Une fausse manœuvre lors de la réparation d’un véhicule électrique peut entraîner des blessures sérieuses et aller jusqu’à causer la mort, selon Éric Drouin, mécanicien en chef depuis six ans chez PMC mécanique de la rue King Est.

Ne répare pas qui veut un véhicule électrique [VIDÉO]

Les véhicules électriques commencent à avoir du millage sur les routes de l’Estrie et du Québec. Certains propriétaires commencent donc à voir apparaître des problèmes et pourraient être tentés de jeter un œil eux-mêmes pour tenter de l’identifier et de le régler, mais attention, vaut mieux avoir suivi une bonne formation avant de s’y atteler.

Éric Drouin est mécanicien en chef depuis six ans chez PMC mécanique sur la rue King Est. Il a suivi une cinquantaine d’heures de formation et répare presque chaque jour des autos électriques. Il explique qu’il faut prendre la sécurité très au sérieux.

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« Il faut avoir une base au niveau de la sécurité des systèmes de haute tension, indique-t-il. On doit porter des gants d’électriciens. Il faut même mettre un périmètre de sécurité autour lorsqu’on travaille sur la batterie. »

Éric Drouin n’a pas pris de chance même lors de la démonstration pour le passage de La Tribune. Il a enclenché le mécanisme de sécurité sous le capot d’une Nissan Leaf ainsi que celui sous la banquette arrière.

« Avec un système comme ça, ça peut même aller jusqu’à la mort, soutient-il. Il faut prendre nos précautions et surtout faire très attention. C’est plus complexe qu’une auto standard. Il y a beaucoup plus de codes d’entretien aussi. »

Des hivers pas si dommageables

C’était la grande question lors de l’arrivée des voitures électriques sur le marché québécois : est-ce que l’hiver allait être clément avec les batteries ou si elles allaient les rendre inutilisables après seulement quelques années?

« Absolument pas. Ce qu’on remarque pour les Nissan Leaf par exemple, c’est que les batteries aiment mieux le froid que le chaud de la Californie. On remarque des états de santé des véhicules meilleurs au Québec qu’aux États-Unis. Tout dépendant des sortes de véhicules, la batterie se tient plus froide et va moins s’endommager. »

Il met en garde que l’autonomie des véhicules électriques peut par contre diminuer de moitié durant l’hiver.

Éric Drouin tient aussi à signaler la grande importance des panneaux protecteurs situés sous le véhicule.

« Ça sert à isoler le système électrique, explique-t-il. Il ne faut vraiment pas que les débris et la pluie entre en contact avec le filage haute tension. Je recommande de réparer les panneaux qui brisent. »

Pas de ruée vers les garages

S’il voit un ou deux véhicules électriques par jour dans son garage, Éric Drouin estime que les modèles sur le marché sont plutôt fiables jusqu’à maintenant.

« On a eu quelques ordinateurs de batterie défectueux, mais à part de ça, ça ne brise pas beaucoup, lance-t-il. Pour les Tesla, il y a eu des crémaillères qui ont brisé. Parfois, on peut avoir des cellules qui s’endommagent dans la batterie, mais on peut la remplacer. »

Une visite au garage va toutefois coûter un peu plus cher pour le propriétaire d’une auto électrique.

« Toutes les pièces sont beaucoup plus chères pour une auto électrique qu’une voiture standard. Les formations viennent tout juste de sortir. Tout est nouveau pour tout le monde. Il faut percer le domaine. J’invite tous mes collègues dans les autres garages à suivre les formations. »

Éric Drouin n’entend pas rester les bras croisés. PMC mécanique est en démarche pour lui faire suivre une autre grande formation de 400 heures.