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Paul-Robert Raymond
Le Soleil
Paul-Robert Raymond
Il existe déjà des technologies qui permettent de gérer la recharge des véhicules électriques pour éviter les périodes de pointe, comme les bornes intelligentes et les applications fournies avec les véhicules.
Il existe déjà des technologies qui permettent de gérer la recharge des véhicules électriques pour éviter les périodes de pointe, comme les bornes intelligentes et les applications fournies avec les véhicules.

Est-ce qu’Hydro-Québec peut répondre à la demande pour la recharge des véhicules électriques à domicile?

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CHRONIQUE / Souvent, on invoque que le réseau d’Hydro-Québec ne pourrait pas répondre à une demande accrue d’électricité, advenant une transition «trop rapide» vers l’électrification des véhicules. Une mise au point s’impose.

Un commentaire lu dans les réseaux sociaux au début de la semaine dernière reflétait cette inquiétude. «Comment Hydro-Québec va faire pour fournir l’électricité aux autos électriques en hiver? La société d’État nous demande de faire notre lessive la nuit, de partir le lave-vaisselle après minuit, de ne pas prendre de bains, juste des douches. Je pense qu’on va être dans le trouble avec l’électrification des transports.»

On a soumis la question à Hydro-Québec. D’abord, même si le Québec se retrouvait avec 1 million de véhicules électriques dans son parc, cela ne représenterait qu’une faible augmentation de la demande en électricité.

«On a déjà évalué que 1 million de véhicules électriques au Québec, ça représenterait une consommation d’environ trois térawatts-heures [TWh] annuellement. Le Québec consomme entre 175 et 180 TWh par année», répond le porte-parole d’Hydro-Québec, Louis-Olivier Batty.

Trois térawatts-heures sur 175, ça ne représente même pas 2 % de hausse. «Oui, c’est de la consommation qui s’ajoute, mais ça demeure que c’est une consommation qu’on peut très bien absorber et à laquelle on peut très bien répondre sans que ça nécessite des investissements importants sur notre réseau», ajoute-t-il.

Présentement, on n’a pas encore dépassé l’objectif de 100 000 véhicules électriques, prévu pour le 31 décembre 2020. Si on se fie au Plan pour une économie verte 2030 du gouvernement du Québec, il y a un objectif de 1,5 million de véhicules électriques pour dans neuf ans. Or, le cap du million de véhicules se situe quelque part entre d’ici six à huit ans.

Aide technologique

M. Batty précise également que les différentes technologies offertes en ce moment, telles que les bornes de recharge intelligentes à domicile et les applications de gestion des véhicules, permettent de bien programmer les recharges et d’éviter de surcharger le réseau.

«Les bornes bidirectionnelles qui gèrent le V2G [vehicle to grid ou véhicule au réseau] ou le V2H [vehicle to home ou véhicule à la maison], qui vont nous aider sur deux aspects: un, avoir une recharge planifiée intelligemment. Quelqu’un peut brancher sa borne en arrivant à la maison le soir, mais que celle-ci ne commence qu’en dehors des heures de pointe. La personne, ce qu’elle veut c’est que la recharge soit complète le lendemain matin. La recharge peut très bien être gérée ça et la faire commencer à 23h, à minuit ou 1h du matin», explique le porte-parole.

De plus en plus, les voitures électriques auront de plus grosses batteries offrant de grandes autonomies, pouvant atteindre jusqu’à 500 ou 600 kilomètres. Ou même plus. Les déplacements quotidiens des automobilistes n’atteignent jamais ce maximum.

«Pour la gestion de la pointe, on pense qu’avec 1 million ou 1,5 million de véhicules [électriques] en 2030, il y aura là tout un bassin d’énergie stockée dans les batteries qui pourrait servir justement à aider pour la pointe. […] Évidemment, tout cela devra être compensé. Il faut qu’il y ait un intérêt pour la personne de vouloir injecter un peu d’énergie dans le réseau.

Finalement, la tarification dynamique peut encourager une meilleure gestion de la recharge. «Le tarif Flex D est une option qui est volontaire, mais qui est intéressante justement pour les conducteurs de véhicules électriques pour profiter d’un rabais tout au long de l’hiver. Donc, en dehors des heures de pointe, il y a un rabais qui est appliqué. Et au moment des heures de pointe, évidemment le tarif est plus cher, mais ça permet pour le reste du temps de bénéficier d’un rabais», dit M. Batty.

Cette grille de tarification d’Hydro-Québec permet d’économiser de 22 à 30 % sur le prix au kilowatt-heure pendant les mois d’hiver. Cependant, le kilowatt-heure coûtera beaucoup plus cher dans les périodes de pointe déterminées par Hydro-Québec, qui alertera les abonnés au moins 24 heures à l’avance. Ce sera à eux d’ajuster leur consommation d’énergie en conséquence.

Selon le porte-parole, les périodes où le réseau est grandement sollicité ne représentent qu’une centaine d’heures par année.