Un temple bouddhiste à Hiroshima.

Virée au Japon

Si tous les motifs sont valables pour partir en voyage, la raison invoquée par Catherine Trudeau a le mérite d’être originale. Cette dernière revient d’un périple de deux semaines au Japon où elle s’est rendue pour améliorer ses techniques de photographe.

« L’idée c’était d’aller chercher de l’inspiration. Quand on est toujours dans nos pantoufles ce n’est pas bon », explique-t-elle, encore emballée par son récent voyage.

Elle souhaitait ainsi acquérir une formation en photo qui n’est pas nécessairement accessible au Québec. Son voyage a commencé à prendre forme lorsqu’elle a contacté Martin Rousseau, un photographe français de renom établi au Japon. Celui-ci est devenu de fil en aiguille le photographe officiel de la Ville de Kyoto.

Il lui a transmis certains de ses trucs, mais il lui a surtout permis de découvrir les dessous et les visages les moins connus de la ville. « On est allé visiter le dessous d’un pont. À New York j’aurais eu un peu peur, mais là-bas il y a vraiment une confiance qui s’installe. Il y avait des gens qui peinturaient et quelqu’un qui jouait des percussions avec une poubelle. C’est surprenant parce qu’en apparence c’est un pays très calme et structuré. J’aurais passé à côté de tout l’aspect artistique si je n’avais pas été avec lui », précise-t-elle.

Les biches vivent en liberté à proximité du « Torri flottan » à Hiroshima.

Trop de touristes
La photographe qu’on connaît à Granby pour ses expositions au Centre culturel France-Arbour, pour son studio Le Point Rose ou encore pour ses photos diffusées dans La Voix de l’Est, a souhaité s’éloigner de ce qu’elle connaît le mieux — le portrait en studio. Elle s’est donc décidée à arpenter les rues nippones en prenant beaucoup d’images sur le vif.

« Il y a vraiment beaucoup d’endroits magnifiques, mais il y a tellement de touristes que je ne voulais pas les prendre en photo. Ça dénaturait la beauté de ces lieux », avance-t-elle. Catherine se levait alors au petit matin pour prendre des photos, avant que la masse de visiteurs envahisse les lieux les plus emblématiques.

« C’est un pays tellement différent. La culture et la mentalité sont vraiment à l’opposé des nôtres. Je n’ai jamais ressenti aucune violence, je n’ai même jamais entendu de klaxon », témoigne la voyageuse.

Parc à chevreuils
Même si elle n’y est restée que deux semaines, Catherine Trudeau a pu visiter plusieurs villes et villages du pays du Soleil levant. Son trajet l’a mené au sud de l’île, notamment dans la préfecture de Nara. « On s’est promené dans un parc de chevreuils pratiquement tous seuls. Une quarantaine de biches marchaient tranquillement à côté nous », dit-elle.

Le quartier Shinjuku à Tokyo est l’un des exemples frappants de ce Japon surchargé.

Son voyage lui a permis de voir les choses sous un angle nouveau à son retour au Québec. « J’ai l’impression d’analyser le monde qui m’entoure avec les yeux d’une Japonaise. Ce sont surtout les extrêmes qu’on voit ici dans l’habillement ou le comportement des gens qui m’inspirent au niveau artistique », explique Catherine.

Les images qu’elle rapporte du Japon devraient trouver place lors d’une exposition au courant de l’année prochaine. Celle-ci devrait réunir également une série de photos capturées notamment en Islande, à New York et dans une future destination qu’elle souhaite visiter avant Noël, mais dont le choix n’est pas encore arrêté.