Paul-Robert Raymond
Le Soleil
Paul-Robert Raymond
La plateforme E-GMP de Hyundai propose une traction aux quatre roues, ainsi qu’une unité de contrôle de charge intégrée qui permet de transférer de l’énergie de la batterie vers un appareil électrique ou même de charger un autre véhicule.
La plateforme E-GMP de Hyundai propose une traction aux quatre roues, ainsi qu’une unité de contrôle de charge intégrée qui permet de transférer de l’énergie de la batterie vers un appareil électrique ou même de charger un autre véhicule.

La plateforme E-GMP de Hyundai permettra de concevoir des véhicules électriques comme tels

CHRONIQUE / Il y a des nouvelles qui sont encourageantes pour l’électromobilité. Comme l’a fait General Motors, il y a quelques mois, c’est au tour de Hyundai de dévoiler une plateforme spécifiquement conçue pour ses futurs véhicules électriques (VÉ).

Mercredi dernier, le constructeur coréen a lancé sa nouvelle plateforme E-GMP (pour Electric-Global Modular Platform). Elle servira aussi dans les éventuels modèles électriques de ses filiales Kia et Genesis. On la retrouvera notamment dans la construction dès 2021 du modèle Ioniq 5 et dans le premier véhicule exclusivement électrique de Kia.

Un lecteur faisait remarquer que Kia avait déjà des véhicules électriques. C’est vrai… Mais la nuance se trouve plutôt dans le fait que les Soul et les Niro électriques ont été développés à partir d’un modèle avec un moteur à combustion. Les premiers Soul étaient d’abord livrés avec un moteur à essence. La première version du Niro était un véhicule hybride et ensuite venu une version hybride rechargeable.

Même l’actuelle Ioniq provient d’une plateforme existante de Hyundai à laquelle on a installé un groupe motopropulseur électrique.

L’annonce du lancement de la plateforme E-GMP ne peut qu’être une bonne nouvelle. D’abord, celle-ci promet des VÉ avec une autonomie de plus de 500 kilomètres après une charge complète (selon la procédure mondiale harmonisée pour les véhicules légers WLTP). La batterie pourra être rechargée jusqu’à 80 % en 18 minutes avec une borne de recharge à haute vitesse.

Hyundai pense déjà à l’avenir, car la plateforme pourra accepter la recharge multiple jusqu’à une capacité de recharge de 800 volts. Il est vrai que les bornes de recharge de 800 V n’existent pas encore. Mais elles viendront bien par arriver un jour.

De plus, les véhicules sur la plateforme E-GMP pourront servir de batterie pour alimenter des appareils électriques. Une unité de contrôle de charge intégrée permet de transférer l’énergie de la batterie du véhicule sans nécessiter avoir recours à un ondulateur externe. On pourrait même recharger un autre véhicule électrique.

Cette nouvelle fonction appelée V2L (vehicle-to-load) d’une puissance allant jusqu’à 3,5 kilowatts pourra faire fonctionner un climatiseur de taille moyenne et un téléviseur de 55 pouces sur une période jusqu’à 24 heures, selon Hyundai.

Empattement long

Cette nouvelle plateforme offre beaucoup d’espace à l’intérieur, notamment grâce à un empattement long, des porte-à-faux avant et arrière courts et un module de cockpit étroit. La batterie située sous le plancher procure aussi un plancher plat dans l’habitacle. Cela laisse beaucoup de place à l’imagination pour les futurs modèles de la marque coréenne.

Les clients exigeants en matière de performance ne seraient pas en reste, selon le constructeur. Les modèles haute performance qui seront construits sur cette plateforme afficheront une accélération de 0 à 100 km/h en moins de 3,5 secondes et pourront atteindre une vitesse maximale de 260 km/h, promet Hyundai.

La plateforme E-GMP devrait permettre à Hyundai de réaliser sa promesse de lancer 23 modèles tout électriques, dont 11 qui seront exclusivement électriques. Le constructeur vise des ventes de 1 million d’unités de VÉ mondialement d’ici 2025.

En août dernier, Hyundai a lancé une nouvelle marque réservée pour ses VÉ, Ioniq. Trois modèles de cette marque devraient être lancés d’ici 2024, soit les Ioniq 5, 6 et 7. À suivre…