En tout, Véronic DiCaire empruntera la voix d’une cinquantaine de personnes «dans une mise en scène réglée au quart de tour», promet-on.

Véronic Dicaire: un peu plus haut, un peu plus loin

La carrière internationale de Véronic DiCaire a pris un tel essor ces dernières années qu’on ne doit pas s’étonner d’en avoir perdu des petits bouts. Entre l’Amérique, l’Europe, l’Australie et l’Asie, l’imitatrice endosse ses personnages comme une seconde peau, en veillant habilement à s’adapter à chaque marché qu’elle convoite. Et ça marche.

Quand La Voix de l’Est l’a jointe récemment, elle venait d’atterrir à Montréal, à peine revenue d’un spectacle privé en Suisse et d’une tournée de promotion en Belgique. Elle et son inséparable conjoint/gérant, Rémon Boulerice, se promettaient bien de passer le temps des Fêtes au Québec et d’y rester jusqu’en mars prochain.

Mais pour le « power couple », ce retour à la maison ne signifie en rien le repos des guerriers. C’est plutôt le début d’une — autre — nouvelle aventure au long cours. 

Lancée cette semaine à Saint-Jérôme, la tournée Véronic DiCaire - En spectacle ne se limitera pas qu’au Québec. Le même spectacle fera des allers-retours en Belgique, en France et en Suisse durant trois ans. Un concept s’adressera toutefois au public québécois, tandis que l’autre sera adapté à l’Europe. 

« La base reste la même, mais des imitations changent pour l’Europe. On garde les emballages, mais le contenu est révisé. Juste sur le plan de l’accent, je peux me permettre, ici, de jaser plus avec le public, de faire des clins d’oeil culturels et d’être plus à l’aise. Là-bas, je dois faire plus attention et être plus précise », confie-t-elle. Au lieu de cette production double, n’aurait-il pas été plus simple de se concentrer sur un continent à la fois ? « Non. Quand on part trop longtemps, c’est très difficile de repartir la machine. Il faut tout refaire, la promotion et tout. Alors que si on entretient la relation, c’est plus simple. Je n’ai pas le choix de faire deux spectacles à la fois, car les références ne sont pas les mêmes ici et là-bas. Mais c’est un beau défi. On ne s’ennuie pas ! »

Elle ne le fait pas par peur d’être oubliée, assure-t-elle, mais plutôt « par souci de travail et de timing ».

Se renouveler

Pour ce spectacle éponyme, Véronic DiCaire souhaitait se renouveler et explorer de nouveaux filons. Son fil conducteur : offrir aux spectateurs « une montagne russe d’émotions ». 

« Il y aura un répertoire nouveau, mais on reste dans l’imitation. On garde les voix classiques, comme Céline Dion ou Ginette Reno par exemple, mais dans un autre contexte, un autre contenu. Je n’avais plus envie de faire chanter Titanic à Céline et Un peu plus haut, un peu plus loin à Ginette Reno. »

À elles se joindront de nouvelles voix, comme Charlotte Cardin, Safia Nolin et celles de chanteuses contemporaines anglophones. Elle se permettra aussi un clin d’oeil à son passé de comédies musicales, avec Grease et Chicago. « Il y aura aussi des vieilles voix ! » lance-t-elle, en annonçant un segment consacré à Jeunesses d’aujourd’hui, avec les Michèle Richard et Jenny Rock de ce monde. « C’est une époque archi intéressante au plan de la musicalité et qui nous a marqués. Je n’avais pas encore touché à cette époque et j’avais envie d’y plonger. »

En tout, elle empruntera la voix d’une cinquantaine de personnes « dans une mise en scène réglée au quart de tour », promet-on.

« On est au début de la tournée, il y aura des ajustements, c’est certain. Mais on est prêt. On a une super scénographie avec quatre musiciens et six danseurs qui m’accompagnent. On tenait à offrir une facture visuelle intéressante et à gâter les gens. Ils se déplacent pour venir me voir et j’aime leur offrir un bon rapport qualité-prix. C’est important pour moi. »

Pas question, donc, de se limiter à une simple mise en scène musique/voix. Elle préférait en mettre plein la vue. « C’est comme un magicien. Un moment donné, les gens comprennent les tours et ont envie d’autres choses. J’avais le goût de m’entourer d’une équipe complète. »

Insérées dans son horaire déjà chargé, il y aura également des percées, en 2019, en Australie et en Nouvelle-Zélande, où elle présentera le spectacle qu’elle a offert en anglais à Las Vegas, mais en version revampée. 

Sur ce marché qu’elle a déjà exploré en assurant la première partie de Céline Dion en tournée, Véronic DiCaire fonde beaucoup d’espoir. Elle y voit d’ailleurs plusieurs ressemblances avec le Québec, à commencer par la simplicité et la spontanéité des deux peuples. Déjà, les gens la reconnaissent, alors aussi bien en profiter.

Bref, Véronic DiCaire sait que les trois prochaines années de sa vie seront arrangées comme du papier à musique. Elle sait déjà, par exemple, que le 28 février 2020, elle sera à Dijon en France... De quoi donner le tournis, non ? « Moi, ça me rassure ! C’est important d’assurer une telle longévité parce que j’aime beaucoup mon équipe et que je veux la garder ! »

LE SCANDALE ONTARIEN

Au moment de l’entrevue, le gouvernement de Doug Ford venait d’annoncer qu’il annulait le projet de l’Université de l’Ontario français et qu’il abolissait le poste de commissaire aux services en français. 

Elle-même Franco-Ontarienne, Véronic DiCaire a déploré la situation. « On était à l’extérieur du pays lorsque c’est arrivé, mais je trouve très beau de voir les francophones de partout au Canada se mobiliser pour la cause. J’espère que ça ne restera pas là. Malheureusement, il faut toujours rappeler notre présence. Ce n’est jamais acquis, c’est un travail constant. Il faut absolument garder le français vivant au Canada », a-t-elle commenté.

Devant la grogne populaire, rappelons que le premier ministre ontarien a depuis accepté de rétablir certains services aux francophones.

ENVIE D'Y ALLER ?

Quand: mercredi 5 et jeudi 6 décembre à 19 h 30

: Palace de Granby

Quand: 29 janvier à 20 h

: Salle Maurie-O'Bready de Sherbrooke

Billets: www.ovation.qc.ca