Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
À terme, la ferme devrait produire de 25 000 à 30 000 litres de cidre annuellement, et dont les premières offrandes, embouteillées cet hiver, pourraient être disponibles au printemps ou à l’été.
À terme, la ferme devrait produire de 25 000 à 30 000 litres de cidre annuellement, et dont les premières offrandes, embouteillées cet hiver, pourraient être disponibles au printemps ou à l’été.

Un jeune couple se lance dans le cidre

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
Bien que nouveau joueur sur la scène agroalimentaire de Brome-Missisquoi, la Ferme cidricole Équinoxe est un projet longuement mûri. Comme les arbres fruitiers qui y ont été plantés au cours de la dernière année, le temps fera grandir la jeune pousse et ses fondateurs ont très hâte d’en recueillir les fruits.

En mai prochain, Marc-Antoine Arsenault-Chiasson et Audrey-Anne Lussier célébreront leur premier anniversaire à titre de propriétaires de leur ferme. Ils entameront donc ce printemps leur deuxième saison à titre de cidriculteurs et de producteurs agricoles, après avoir jeté leur dévolu sur l’ancien verger de la famille Goyette situé en bordure de la route 104, à Farnham.

« Ici, il y avait tout ce qu’on cherchait. C’était parfait ! On cherchait une ferme et on a élargi notre zone de recherche parce que des fermes qui répondaient à nos besoins et à notre vision, il n’y en avait pas beaucoup ! » relate ce futur diplômé en agronomie de l’Université Laval, à Québec.

Ni lui ni sa conjointe, qui étudie en droit à la même université, ne se destinaient à un avenir sur la ferme. La fibre entrepreneuriale du jeune homme les aura finalement menés tous les deux dans la campagne de Brome-Missisquoi, où ils espèrent dès lors couler des jours heureux. « J’ai toujours rêvé de démarrer mon entreprise », raconte M. Arseneault-Chiasson, qui a eu la piqûre de l’agriculture en occupant différents emplois sur plusieurs propriétés agricoles, où il a touché un peu à tout.


« J’ai découvert le cidre fermier et j’ai eu un gros coup de cœur. On brassait déjà de la bière chez nous, alors on a fini par essayer des recettes de cidre. On en a fait 300 litres dans notre quatre et demi, à Québec ! »
Marc-Antoine Arsenault-Chiasson
En mai prochain, Marc-Antoine Arsenault-Chiasson et Audrey-Anne Lussier célébreront leur premier anniversaire à titre de propriétaires de leur ferme. Ils entameront donc ce printemps leur deuxième saison à titre de cidriculteurs et de producteurs agricoles, après avoir jeté leur dévolu sur l’ancien verger de la famille Goyette situé en bordure de la route 104.

Son rêve a pris une forme concrète en travaillant dans une cidrerie où ses patrons lui ont appris les rudiments du métier, de même que le goût du cidre. « Ma conjointe et moi étions des amateurs de bières de microbrasserie, confie le nouvel agriculteur. En travaillant dans le milieu, j’ai découvert le cidre fermier et j’ai eu un gros coup de cœur. On brassait déjà de la bière chez nous, alors on a fini par essayer des recettes de cidre. On en a fait 300 litres dans notre quatre et demi, à Québec! »

Une offre qui se diversifiera

En reprenant le verger de son ancien propriétaire, M. Arseneault-Chiasson et Mme Lussier ont bien entendu hérité de ses nombreux pommiers.

« L’ancien propriétaire était davantage dans la pomme commerciale, pour le jus et la vente en épicerie, explique le nouveau copropriétaire de la ferme. Actuellement, on a déjà trop de pommes pour nos besoins. On veut éventuellement se concentrer sur celles qui vont nous permettre de concrétiser notre projet de cultiver notre matière première pour la transformer en cidre et en produits alimentaires. »

Le couple souhaite par ailleurs effectuer un virage biologique et limiter la quantité d’intrants, notamment de pesticides, dans leur production. Les cidres fermenteront donc naturellement, sans sulfite ou autre produit chimique. « Ça cadre aussi avec notre mode de vie. On souhaite un mode de production plus équilibré, plus santé et avec le moins d’impacts environnementaux possibles, détaille M. Arseneault-Chiasson. Ça s’inscrit dans nos valeurs et dans celles qu’on met de l’avant dans notre projet d’entreprise, duquel on espère pouvoir vivre à court ou moyen terme. »

Les cultures seront diversifiées. Aux pommes, on ajoutera de la poire, de la prune, des pêches, de la cerise sucrée et de la camerise dans les champs. Autant de fruits qui composeront l’offre de produits de la ferme, qui rouvrira cet automne au public pour sa deuxième saison d’autocueillette, mais sa première de dégustation. L’agrotourisme jouera un rôle majeur dans les activités de la ferme, indique son copropriétaire. « On veut que les gens viennent nous voir et qu’ils apprennent comment ça fonctionne. »

Des animaux viendront aussi s’établir sur les lieux au cours des prochains mois. Déjà, des poulaillers attendent leurs premières poules pondeuses, dont les œufs seront vendus sur place. Elles rejoindront des poulets de chairs, des canards et même des moutons qui, en broutant l’herbe sur la ferme, élimineront partiellement la tonte de la pelouse. « Comme pour les arbres fruitiers, on vise la diversification, souligne M. Arseneault-Chiasson. Chaque espèce qu’on introduira sur notre ferme aura un rôle à jouer. Les animaux vivront librement et feront partie d’un tout. »

Croître en équilibre

La présence marquée de microbrasseries, de vignobles et d’autres cidreries n’est pas perçue comme une concurrence féroce pour les artisans de la Ferme cidricole Équinoxe, bien au contraire: elle servira plutôt de levier à leur jeune entreprise pour se faire connaître des amateurs de nectars de tous acabits.

« Il y a beaucoup de projets qui attirent à la fois des producteurs et des visiteurs dans la région, relève Marc-Antoine Arseneault- Chiasson. C’est positif d’être dans une région à la fois viticole et cidricole, et on peut compter sur l’ouverture et la créativité de la MRC Brome-Missisquoi pour nous soutenir dans notre projet. »

Un projet d’agrandissement est déjà dans les cartons de la jeune pousse farnhamienne, et ce, afin d’augmenter le volume de production, qui demeurera tout de même modeste en comparaison avec d’autres cidreries. À terme, la ferme devrait produire de 25 000 à 30 000 litres de cidre annuellement. Les premières offrandes, embouteillées cet hiver, pourraient être disponibles au printemps ou à l’été. « C’est le cidre qui décide quand il sera prêt ! » lance le cidriculteur.

Les cultures seront pour leur part diversifiées; aux pommes on ajoutera de la poire, de la prune, des pêches, de la cerise sucrée et de la camerise dans les champs. Tout autant de fruits qui composeront l’offre de produits de la ferme, qui rouvrira cet automne au public pour sa deuxième saison d’autocueillette, mais sa première de dégustation.

« On ne veut pas se lancer dans plus gros. Avant de penser à la quantité, on songe à la qualité », ajoute-t-il.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’ils ont choisi de baptiser leur entreprise Équinoxe. « Ça symbolise l’équilibre, à la fois entre le jour et la nuit et entre les saisons, illustre M. Arseneault-Chiasson. L’équilibre, pour nous, c’est un objectif à atteindre. On veut pouvoir s’autogérer et garder un certain contrôle sur notre qualité de vie. »

+

LE CIDRE, EN CHIFFRES


Selon l’Association des producteurs de cidre du Québec, 11 % de toute la production de pommes du Québec est destiné à la transformation. 

En un an, 3,8 millions de litres de cidres, fruit du travail de 109 producteurs, ont été écoulés dans la province. 

Cette industrie génère à elle seule 163,4 millions de dollars de retombées économiques, signe qu’il y a un engouement réel pour le cidre.

Au Canada, plus de 291 millions de litres de cidre ont été vendus en 2013, un volume qui a grimpé à plus de 630 millions de litres en 2018, et qui devrait atteindre les 926 millions de litres en 2022, révèle une analyse de marché d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. 

Presque la totalité du cidre canadien exporté prenait le chemin des États-Unis, où l’intérêt pour le cidre est croissant, à l’instar du Royaume-Uni, rapporte l’analyse sectorielle de février 2019 sur le marché du cidre dans ces deux pays. 

On y dénote que « le cidre est l’une des catégories de boissons dont la croissance est la plus rapide », particulièrement le cidre artisanal qui séduit les consommateurs avec son caractère local et régional.

Les exportations de cidre québécois chez nos voisins du Sud atteignaient plus de 57 millions de dollars en 2017, soit trois fois plus que quatre ans auparavant. La Belle Province représente, et de loin, la province la plus prolifique en la matière quant aux ventes de cidre en sol américain. MARIE-ÈVE MARTEL