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Jessika Huot et Jérémie Leclerc ont dû se montrer à la fois créatifs et patients, mais ils ont finalement réalisé leur rêve de s’établir dans le milieu agricole. Leurs deux filles en profitent elles aussi aujourd’hui.
Jessika Huot et Jérémie Leclerc ont dû se montrer à la fois créatifs et patients, mais ils ont finalement réalisé leur rêve de s’établir dans le milieu agricole. Leurs deux filles en profitent elles aussi aujourd’hui.

Un jeune couple loue et rénove pour réaliser son rêve agricole

Jonathan Gagnon
Jonathan Gagnon
La Voix de l'Est
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Jessika Huot et Jérémie Leclerc ont dû se montrer à la fois créatifs et patients, mais ils ont finalement réalisé leur rêve de s’établir dans le milieu agricole. La location d’une terre et la rénovation de bâtiments leur ont permis de développer la ferme Porchoc, qui regroupe aujourd’hui quelque 2300 porcs.

Le chemin du couple de Saint-Valérien-de-Milton a toutefois été parsemé d’embuches. Jessika et Jérémie ont rapidement compris qu’on n’acquière pas une terre en claquant des doigts, bien au contraire.

« Ça faisait quatre ans qu’on était dans un processus d’achat. On avait des rencontres avec notre planificateur financier, mais ça ne marchait tout simplement pas », raconte la mère de 27 ans.

« Ce n’est vraiment pas évidemment pour les jeunes qui commencent en agriculture, avec des moyens financiers assez limités. C’est clair que les vendeurs, eux, veulent avoir le meilleur retour possible. »

Une ouverture s’est finalement présentée à l’été 2018.

« On a eu l’occasion de louer une bâtisse qui était vide depuis 10 ans à Saint-Liboire. On l’a rénovée au complet pour la refaire fonctionner. […] Ça a vraiment été notre porte d’entrée dans le milieu », confirme Jessika.

Le duo a dû investir 110 000 $ afin de remettre l’endroit en ordre.


« Ce n’est vraiment pas évidemment pour les jeunes qui commencent en agriculture, avec des moyens financiers assez limités. »
Jessika Huot

En misant sur de l’équipement usagé autant que possible, cette option a permis de dégager les fonds qui ont éventuellement servi, en mars 2019, à l’achat de la terre sur laquelle le couple habitait déjà à Saint-Valérien-de-Milton. Celle-ci appartenait jusqu’alors à la famille de Jérémie.

Le couple a pu développer son projet en louant d’abord une terre à Saint-­Liboire et en rénovant des bâtiments qui avaient grandement besoin d’amour.

Des travaux de rénovation, cette fois de l’ordre de 70 000 $, étaient nécessaires là aussi.

« Je dois avouer qu’on a eu des questionnements. On venait de démarrer à Saint-Liboire, ça faisait deux projets en même temps. Mais on a décidé de prendre une chance avec ça. »

« J’ai grandi dans le rang d’à côté, donc on avait un attachement naturel. »

Les propriétaires de Porchoc espèrent atteindre un jour un total de 8000 « places » sur leurs différents sites. Ils se sont aussi lancés dans la culture du foin récemment.

De la banque à la ferme

Bien qu’elle ait toujours soutenu le rêve de son conjoint, Jessika Huot reconnaît qu’elle n’était pas certaine au départ de vouloir s’engager à 100 % dans le projet. Elle a toutefois été conquise par l’industrie en cours de route.

« À l’époque, j’avais un emploi dans une banque, explique-t-elle. Durant mon premier congé de maternité, j’ai proposé à mon beau-frère de l’aider à sa ferme. J’ai découvert que j’aimais ça au point d’être là-bas sept jours sur sept ! »

« Ça a été une révélation pour moi. Je me suis rendu compte que je n’étais vraiment pas à la bonne place sur le plan professionnel. »

Chose certaine, Jessika ne regrette pas les choix et investissements des dernières années. Ses deux filles, qui auront bientôt respectivement deux ans et quatre ans, en profitent elles aussi aujourd’hui.

« Je dirais qu’on est un peu fous ! Quand on faisait les travaux à Saint-Liboire, je tenais la main de ma plus jeune et j’étais enceinte de ma deuxième ! Ça vient avec des défis, mais en même temps, ça laisse de très beaux souvenirs. »

« Je me lève le matin, je prends mon café puis je vais faire le train avec mes enfants. Pour moi, ça n’a pas de prix. »