La taxe d’accise fédérale (10 ¢ le litre pour l’essence ou 4 ¢ pour le diesel) et la taxe sur les carburants provinciale (19,2 ¢ le litre pour l’essence ou 20,2 ¢ pour le diesel) sont des montants fixes qui peuvent être réduits ou majorés selon l’emplacement géographique des postes d’essence.
La taxe d’accise fédérale (10 ¢ le litre pour l’essence ou 4 ¢ pour le diesel) et la taxe sur les carburants provinciale (19,2 ¢ le litre pour l’essence ou 20,2 ¢ pour le diesel) sont des montants fixes qui peuvent être réduits ou majorés selon l’emplacement géographique des postes d’essence.

Ne vous attendez pas à avoir du carburant gratuitement

Même si le prix du pétrole brut se négociait à moins 37 $US le baril sur les marchés lundi, il ne faut pas s’attendre à obtenir du carburant gratuitement à la pompe. Le prix du litre d’essence ordinaire ne pourra jamais descendre en dessous de 37 ¢ à Montréal ou 33,5 ¢ à Québec. Ces montants correspondent aux taxes sur les carburants, prélevées par les gouvernements fédéral et provincial.

La taxe d’accise fédérale (10 ¢ le litre pour l’essence ou 4 ¢ pour le diesel) et la taxe sur les carburants provinciale (19,2 ¢ le litre pour l’essence ou 20,2 ¢ pour le diesel) sont des montants fixes qui peuvent être réduits ou majorés selon l’emplacement géographique des postes d’essence. Ces taxes sont aussi assujetties à la taxe sur les produits et services (TPS) et à la taxe de vente du Québec (TVQ).

La proximité d’une frontière (provinciale ou américaine) ou certaines zones spécifiques font réduire la taxe provinciale. Les essenceries situées sur le territoire de l’Autorité régionale de transport métropolitain ou aux Îles-de-la-Madeleine verront cette taxe majorée respectivement de 3 ¢ et de 1 ¢ le litre.

Cependant, les parties variables du prix à la pompe sont le coût minimal d’acquisition — qui inclut le coût du pétrole brut et du raffinage — et le coût de transport entre la raffinerie et le poste d’essence. Le premier montant est celui qui pourrait être influencé par le prix négatif du brut.

«Est-ce qu’il y aura des raffineurs canadiens qui auront réussi à acheter du brut à moins 37 $US?» se demande Carol Montreuil, vice-président pour l’Est du Canada de l’Association canadienne des carburants (ACC). «Avant de répondre adéquatement à cette question, regardons ce qui se passera sur le marché sur quelques jours», répond-il, en ajoutant que la situation de lundi correspond plutôt à une «anomalie de marché». «Moins 37 $US, ça fait bien pour les manchettes, mais il s’agit d’une situation qui n’a jamais été vue par le passé. Attendons voir.»

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« Est-ce qu’il y aura des raffineurs canadiens qui auront réussi à acheter du brut à moins 37 $US? [...] Moins 37 $US, ça fait bien pour les manchettes, mais il s’agit d’une situation qui n’a jamais été vue par le passé. Attendons voir »
Carol Montreuil, vice-président pour l’Est du Canada de l’Association canadienne des carburants

Achats faits à l’avance

Il importe de souligner que les achats de pétrole sont faits deux mois à l’avance et que les spéculateurs se fient à des projections sur la demande de carburant pour fixer le prix du brut. La situation de lundi se traduit par la demande pour le pétrole qui est réduite à néant en raison des mesures de confinement pour éviter de propager la COVID-19. Et qu’aucun acheteur ne répondait «présent» pour acquérir des barils.

«Les raffineurs se posent les questions suivantes: “On sait qu’il y aura une reprise, mais comment ça va reprendre [après le confinement]? On achète quoi comme quantité [de brut]?” À ces questions, les raffineurs n’ont pas de réponse pour le moment», commente M. Montreuil.

Dans le meilleur des scénarios, il se pourrait que le prix du litre se trouve quelque part entre 45 et 60 ¢ à la pompe. «Ce serait le signal que des raffineurs canadiens auraient peut-être pu mettre la main sur des barils à moins 37 $US. C’est en consultant le site de la Régie de l’énergie du Québec, dans la section sur les prix de l’essence, qu’on pourra constater si le coût minimal d’acquisition a baissé suffisamment pour ne payer pratiquement que les taxes», ajoute le vice-président de l’ACC. «On est chanceux au Québec, par rapport aux autres provinces, d’avoir un outil comme celui de la Régie de l’énergie.»

Par ailleurs, dans ce site Web, il est possible de voir dans le détail les composantes des prix de l’essence selon la région.