser de traces dans la forêt. »

Une rencontre a eu lieu le 24 mars dernier pour informer les propriétaires de forêts, les intervenants forestiers et les utilisateurs de bois sur les développements du projet.

Le deuxième élément est la rencontre entre les différents membres, actifs ou non, pour leur offrir information et formations. Selon Charles Lussier, il y a plus de 150 personnes — propriétaires, intervenants forestier ou utilisateurs de bois — qui font partie de la liste.

« Entre 40 et 50 propriétaires ont un plan d’aménagement en cours. On a une trentaine d’utilisateurs (artisans, ébénistes, etc.) et une vingtaine de forestiers qui sont bucherons, entrepreneurs, techniciens forestiers, scieurs. »

La réalisation du site web boisdexception.com est le troisième élément qui permet de communiquer les informations. Chacun des trois groupes y possède sa section.

Enfin, la construction du séchoir est le point culminant du développement du projet. « On va construire un séchoir collectif. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a donné un montant de 40 000 $ pour construire un séchoir, en mai », se réjouit M. Lussier.

Le séchoir collectif à l’air ambiant permettra ainsi de compléter le séchage, selon les besoins, grâce à un système à air forcé.

« À travers ça, la beauté du projet est sa nouvelle approche, souligne M. Lussier. On n’invente rien, mais tous les éléments mis ensemble font que c’est un projet un peu novateur, à mon avis. »

En plus de développer ce secteur économique, le projet a pour objectif de minimiser le transport de bois pour les différents paliers de travail.

Le bois est récolté localement, séché et transformé dans la région. Les travaux forestiers doivent débuter l’hiver prochain. « Pour ne pas laisser de traces au sol, évoque Jean Lévesque, il faut que ce soit l’hiver ou l’été quand c’est très sec, mais c’est rare que ça arrive. » Le projet du comité Agroforesterie a été retenu par l’Agence forestière de la Montérégie, qui l’appuie dans ses démarches, tout comme la MRC Brome-Missisquoi et la municipalité de Frelighsburg.