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Aux dires de Marc-Antoine Lasnier, président de l’Association des producteurs de cidre du Québec, « il y a un énorme potentiel pour produire du cidre » dans Brome-Missisquoi. Cet essor dans la région fait selon lui partie de la troisième vague de production du cidre au Québec.
Aux dires de Marc-Antoine Lasnier, président de l’Association des producteurs de cidre du Québec, « il y a un énorme potentiel pour produire du cidre » dans Brome-Missisquoi. Cet essor dans la région fait selon lui partie de la troisième vague de production du cidre au Québec.

Engouement renouvelé pour le cidre

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
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La réputation des vignobles de Brome-Missisquoi n’est plus à faire. Les microbrasseries de la région jouissent aussi d’une notoriété enviable. Et ce n’est pas tout : ce coin de pays est à nouveau en train de se démarquer, cette fois avec l’expansion de la production de cidre.

« Il y a effectivement un renouveau et un retour aux sources en même temps, un engouement renouvelé pour le cidre, et particulièrement pour le cidre fermier, dans sa production plus traditionnelle et travaillée », constate Leslie Carbonneau, coordonnatrice et conseillère en développement bioalimentaire au CLD de Brome-Missisquoi.

Actuellement, quatre entreprises s’illustrent dans le domaine cidricole dans Brome-Missisquoi, tandis que six autres projets sont à l’étape du démarrage ou en prédémarrage, indique la conseillère. « Plusieurs projets en devenir sont liés au transfert de vergers vers de nouveaux propriétaires ou de nouvelles générations, qui veulent donner un nouvel élan à la culture et pour diversifier les activités, précise-t-elle. La transformation alimentaire est de plus en plus privilégiée, et la culture de la pomme pour en faire du cidre est adaptée à notre climat. La popularité du cidre s’explique aussi par le fait que la pomme est propre au Québec, comparativement au raisin ! »

Aux dires de Marc-Antoine Lasnier, président de l’Association des producteurs de cidre du Québec, « Brome-Missisquoi compte beaucoup de pommiers et de producteurs. Il y a un énorme potentiel pour produire du cidre dans cette région. C’est même étonnant que l’industrie ne se soit pas développée davantage auparavant ! » lance-t-il à la blague.

« Plusieurs projets en devenir sont liés au transfert de vergers vers de nouveaux propriétaires ou de nouvelles générations, qui veulent donner un nouvel élan à la culture et pour diversifier les activités », explique Leslie Carbonneau, coordonnatrice et conseillère en développement bioalimentaire au CLD de Brome-Missisquoi.

Cet essor dans la région fait partie de la troisième vague de production du cidre au Québec, allègue-t-il. « Le cidre a longtemps été la chasse gardée de la Montérégie et plus précisément de la MRC de Rouville, où on retrouve Rougemont, surnommée la capitale de la pomme, explique le propriétaire de la Cidrerie Milton. C’est là que la première vague de producteurs de cidres — des pionniers— a eu lieu. La deuxième vague est constituée de producteurs de pommes comme moi qui ont décidé de se tourner vers la transformation. »

« Et là, on est dans une troisième vague où des gens qui ne sont pas nécessairement issus du milieu de la pomiculture décident de se lancer dans le cidre, et ce, dans plusieurs régions du Québec, poursuit-il. Ça peut être des passionnés qui brassaient chez eux ou des vignerons qui veulent se diversifier. La beauté de la chose, c’est que le milieu s’ouvre tous azimuts. »

Selon des chiffres détenus par l’APCQ, il se boit environ 400 ml par habitant par année au Québec, signe que la consommation de cette boisson ne fera qu’augmenter.

Une destination cidricole

La consommation de cidre est à la hausse au Québec, se réjouit M. Lasnier. « En fait, plus le temps passe et plus la croissance de l’industrie est forte », précise-t-il. Ce faisant, les ventes de cidres ont crû de 19 % entre 2018 et 2019 et de 40 % en 2020, par rapport à l’année précédente. Cette dernière statistique tient compte du fait qu’une grande partie des ventes de produits cidricoles ont été réalisées en épicerie ou chez un détaillant en raison de la pandémie.


« La beauté de la chose, c’est que le milieu s’ouvre tous azimuts. »
Marc-Antoine Lasnier, président de l’Association des producteurs de cidre du Québec

« On sent un engouement vraiment intense pour les nouveautés, remarque le président de l’APCQ. Avant, on voyait peu de cidres sur les tablettes ; désormais, on sent un attrait fort, aussi bien pour les produits prêts à boire que pour les cidres plus artisanaux. »

La boisson de pommes fermentées connaît à ce point un essor qu’un projet de route des cidres est également en train de mijoter dans la tête de l’entrepreneur Martin Delisle, qui espère pouvoir concrétiser ce projet l’an prochain ou la suivante. Le cidre fera aussi partie intégrante de la campagne promotionnelle visant à mousser le tourisme dans Brome-Missisquoi à travers différentes expériences agroalimentaires.

Ce faisant, les cidriculteurs de Brome-Missisquoi n’ont rien à craindre de l’immense popularité des vins et des bières d’ici, estime Mme Carbonneau, qui ne voit aucune compétition entre ces différentes boissons. « En fait, aucun n’est une menace pour les autres, juge la conseillère. Au contraire, leur présence mutuelle vient renforcer notre région comme MRC nourricière et l’ensemble de l’industrie, car ils vont chercher des clientèles que les autres n’attirent pas. »

Marc-Antoine Lasnier abonde en ce sens. Selon des chiffres détenus par l’APCQ, il se boit environ 400 ml par habitant par année au Québec, alors que la bière et le vin ont des volumes annuels par Québécois de 83 litres et de quelque 20 litres. « À mon avis, il se boit trop peu de cidre chez nous ! lance le cidriculteur. Alors, plus il y aura de producteurs pour faire découvrir le cidre, plus il y aura de nouveaux consommateurs. Cet essor est très positif pour notre industrie. »