La Voix de Saint-Césaire

Tremcar formera ses propres soudeurs

Spécialisée dans la fabrication de remorques-citernes, Tremcar prend les grands moyens afin de pallier la pénurie de soudeurs qui affecte ses trois usines au Québec. La multinationale lancera bientôt une école de formation dans ses locaux de Saint-Césaire.

« Je pense que le manque est généralisé. On se bat pour les soudeurs entre usines. C’est une réalité qu’on vit au Québec, mais aussi en Amérique du Nord », indique Mélanie Dufresne, qui œuvre comme adjointe au président, communication et marketing, chez Tremcar.
« Les métiers traditionnels sont peut-être moins valorisés de nos jours. Donc, ce qu’on veut, c’est de refaire briller ces métiers-là, qui sont bien rémunérés. »
Tremcar cherche actuellement à ajouter entre cinq et 15 soudeurs à son équipe.
Une première cohorte de six élèves devrait d’ailleurs lancer le programme en janvier 2018. La formation de 32 heures sera étalée sur une période allant de quatre à six mois. Développés selon une approche modulaire par compétence, les cours seront théoriques dans une proportion d’environ 30 %, laissant le reste à la pratique de la soudure.
« Les élèves commencent donc à travailler immédiatement », confirme Mme Dufresne. Un taux horaire d’environ 15,68 $ leur sera offert durant la formation, qui sera dispensée par l’expert Patrick Gravel.
De nombreux avantages
La direction de Tremcar voit plusieurs avantages à l’idée de former ses propres soudeurs. Propriétaire et président de l’entreprise, Daniel Tremblay estime que les futurs employés seront bien outillés afin d’adapter leurs techniques aux différents types de citernes, ainsi qu’aux métaux utilisés dans le processus de fabrication. La directrice des ressources humaines, Karine Sénécal, souligne pour sa part que l’école interne contribuera à fidéliser le personnel et à faciliter sa rétention.
Tremcar compte près de 500 employés dans ses usines de Saint-Césaire et de Saint-Jean-sur-Richelieu. En ajoutant les installations situées au Canada anglais et aux États-Unis, sa main-d’œuvre gonfle à environ 750 personnes. Si le projet pilote s’avérait fructueux, le concept d’école interne pourrait donc être repris ailleurs dans le réseau de Tremcar.
Pour obtenir plus de détails concernant la formation en soudure ou encore pour s’y inscrire, veuillez contacter Patrick Gravel au 450-347-7822, ou encore par courriel à gravelp@tremcar.com

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4Moustiques: la fibre écolo de Maude Simard

Dès sa première grossesse, Maude Simard avait la conviction qu’elle aurait un jour quatre enfants. Elle tenait aussi à les élever à la maison, sans savoir quel serait le projet qui lui permettrait de gagner sa vie. Et puis, l’idée s’est imposée d’elle-même, joignant du coup l’utile à l’agréable.

« Je savais que je travaillerais de la maison un jour, mais je ne savais pas quel serait mon projet », explique-t-elle dans un échange de courriels.
« Mais je suis une fille manuelle qui a besoin de créer. C’est vital pour ma santé mentale, alors je n’ai jamais arrêté de coudre, de dessiner. J’ai toujours eu mille et un projets », affirme la Césairoise, qui a un diplôme collégial en arts plastiques et un baccalauréat en design intérieur.
Quand tous ses enfants ont fini par prendre le chemin de l’école, Mme Simard s’est retrouvée seule à la maison à chercher comment occuper ses journées. « À l’aube de saluer ma cadette devant la grande école, j’ai fait le choix de me fabriquer un cinquième bébé, en mettant mon sens de la créativité et mes mains à l’œuvre ! », écrit-elle.
C’est donc en concevant un panier cadeau de lingettes — qu’elle a toujours cousues elle-même pour sa marmaille — pour sa sœur, qui attendait son premier enfant que l’idée d’en faire son gagne-pain a germé. « J’ai acheté tellement de tissus que j’ai décidé d’ouvrir une boutique Etsy avec les surplus, sur un coup de tête! J’y ai pensé le matin et le soir, ma boutique était prête ! » lance-t-elle.
4MoustiqueS — le surnom que la jeune mère de famille donne à ses rejetons — était née.
Boule de neige
Au début, seuls des ensembles de lingettes pour enfants étaient disponibles dans la boutique en ligne de Mme Simard. « C’était plutôt tranquille, et puis une boutique m’a approchée pour vendre mes produits, puis une autre... Ça a fait boule de neige », raconte la femme d’affaires. Aujourd’hui, ses produits sont distribués dans une douzaine de points de vente en Montérégie, sur l’île de Montréal, en Estrie et à Québec, entre autres. D’autres boutiques pourraient s’ajouter sous peu.
Au fil du temps, la famille de produits lavables de 4MoustiqueS a accueilli de nouveaux membres, dont les papiers essuie-tout, les tampons démaquillants et les baluchons. Mais c’est clairement le papier hygiénique réutilisable qui a fait connaître la petite entreprise de Saint-Césaire. « C’est une demande que j’ai eue, qui me semblait étrange au début, parce que je n’en avais jamais entendu parler », raconte la créatrice, qui a commencé par un rouleau. Elle-même fut tellement convaincue qu’elle a adopté le produit à la maison depuis plus d’un an.
Combattre les préjugés
Bien que la demande pour les produits en coton lavables à la machine croît, encore beaucoup de préjugés demeurent quant à leur utilisation, nuance Maude Simard.
« Les gens portent beaucoup de jugements négatifs, alors que l’utilisation de produits lavables (...) demeure une question de choix. C’est une décision personnelle que les autres ne devraient pas juger », explique-t-elle.
D’ailleurs, l’utilisation de ses produits contribue à réduire les déchets, à sauver du papier, et à épargner, soutient la mamentrepreneure.
La visibilité offerte par le Festival Zéro Déchet de Montréal à la mi-octobre et durant lequel des produits 4MoustiqueS ont été vendus, a contribué à l’explosion des commandes, si bien que Mme Simard suffit à la demande, mais a du mal à se constituer un inventaire. « Les commandes s’accumulent à vitesse grand V ! Avec quatre enfants et juste deux mains, mon temps est bien rempli ! » s’exclame-t-elle.

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Ça bouge au nouveau complexe sportif!

Depuis sa réouverture en mai 2016, le Complexe sportif de Saint-Césaire connaît une popularité que bien des municipalités pourraient lui envier. Activités aquatiques, sports de gymnase, cours en salle, camps de jour... Ça bouge !


« On voit que les gens sont actifs. Il y a de plus en plus de façons de s’entraîner maintenant. Notre mandat, c’est de remplir les plateaux de sport », fait remarquer le directeur des loisirs à la Ville de Saint-Césaire, Guy Patenaude.
Il semble que cela fonctionne. Été comme hiver, l’endroit grouille de petit et de grand monde.
On s’y rend notamment pour le bain libre, les cours de natation, une multitude de cours en piscine, le karaté, la danse, le badminton libre, le pickleball, le soccer en salle, les classes « énergie » et le yoga.
La location de salles est aussi fort populaire pour les fêtes d’enfants, souvent assorties de location d’équipements récréatifs.
« À cela, il faut ajouter les camps de jour. On avait 225 enfants cet été », indique la responsable aquatique, Chantal Brodeur.
« En fait, il y a tellement de monde qu’il a fallu refaire le stationnement ! », ajoute M. Patenaude, qui évalue cet investissement à 1 million $.
Une redécouverte
Fermé en août 2015 pour subir une transformation complète — fenêtres, hall d’entrée, revêtement extérieur, éclairage, ventilation, peinture, tout a été refait —, le complexe a rouvert près d’un an plus tard sous ses nouveaux atours. Et la population a redécouvert l’endroit avec enthousiasme.
« On avait déjà une bonne affluence, mais les gens sont tous revenus parce que c’était nouveau », affirme M. Patenaude.
« Beau, propre et chaleureux » sont les qualificatifs que M. Patenaude et Mme Brodeur entendent le plus souvent pour décrire le nouveau complexe ouvert tous les jours de la semaine.
« En fait, ce n’était pas un luxe », glisse le directeur au sujet des rénovations de cet immeuble construit en 1974 par la Congrégation des frères de Sainte-Croix. Ce dernier estime les travaux à près de 3 millions $.
Avec son bassin semi-olympique avec estrade, son gymnase double aussi avec estrade et ses huit salles multifonctionnelles et modulables, le complexe enregistre au moins 75 000 entrées par année. Des citoyens de Saint-Césaire, bien sûr, mais aussi de Farnham, Rougemont et Saint-Paul-d’Abbotsford visitent régulièrement le centre sportif.
En tout, des gens d’une vingtaine de municipalités environnantes profitent des installations, indique M. Patenaude.
« Tout le monde peut venir ici. On ne fonctionne pas par des ententes-loisirs. Les gens payent simplement le tarif résidant ou non résidant. »
Et qui fréquente le complexe sportif ? « On a beaucoup de retraités en matinée, des jeunes adultes et des adultes en soirée, et des familles la fin de semaine. On va chercher toute la gamme d’usagers. »
Guy Patenaude en est convaincu : le complexe est un puissant attrait à Saint-Césaire. « Dans un rayon de 30 minutes, il n’y a pas une autre ville où on retrouve une piscine, un gymnase et des salles sous un même toit. Si on voulait construire la même chose aujourd’hui, ça coûterait une fortune. »
L’achalandage a par ailleurs entraîné une hausse du personnel. Une trentaine d’employés y travaillent, dont cinq permanents.
S’adapter
La plupart des activités offertes sont les mêmes qu’avant les rénovations, mis à part le populaire pickleball et le cardio/aquamat (un entraînement sur matelas flottant), qui sont venus bonifier la palette de services. L’équipe essaie, autant que possible, de s’adapter aux tendances.
« On est à l’écoute des gens. S’ils nous suggèrent quelque chose et que ça convient en terme d’espace et de budget, on le fait », indique Chantal Brodeur.
Selon eux, le conseil municipal actuel est d’ailleurs très proactif à ce sujet.
Budget annuel
Côté chiffres, le budget 2017 du complexe sportif s’élève à 259 000 $, tandis que celui de la piscine est fixé à 296 000 $. Guy Patenaude rappelle que pour de telles infrastructures de loisirs, les déficits sont normaux. « C’est toujours à perte, mais ça dépend comment on le perçoit. On peut aussi le voir comme un investissement dans la santé des gens. »
Les revenus proviennent principalement des inscriptions. « Et des commanditaires viendront bientôt s’afficher sur nos murs. »

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Bénévolat à Saint-Césaire: actif, mais il faut assurer la relève

Les bénévoles sont nombreux à donner de leur temps aux organismes de Saint-Césaire, mais les problèmes de recrutement restent d’actualité.

Le Centre d’action bénévole (CAB) local peut compter sur 101 bénévoles actifs, un nombre plus qu’honorable pour une municipalité de quelque 5900 habitants, soutient Karine Tremblay, directrice générale. Pour la plupart âgés ou sans emploi, « ils sont avec nous depuis longtemps et ils sont précieux », dit-elle.
« Ce qui est difficile, c’est d’en trouver des nouveaux ! »
C’est pourquoi le CAB s’apprête à développer un « volet jeunesse », histoire d’assurer la relève. Le recrutement est notamment envisagé chez les étudiants inscrits aux Programmes d’études internationales. Un bénévole sera attitré à leur supervision les soirs et les fins de semaine afin de ne pas entrer en conflit avec leur horaire scolaire.
La situation semble plus difficile du côté de la Fédération de l’âge d’or du Québec (FADOQ) de Saint-Césaire. « Comme partout ailleurs, on manque de bénévoles, dit le trésorier, René Benoît. On est six sur le conseil présentement. On a déjà été cinq, mais on est censés être sept. »
Une quarantaine de personnes donnent de leur temps pour le club, pour une seule ou pour plusieurs activités. « On essaie d’en recruter d’autres, mais ça ne marche pas... », dit M. Benoît.
Tâches
Comment les attirer alors ?
Karine Tremblay met insiste sur le fait que le bénévolat permet de « sortir de l’isolement, de rejoindre une équipe, de développer différentes habilités ou simplement de mettre quelque chose de plus sur son CV ». Pour René Benoît, c’est « la satisfaction d’aider les autres ».
« Quand j’étais jeune, y’en a qui en ont fait pour moi, et là, j’en fais pour les autres», dit-il.
Au CAB de Saint-Césaire, les volontaires peuvent œuvrer à l’accueil, à la friperie, à la cuisine ou encore à la réception des denrées. Ce poste est d’ailleurs ouvert et nécessite une personne en bonne forme physique, puisqu’il faut manipuler des charges parfois lourdes.
Établi depuis deux ans, le jardin communautaire aura aussi besoin de bras — pas nécessairement musclés cette fois-ci ! — à la prochaine saison chaude. Le lieu deviendra aussi véritablement « communautaire » l’été prochain, au sens où les citoyens auront la possibilité d’y cultiver un lopin. Jusqu’à maintenant, les récoltes étaient utilisées uniquement pour les besoins du service d’aide alimentaire du CAB.
Du côté de la FADOQ, on peut s’impliquer au conseil ou aux multiples activités dont les jeux, la danse et le populaire brunch qui se déroule tous les
3e dimanches du mois.
Projets en tête
Le CAB de la rue Leclaire a aussi « plusieurs projets en tête », dit Mme Tremblay, dont celui de bonifier le service de la Popotte roulante et des CABàlunchs en préparant les repas sur place. Pour l’instant, ils sont achetés.
Comme il fait partie d’un réseau québécois, celui de Saint-Césaire peut référer ses bénévoles à d’autres organismes « selon leurs besoins et leurs intérêts ».
« Nos bénévoles sont partout ! », dit Mme Tremblay.

Pour donner de son temps au CAB de Saint-Césaire, écrivez à benevolat@cabacœur.org. Pour la FADOQ, c’est le fadoqstc@videotron.ca

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Vidéo Super Plus: 30 ans et toujours présent

À l’ère de Netflix et de la télévision sur demande, un petit commerce de la rue Principale de Saint-Césaire leur tient encore tête. Cette année, le club Vidéo Super Plus célèbre ses 30 ans.

Établi en 1987 par Victor Robidoux, le commerce est passé aux mains de son actuel propriétaire, Patrick Viens, en 2000. «Il me semble encore que c’était hier! Je n’ai pas vu les années passer», dit-il.
Au fil des ans, l’entreprise a réussi à tirer son épingle du jeu, malgré les bouleversements provoqués par l’arrivée d’Internet, du téléchargement illégal et du géant Netflix. «Mais notre plus gros ennemi, ce sont encore les enregistreurs numériques», relève M. Viens, également propriétaire de la Cantine Ô P’tit creux.
La location de nouveautés, à 4,50$ le film ou 6$ pour deux titres, demeure aussi plus abordable que les films disponibles via un câblodistributeur.
Et, contrairement à ce qu’on pourrait croire, les affaires vont mieux pour le club vidéo durant la saison chaude. «En hiver, s’il ne fait pas beau, les gens ne voudront pas sortir pour louer un film, explique M. Viens. Ils vont enregistrer des films et des émissions et les regarder plus tard.»
Le fait de se trouver en région, là où Internet haute vitesse n’est pas accessible depuis longtemps, a beaucoup aidé à limiter les dommages. «On dit à la blague que la meilleure place pour vivre la fin du monde est à Saint-Césaire, car les répercussions vont arriver trois ans plus tard!» rigole l’entrepreneur.
Fermeture hivernale
Malgré tout, la réalité finit par rattraper le club vidéo qui, pour la première fois cette année, fermera ses portes pour la saison hivernale. Ainsi, impossible de louer des films ou de savourer une «twist» entre le 1er décembre prochain et le 1er mars 2018. «L’hiver passé a été celui de trop», constate le propriétaire.
Plus ou moins 2500 titres sont disponibles en inventaire actuellement. Au plus fort des affaires du commerce, on en comptait plus du triple.
La diversité de son commerce est ce qui a permis au club vidéo de perdurer aussi longtemps, affirme M. Viens. «On regarde d’autres (clubs vidéo), ceux qui n’avaient que ça: ils (ndlr: les propriétaires) ont tout perdu quand ça a fermé.»
Le bar laitier «sauve la donne», reconnaît d’emblée l’homme d’affaires et ancien conseiller municipal. «Depuis trois ans, c’est ça qui faisait travailler les employés», dit-il. De trois employés en tout temps sur le plancher il y a quelques années, on n’en compte plus qu’un en journée et deux en soirée.
Un commerce qui procure du bonheur
À travers ses commerces, M. Viens fait sa part pour la communauté. En collaboration avec l’école secondaire Paul-Germain-Ostiguy, il a fourni des emplois à des élèves en difficulté. Dans certains cas, il a fait une différence. «Ça leur a donné une chance.»
Chaque année depuis une décennie, il offre toutes les recettes d’une journée à sa boutique à l’école primaire Saint-Vincent, afin de fournir des repas aux enfants les plus défavorisés.
«Des fois, on s’asseoit et on pense à ce qu’on aurait pu faire différemment. Moi, ma business disparaîtrait que je ne changerais rien, dit-il. C’est une belle entreprise. J’ai du fun avec les employés.»

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Durabac: de la formation en usine

Face à un manque de main-d’œuvre, un employeur de Granby prend le taureau par les cornes. L’entreprise Les contenants Durabac met sur pied sa propre formation pour soudeurs afin de pallier un problème de recrutement, a indiqué l’entreprise du chemin Milton à La Voix de l’Est.

En décembre, 12 candidats présélectionnés entameront une formation de 120 heures — pratiques et théoriques — offerte sur place. Le cours « permettra aux candidats d’aller chercher une compétence qu’ils n’auraient pas nécessairement eu la chance de recevoir autrement que par un retour sur les bancs d’école et, plus encore, celle-ci leur garantira un travail à temps plein chez Durabac », indique le président et directeur général de l’entreprise, Patrick Charbonneau, par courriel.
La formation sera encadrée par un formateur d’expérience et agréé et permettra aux personnes retenues d’être payées tout en acquérant une compétence reconnue par la Société américaine de soudage (American Welding Society).
Douze postes sont à combler et les candidats sont appelés à se manifester. Ils seront choisis « pour leur personnalité et leur potentiel comme travailleurs », dit M. Charbonneau. Les ouvriers avec expérience sont évidemment aussi les bienvenus.
Beau problème
Durabac est aux prises avec un beau problème : le carnet de commandes est plein. L’augmentation des parts de marché au Canada et un meilleur positionnement aux États-Unis sont aussi «palpables », mais le manque de main-d’œuvre — en soudeurs, mais aussi en mécaniciens assembleurs, peintres de finition, opérateurs de presse et cisaille, opérateurs de table de découpe numérique, électromécaniciens programmeurs et journaliers — vient contrecarrer les plans.
« Nous savions que la main-d’œuvre allait être un facteur déterminant, mais je n’attendais pas ce problème de sitôt », dit le président et dg.
L’entreprise recevait plusieurs CV et avait « l’embarras du choix » par le passé, ajoute-t-il. Puis, plus rien. « Du moins, très peu de CV avec expérience pour combler les postes nécessaires. »
« Nos sous-traitants vivent aussi avec ce phénomène, donc impossible de leur transférer une partie de la production. Il semble que nous sommes tous dans cette situation, qui est peut-être temporaire, mais pas question d’attendre. »
Robotisation
La robotisation est dans les plans de Durabac, « mais il restera toujours de la place pour de bons opérateurs à la production, particulièrement dans notre domaine où l’élément customize (NB: personnaliser) est important », dit M. Charbonneau.
« Plusieurs de nos clients demandent des particularités, ce qui nécessite d’y mettre de l’imagination. Et je ne connais pas de robot capable de faire ça. »
Durabac, qui se spécialise dans la fabrication d’équipements environnementaux comme les contenants à déchets, de recyclage et de récupération, les contenants transrouliers, les contenants en polyéthylène et les bennes autobasculantes en acier ou en plastique, possède deux usines à Granby et une à Roxton Pond.
Elle a fait plusieurs investissements ces dernières années, en plus d’une acquisition. Il n’a pas été possible de joindre M. Charbonneau, cette semaine, pour obtenir plus de détails. Les personnes intéressées doivent faire parvenir leur CV à l’adresse rh@durabac.ca et spécifier qu’elles postulent pour la formation en soudure.

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Groupe Robert: des technologies au service du transport

Groupe Robert est connu pour son service de transport, mais un peu moins pour son côté avant-gardiste. L’entreprise n’hésite pas à opter pour des solutions technologiques pour réduire son empreinte écologique, mais également afin d’offrir plus de sécurité sur le réseau routier.

L’entreprise, fondée à Rougemont en 1946, possède pas moins de 1100 tracteurs routiers et 3200 remorques de tout genre. Ses camions et ceux de ses voituriers - des chauffeurs propriétaires qui travaillent exclusivement pour le Groupe Robert — ont parcouru pas moins de 139 millions de kilomètres au cours de la dernière année. Sa consommation de carburant a atteint 55 millions de litres.
Groupe Robert offre ses services de transport partout en Amérique du Nord, mais ses marchés principaux sont les liaisons Québec-Ontario, la Nouvelle-Angleterre et des destinations américaines tels que Chicago, l’Ohio et la Pennsylvanie, entre autres.
Dans un souci de réduire sa consommation d’essence, et par le fait même son empreinte écologique, l’entreprise possède depuis quelques années 166 véhicules qui carburent au gaz naturel. « C’est une réduction de 25 % des gaz à effet de serre », explique Daniel St-Germain, vice-président des ressources matérielles chez Groupe Robert.
Deux stations de chargement de gaz naturel, opérées par Gaz Métro, sont installées sur des sites de l’entreprise, l’une à Boucherville, l’autre à Mississauga en Ontario. L’entreprise travaille avec son fournisseur pour en installer une autre à Val-d’Or, ce qui lui permettrait d’effectuer des livraisons avec les véhicules au gaz naturel entre Boucherville et Rouyn-Noranda.
L’acquisition de camions carburant au gaz naturel a incité l’entreprise à doter ses véhicules de panneaux solaires, notamment pour alimenter les détecteurs de gaz qui se déclenchent en cas de fuite pour alerter le chauffeur. Puis, ils en ont installés sur les véhicules au diesel pour mettre de côté la génératrice qui sert à climatiser, chauffer et offrir du courant au camionneur lorsque son véhicule n’est pas en fonction, notamment lors des périodes de repos.
Des jupes aérodynamiques, qui ressemblent à de grandes bandes rectangulaires installées de chaque côté de la remorque, ont été posées sur toutes les remorques qui ont la dimension requise. Conçues en composite, ces jupes entraînent une économie de carburant évaluée entre 5 % et 8 %.
L’entreprise qui emploie 3300 personnes, dont 235 à Rougemont, a également opté pour des pneus simples sur certains de ses véhicules plutôt que les conventionnels pneus doubles. Au total, 284 camions et 885 remorques et autres types de véhicules en sont équipés. Encore une fois, une économie de carburant d’environ 5 % a été enregistrée.
La sécurité, une priorité
Groupe Robert, qui offre aussi des services d’entreposage et qui opère des centres de distribution et des terminaux, est en voie d’être dirigée par la troisième génération de la famille Robert. Tout comme au jour un de l’entreprise, la sécurité figure au sommet de leurs priorités.
« Pour la famille Robert, la sécurité c’est numéro un. Il n’est pas question de s’obstiner là-dessus, indique M. St-Germain. La sécurité, ce n’est pas négociable. Ça fait partie des valeurs de l’entreprise. »
Dans cette optique, les véhicules ont été équipés de la télémétrie, dont le système Isaac créé à Chambly. La technologie permet non seulement d’évaluer la performance du véhicule et la conduite sécuritaire, mais offre aussi une connexion avec le système de répartition. « On est capable de savoir où sont nos camions en temps réel », explique M. St-Germain.
Le système enregistre aussi les heures de conduite du chauffeur, qui après un certain temps, a l’obligation de s’arrêter avant de pouvoir reprendre la route. « Tu ne peux pas tricher, explique Daniel St-Germain. Ce sera obligatoire en décembre aux États-Unis. Au Canada, ce n’est pas décidé encore. »
Depuis une dizaine d’années, les véhicules sont aussi équipés du système d’alerte de collision et d’un système d’assistance au franchissement involontaire de lignes. Des technologies qui assurent davantage de sécurité sur le réseau routier.
Des freins à disque sont aussi installés sur certains poids lourds, ce qui réduit la distance de freinage.
Parmi ces solutions technologiques adoptées par l’entreprise, nombreuses ont été découvertes au fils des ans à un grand salon du camionnage qui se déroule annuellement en Allemagne. « On découvre plein de choses. Mais on doit se battre avec les manufacturiers pour les avoir ! », explique M. St-Germain.

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Fermeture et licenciement collectif: un tremplin après l’onde de choc

Chaque fermeture d’une PME ou d’une grande entreprise entraîne une onde de choc. En ce sens, pensons à la récente annonce de Sears, dont la fin des opérations entraînera sous peu la mise à pied d’une centaine de personnes à Granby. Or, ces gens ne seront pas laissés à eux-mêmes. Une série de mesures sont en place pour les épauler dans cette difficile épreuve, mais aussi pour les aider à rebondir en se trouvant un nouvel emploi ou, qui sait, en lançant leur propre affaire.

Quand les gens apprennent qu’ils perdront leur emploi, ils s’imaginent souvent tomber dans le vide, illustre Onil Proulx, président fondateur de la firme de ressources humaines GCRH, en activité dans ce créneau depuis une trentaine d’années. « Il y a un deuil à faire. Une fois qu’ils ont absorbé le coup, ils se rendent compte qu’ils ont du support et les choses se placent graduellement », indique-t-il.
En fait, la Loi sur les normes du travail prévoit qu’il y a licenciement collectif quand on « met fin à l’emploi de dix salariés ou plus d’un même établissement sur une période de deux mois ou met à pied au moins dix salariés d’un même établissement pour une durée de plus de six mois. »
Dans le cas d’une mise à pied à grande échelle, des délais de préavis aux effectifs concernés doivent être respectés. On parle de huit semaines lors de la mise à pied de 10 à
99 personnes. Quatre semaines supplémentaires s’ajoutent dans le cas d’un groupe de 100 à 299 personnes. Idem quand cette mesure implique 300 personnes et plus. Un avis doit par ailleurs être signifié par l’employeur au ministère du Travail, puis à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), de même qu’à toute association qui représente les salariés, notamment des syndicats. De plus, une copie de l’avis doit être affichée à la vue de tous au sein de l’établissement touché.
Encadrement personnalisé
Dès que 50 salariés ou plus sont mis à pied, la Loi exige qu’un comité d’aide au reclassement soit constitué. Le regroupement est composé à parts égales de travailleurs et de représentants de l’employeur. Le cas échéant, ce dernier doit prendre d’autres moyens pour favoriser le maintien ou la réintégration en emploi des gens licenciés. Les gens ont le choix d’avoir recours au comité de reclassement à entrées continues (CREC) dans chaque région ou à une firme externe. « Dans un premier temps, les comités servent à stabiliser chaque individu », fait valoir M. Proulx.
L’étape initiale consiste à tenir des séances d’information auprès de l’ensemble des salariés. Suivront des rencontres individuelles pour évaluer les besoins spécifiques. Le président de GCRH divise en cinq groupes la clientèle avec laquelle il travaille dans ce type de dossier. « Dans tous les cas, dit-il, les démarches servent de tremplin vers autre chose. »
Premièrement, il y a les gens complètement déboussolés. « Une personne qui a travaillé 30 ans dans une organisation a tout un choc en apprenant qu’elle va perdre son emploi. Il y a souvent une démarche d’orientation à faire avec cet individu pour savoir ce qu’il veut faire. Rester sur le marché du travail à temps plein ou partiel ? Veut-il changer de branche ? Ça change aussi la donne quand il te reste quelques années à travailler. »
Deuxièmement, il y a ceux qui veulent retourner rapidement sur le marché du travail dans un secteur similaire, et qui considèrent qu’ils ont assez d’expérience. « On les aide à mettre leur CV à jour et à chercher un emploi, indique M. Proulx. On leur offre aussi des ateliers de perfectionnement. Notamment sur comment se comporter en entrevue. »
Viennent ensuite les gens qui souhaitent étudier pour découvrir une autre profession. Dans certains cas, Emploi-Québec peut financer des formations d’attestation d’études collégiales, des diplômes d’études professionnelles ou d’équivalence de cinquième secondaire. Selon M. Proulx, de 15 à 20 % choisissent cette option.
Pour d’autres, c’est le déclic pour lancer leur propre entreprise. « On leur offre beaucoup d’encadrement, spécifie le spécialiste en ressources humaines, entre autres quand vient le temps de bâtir leur plan d’affaires. » Finalement, il y a ceux qui optent pour la retraite. Notons que durant tout le processus de reclassement, Emploi-Québec fait un suivi pour s’assurer que les gens licenciés ont réintégré le marché du travail ou voir s’ils sont en recherche active d’emploi.

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BRP plonge dans l’électrification de ses véhicules

Cherchant à plonger depuis plusieurs années dans le monde de l’électrification, BRP se prépare à mettre sur le marché son premier moteur électrique. Dès ce printemps, l’entreprise proposera le nouveau groupe propulseur conçu pour les karts de course : les moteurs Rotax Thunder.

« On a fait des essais, dont un prototype de Spyder avec une charge électrique, mais la portée n’est pas encore assez suffisante à notre satisfaction. On veut donner à nos consommateurs la même expérience sur l’électrique que sur un moteur à combustion, explique Valérie Bridger, conseillère principale aux communications de l’entreprise. Pour le moment, on ne s’attaque qu’au karting, puisqu’il se prête très bien à l’électrique. Les courses de kart durent entre 20 et 30 minutes, on reste dans le même circuit et c’est facile à charger. Pour nos produits hors route, on va plus loin. Il y a toutefois toujours l’anxiété de la distance pour se brancher et se recharger.»
Même dilemme pour les Spyder sur route. La technologie doit être raffinée avant de tenter une percée du côté des véhicules routiers aussi bien que hors route, dit-elle, mais BRP a toujours poussé pour amener la technologie le plus loin possible dans le monde du sport motorisé. L’ambition est toujours là.
Dans ce cas-ci, le moteur électrique permet une accélération de 0 à 100 km/h en 3,5 secondes et la vitesse de pointe est de 130 km/h.
La première démonstration du kart de course propulsé par l’énergie électrique a été réalisée en Autriche, où les moteurs Rotax de BRP sont construits. « On a quand même une très belle réponse des consommateurs, intéressés de voir ce que ce bolide peut offrir comme performance. »
La question de la réduction du bruit devient avantageuse lorsqu’il est question de circuits urbains où les villes ont des normes en matière de pollution sonore. Aussi, l’absence de polluants par la combustion de l’essence permettra la tenue de courses de haute performance à l’intérieur.
Ce nouveau groupe propulseur sera disponible ce printemps, mais il y a déjà beaucoup d’intérêt dans le milieu, assure Mme Bridger. Entre autres chez les coureurs qui construisent eux-mêmes leur kart.
« On est un des plus gros producteurs de moteurs de kart au monde. On fait le Rotax Max Challenge, une série de courses disputées à travers le monde, et qui culmine avec une finale en novembre. C’est une course internationale et la crème de la crème de chaque pays y participe. Plusieurs pilotes de Formule 1 et Formule 3 ont d’abord commencé en karting », a rappelé Mme Bridger.
Les moteurs Rotax sont par ailleurs au cœur de tous les véhicules BRP, que ce soit pour les motoneiges, les motomarines et autres véhicules hors route et sur route.
Il ne semble pas exclu que l’innovation électrique se poursuive au sein de l’entreprise et que celle-ci s’étende, notamment, au Spyder. Cependant, Mme Bridger n’a pas pu s’avancer davantage sur les projets en cours de développement.

Les grands employeurs

L’embauche se poursuit chez F. Ménard

L’entreprise F. Ménard va tellement bien qu’elle peine à pourvoir tous les postes disponibles dans ses divisions.

En février dernier, le leader en production porcine avait annoncé la création de 150 emplois permanents, qui n’ont pas tous trouvé preneurs.
« L’embauche a bien fonctionné en début d’année, mais il y a encore des postes disponibles chez Agromex à Ange-Gardien et à notre division des Produits fins à Henryville. À cet endroit, on ne suffit pas à la demande pour la production de bacon, alors on embauche », explique la directrice des ressources humaines chez F. Ménard, Nathalie Vallerand.
La dame rappelle également que la transformation prochaine d’un entrepôt frigorifique en nouvelle salle de découpe à Saint-Jean-sur-Richelieu entraînera l’embauche d’une quarantaine de nouveaux employés. « Ces désosseurs devraient débuter le travail dès 2018. »
Mme Vallerand estime à 1250 le nombre de personnes présentement à l’emploi de l’entreprise. « Ils ne sont pas tous permanents toutefois. On a une centaine de travailleurs issus d’agences de placement chez Agromex », précise-t-elle. Plusieurs d’entre eux proviennent de Montréal et de la Rive-Sud et disposent d’un transport collectif vers les installations d’Ange-Gardien.
En croissance
Mais pourquoi une telle demande ? « Nos divisions grossissent. On investit beaucoup et on a besoin de personnel. Du côté de F. Ménard, c’est stable, mais des gens prennent leur retraite et il faut les remplacer », affirme la dame.
Celle-ci fait remarquer que l’entreprise existe depuis 56 ans, que plusieurs employés y ont passé toute leur carrière et que le temps est venu pour plusieurs de tirer leur révérence professionnelle.
« Ces gens sont des experts dans leur domaine. À titre d’exemple, il y a quatre camionneurs en transport de moulée qui s’en vont. L’embauche de camionneurs est d’ailleurs l’un de nos défis. Trouver des électromécaniciens est également difficile, car on constate une situation de plein emploi dans la région. »
En rappelant que la compagnie est solidement implantée et qu’elle offre de très bons avantages sociaux, Nathalie Vallerand précise que la formation est offerte aux nouveaux arrivants.
En matière de recrutement, toutes les avenues sont empruntées. « On a participé aux salons de l’emploi, on est présent sur les campus — on fait appel aux finissants de l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA), mais ils ne fournissent pas à la demande — et on travaille de concert avec des organismes en immigration. »
Cette dernière approche pourrait d’ailleurs être une solution, laisse entendre la directrice. « À Henryville, nous avions embauché huit Syriens à leur arrivée au Québec. Deux sont encore avec nous ; les autres ont trouvé, depuis, un emploi dans leur domaine. »