Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le producteur Antony Deslandes
Le producteur Antony Deslandes

Antony Deslandes, producteur aux multiples chapeaux

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
Homme-orchestre, Antony Deslandes? C’est le premier mot qui nous vient à l’esprit pour décrire ce producteur qui ne craint pas les nouveaux défis.

L’homme est entrepreneur à Montréal, mais c’est sur la terre familiale, dans le 11e rang à Roxton Pond, qu’il cultive sa passion pour l’agriculture. À commencer par la culture de l’asclépiade.

Il l’avoue sans détour, tout ce qu’il sait aujourd’hui, il l’a appris à force de lecture, de recherche et en faisant confiance à de plus connaissants que lui. Inspiré par les François Simard, Daniel Allard et autres pionniers de la culture de l’asclépiade, il a développé son expertise.

«Je n’ai aucune formation en agriculture autre que d’avoir travaillé à la ferme parentale quand j’étais jeune. Et j’ai beaucoup lu, sur la permaculture entre autres. Assez pour me faire une idée de ce que je voulais et de ce que je ne voulais pas.»

Sur sa ferme, achetée de son père en 2014 et qui porte le nom Centre équestre Yamaska, une partie est consacrée à la culture du foin et une autre parcelle est louée à un voisin pour cultiver le maïs, le soya et le grain en rotation. La majeure partie, cependant, est réservée à l’asclépiade depuis quatre ans.

«Je cherchais quoi faire avec la ferme. La culture à forfait n’était pas un débouché intéressant. Quand il y a eu un gros buzz sur l’asclépiade il y a quelques années, je suis entré en contact avec ces gens et, de fil en aiguille, j’ai décidé d’y consacrer dix hectares.»

Le lopin avait besoin d’amour; il lui a d’abord fallu retravailler la terre et creuser des rigoles. Mais une fois cette étape franchie, l’asclépiade s’est révélée la plante parfaite. «Je n’ai pas besoin d’intrants à part du fumier, je n’ai pas besoin de semer, je n’ai pas besoin de travailler le sol, je n’ai qu’à récolter, dit-il. C’est une culture complètement biologique qui a seulement besoin d’une belle température.»


« Quand il y a eu un gros buzz sur l’asclépiade il y a quelques années, je suis entré en contact avec ces gens et, de fil en aiguille, j’ai décidé d’y consacrer dix hectares. »
Anthony Deslandes

Antony Deslandes produit et vend présentement sa production, estimée entre 10 et 15 tonnes par année, à la Coopérative Monark. Le système de récolte actuel, cependant, lui «met des bâtons dans les roues», l’obligeant à cueillir les gousses à la main, en automne. Et le temps est compté, car une fois ouverte, la gousse doit être récoltée avant que ses fibres s’envolent au vent.

«Mais je suis en train de créer un système qui combine les idées de plusieurs personnes et qui pourrait nous permettre de récolter une tonne par jour, juste dans les temps», dit-il.

Légumes et poissons

Depuis peu, il s’est aussi lancé dans la culture maraîchère. Avec sa conjointe Louise Martineau, il cultive des fruits et des légumes — l’ail et la fleur d’ail entre autres —, mais également des arbres fruitiers aux abords des bandes riveraines, des fleurs et des arbustes mellifères, argousiers, framboisiers, etc. «Ça permet de filtrer les eaux de surface avant qu’ils se déversent dans les rigoles et les fossés», explique-t-il.

Le principe de la permaculture l’a aussi incité à creuser trois bassins de sédimentation reliés entre eux pour canaliser son eau. «Tout ça se jette ensuite dans un petit marais, avant de se rendre dans le bassin versant du lac Boivin», poursuit M. Deslandes.

Tant qu’à faire, il s’est dit qu’il pourrait y ajouter des truites mouchetées pour la pêche...

Côté maraîcher, l’agriculteur a le vent dans les voiles. La culture de certains légumes se fera désormais sous tunnel, à l’abri des insectes et du vent. On y trouvera divers types de légumes dont les semences sont originaires du Québec, dont une tomate en voie de disparition, la rose, plus difficile à cultiver.

Alors qu’on pensait avoir fait le tour de ses nombreux projets, le voilà qui nous confie qu’il songe en plus à récolter le caviar de ses truites!

«J’essaie plein de choses. Au départ, je n’y connaissais rien, mais je me suis renseigné. Et j’ai la chance de compter sur des gens qualifiés pour m’aider.»