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Serge Plouffe, directeur du développement des affaires, et Benoit Gagnon, copropriétaire de Copeaux Kyling, sur une montagne de ripe
Serge Plouffe, directeur du développement des affaires, et Benoit Gagnon, copropriétaire de Copeaux Kyling, sur une montagne de ripe

Litière pilote de Copeaux Kyling : les vaches consultées 

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est
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Les affaires vont bien pour les Copeaux Kyling. Dans les dernières années, l’entreprise de copeaux en vrac pour le milieu agricole a quadruplé son chiffre d’affaires, acheté une scierie et mis au point un produit unique.

En 2016, la compagnie de Stanbridge Station est passée d’une capacité de stockage de ripe d’une quarantaine de remorques à 300, souligne Anne-Lise Kyling, propriétaire de l’entreprise avec son conjoint Benoit Gagnon depuis 2005.

« Le nerf de la guerre, dans cette business-là, c’est d’avoir de la ripe de disponible douze mois par année. »

La ripe sèche ou de cèdre, par exemple, sert de litière pour les animaux de ferme, principalement dans les fermes aviaires et laitières et dans les écuries. La litière souillée est épandue au champ en tant qu’engrais.

Des mélanges sont faits selon les besoins et les préférences des producteurs.

Les entrepôts de Stanbridge Station et maintenant celui de Saint-Césaire, acquis des Sciures Jutras le 1er janvier dernier, assurent aux différents clients de partout dans l’ouest de la province d’être approvisionnés à l’année.

L’ÉcoBed est un mélange de bran de scie et de chaux. Il peut remplacer le sable dans les étables.

« Si jamais on tombe dans une pénurie, on a six à huit mois d’avance. Avec la nouvelle acquisition de Sciures Jutras à Saint-Césaire, on est devenu une des plus grosses sinon la plus importante entreprise de ripe en vrac au Québec. On est dans les joueurs majeurs. »

De Mirabel à Saint-Hyacinthe

Cette acquisition permet également d’optimiser les transports. Davantage de voyages pourront être effectués dans une même journée pour approvisionner la clientèle des secteurs de Saint-Hyacinthe, Saint-Alphonse et Ange-Gardien. Éventuellement, le rayon de clientèle pourra aussi être élargi.

Les camions de Copeaux Kyling parcourent un rayon d’environ 200 kilomètres pour livrer les mélanges spécialisés. L’entreprise se rend jusqu’à Mirabel.

Les remorques-bedaines, conçues sur mesure pour avoir une plus grande capacité, font toutefois beaucoup plus de route pour s’approvisionner en copeaux auprès de différentes scieries.

« Il n’y a pas beaucoup de résidus qui proviennent de Brome-Missisquoi, fait savoir Mme Kyling. Il faut aller chercher la ripe vraiment loin. On va dans le nord et en Beauce, par exemple. Il faut faire beaucoup de kilométrage pour aller dans de bonnes sources d’approvisionnement. »

La ripe, un résidu des scieries, s’est depuis longtemps taillé une place pour devenir la matière première d’autres secteurs d’activité plutôt que d’être enfouie. En plus de servir comme litière, la femme d’affaires explique que les copeaux peuvent être utilisés pour du contreplaqué, du papier kraft, du papier journal, mais aussi dans le milieu de l’emballage et la fabrication de mélamine.

Nouveau produit

Les Copeaux Kyling ont développé, en octobre passé, l’ÉcoBed, qui est un mélange de bran de scie et de chaux acheté à la carrière Graymont, située à moins de 500 mètres des entrepôts de Stanbridge Station.

« On a justement une étude sur l’ÉcoBed qui débute. On a engagé une firme de recherche pour documenter le produit, annonce Mme Kyling. Il y a neuf fermes qui vont être à l’étude d’avril à septembre. Tout va être regardé. Il va y avoir des podomètres sur les vaches, elles vont être filmées. Ils vont étudier si les vaches sont plus confortables sur notre litière par rapport à une autre. Ils vont analyser les bactéries, etc.. »

Jusqu’à présent, tous les clients qui en ont fait l’essai sont satisfaits.

L’objectif est d’offrir une alternative aux étables qui sont sur le sable, une matière dure sur l’équipement et qui n’apporte aucune valeur organique une fois épandue au champ.

Selon Annie-Lise Kyling, l’ÉcoBed ne provoque aucune usure sur l’équipement en plus d’avoir une valeur organique intéressante et qui diminue le besoin de phosphore chimique.

« Ça a beaucoup de potentiel. Il y a beaucoup d’étables au sable qui en font l’essai et qui ont l’intention de l’utiliser pour remplacer le sable. On ne prend pas de nouveaux clients présentement, parce qu’on veut attendre les résultats de l’étude, mais on veut être prêt l’an prochain pour le lancer à grande échelle. C’est un produit qui pourra être ensaché et exporté. »

À la suite de l’étude, un troisième entrepôt sera construit à Stanbridge Station et sera consacré à la production de l’ÉcoBed.

Durant la même période, un garage sera construit pour assurer la mécanique sur les équipements. Il aura un espace dédié aux bureaux et aux rencontres clients.