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Paul-Robert Raymond
Le Soleil
Paul-Robert Raymond
L’annonce de lundi dernier permettra à Lion Électrique de créer 135 nouveaux emplois à l’ouverture de sa nouvelle usine en 2023 et d’en créer 150 autres plus tard. Présentement, plus de 500 personnes travaillent pour le constructeur de camions et d’autobus électriques.
L’annonce de lundi dernier permettra à Lion Électrique de créer 135 nouveaux emplois à l’ouverture de sa nouvelle usine en 2023 et d’en créer 150 autres plus tard. Présentement, plus de 500 personnes travaillent pour le constructeur de camions et d’autobus électriques.

La future usine de batteries de Lion Électrique, une très bonne nouvelle pour l’électrification

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CHRONIQUE / La nouvelle de la semaine dernière pour l’électrification des transports a sûrement été l’annonce de la future usine d’assemblage de batteries de la Compagnie Lion Électrique. Un projet de 185 millions $ qui sera financé en partie par deux prêts de 50 millions $ de la part du gouvernement fédéral et celui du Québec.

Au-delà de la nouvelle proprement dite, on a essayé d’en apprendre un peu plus sur les ambitions de Lion Électrique, avec son pdg et fondateur, Marc Bédard.

À terme, la nouvelle usine, qui ouvrira en 2023, produira annuellement jusqu’à cinq gigawatts-heures de batteries, selon Lion. Ce qui lui permettra d’équiper environ 14 000 véhicules de poids moyen et lourd par année.

«Notre ambition, c’est de faire ces batteries-là pour nos propres véhicules. […] Ça ne veut pas dire qu’un jour, on ne voudra pas en fabriquer pour quelqu’un d’autre. On ne se met pas de limite. Ça voudrait dire qu’on pourrait augmenter la capacité de l’usine. On se garde la flexibilité de pouvoir en vendre à quelqu’un d’autre. Mais c’est sûr que ce ne sera pas dans les premières années», explique M. Bédard.

D’ailleurs, ce dernier rit quand on lui nomme des constructeurs qui offrent la possibilité de vendre un châssis sans cabine avec seulement la batterie et les moteurs.

«On a déjà un genre de skateboard qu’on fait pour nous-mêmes. Notre objectif, ce n’est pas d’aller le vendre à quelqu’un d’autre, parce qu’il y a beaucoup de souci d’intégration au niveau de l’électrique, entre le skateboard et le véhicule. […] Quand quelqu’un dit que c’est quasiment un plug and play, tu achètes le skateboard et tu mets le véhicule... Ben voyons donc, pas du tout! […]» réagit-il. «Nous, ce qu’on a fait, on a un skateboard Lion à partir duquel on adapte nos véhicules. Ça veut dire que nos véhicules sont toujours faits dès le départ pour être électriques à partir du même type de planche à roulettes qui est adaptée. Par exemple, les batteries ne sont pas toujours à la même place, le skateboard est un peu plus long ou un peu plus petit... […] Quelqu’un qui dit qui vend son skateboard et qui est un “one size fits all”, ça pour nous, c’est un modèle d’affaires qui ne peut pas marcher...

Un autre modèle d’affaires dans lequel Lion ne veut pas entrer, c’est dans celui de la fabrication de cellules de batteries.

«Je peux vous dire que les cellules, ce ne sera pas pour nous autres. Parce que c’est un modèle d’affaires différent. Il faut que tu en vendes à beaucoup de monde. Nous, on a mis ça clair avec tout le monde qu’on ne fera pas de cellules. Mais d’un autre côté, on va intégrer des cellules pour [éventuellement] en faire des modules», ajoute M. Bédard. «Mais aujourd’hui, vous avez raison, les cellules et les modules, on les achète en Asie. Mais si on voulait acheter que des cellules, elles sont presque toutes fabriquées en Asie. En plus, on a beaucoup de ressources naturelles au Québec et au Canada. Ce que je disais au premier ministre Trudeau ce matin [lundi dernier], l’opportunité est grande, mais là, je parlais à des convaincus. Eux, ils ont répondu : “Oui, on le sait et ça fait partie de nos plans.” […] Moi, j’espère que quelqu’un va produire des cellules canadiennes dans les prochaines années», conclut-il.