Pour bien comprendre son univers, l’auteur-compositeur-interprète Étienne Coppée n’hésite pas à la situer entre «le spleen de Charles Baudelaire et un golden retriever».
Pour bien comprendre son univers, l’auteur-compositeur-interprète Étienne Coppée n’hésite pas à la situer entre «le spleen de Charles Baudelaire et un golden retriever».

Une troisième demi-finale dans l’ombre au FICG

Marie-Ève Lambert
Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est
Soirée plus tranquille au 52e Festival international de la chanson de Granby, jeudi soir. Si le talent ne manquait pas, aucun des demi-finalistes ne nous a semblé se détacher du lot, mis à part Étienne Coppée et sa «doudou musicale», a-t-on envie de l’appeler.

Attendrissant à souhait, le Montréalais est littéralement venu bercer nos âmes avec une douceur inespérée, autant au ukulélé qu’au piano, le temps de ses trois chansons offertes en version quasi acoustique.

Pour bien comprendre son offrande tout en douceur, l’auteur-compositeur-interprète n’hésite pas à la situer entre «le spleen de Charles Baudelaire et un golden retriever».

On se voit d’ailleurs très bien l’écouter en mou, près du foyer, un verre de rouge à la main lors d’un soir de météo capricieuse.

«Ma musique est à l’âme ce que le spaghetti de papa et maman est au réconfort», affirme consciemment le sympathique artiste à la bonhommie très rafraîchissante.

Mélange de reggae, de folk et d’électro aux effluves de musique du monde, la proposition de Sarah-Anne LaCombe et Mathieu Gauthier, qui forment le duo De Flore, avait quelque chose d’aérien et de mystérieux qui n’était pas sans intérêt.

Juste avant, De Flore avait aussi réussi à capter notre attention avec son électro-roots à la fois léger et dramatique, intime et éclaté.

Mélange de reggae, de folk et d’électro aux effluves de musique du monde, la proposition de Sarah-Anne LaCombe et Mathieu Gauthier avait quelque chose d’aérien et de mystérieux qui n’était pas sans intérêt.

Le duo ontarien a d’ailleurs été sacré artiste coup de coeur Radio-Canada en mars dernier.

Manque de maturité

C’est l’auteure-compositrice-interprète BéLi qui a mis la table à cette troisième demi-finale du FICG. Originaire de Saint-Alphonse-de-Granby, Ariane Béliveau de son vrai nom a ouvert le bal au clavier avec une composition très électro-pop planante, suivie d’une Lolita aux influences hip-hop marquées puis de sa chanson Bipolaire, composée lors de son passage à l’École nationale de la chanson en 2018-2019.

Si son projet mérite attention, il ne nous a toutefois pas semblé mûr pour la prochaine étape, manquant entre autres choses de maturité scénique.

L’auteure-compositrice-interprète BéLi, de St-Alphonse de Granby, a mis la table pour la troisième soirée de demi-finales du Festival international de la chanson de Granby.

Après elle, Mille Piastres Please nous a servi un univers «forgé par la musique de rue», de son propre aveu. Le chanteur, violoniste et leader du groupe, Jo Millette, a effectivement fait ses classes dans le métro de Montréal durant plusieurs années. Entouré de cinq talentueux musiciens, il a littéralement garroché son «amalgame de notes impolies et de textes impossibles», tel qu’il décrit son style.

Pas inintéressante, sa proposition nous a toutefois semblé manquer du oumpf! nécessaire pour se démarquer. Car, avouons-le, ce n’est pas le talent qui manquait au sein du sextette. Jo Millette, soulignons-le, a même participé à la trame sonore du dernier film d’André Forcier, Les fleurs oubliées.

Pop scintillante et rap engagé

Chloé Doyon, tout de suite après, nous a invités à danser au son de sa pop éclectique saupoudrée d’électro et de musique du monde. Si elle n’était pas originaire de la Beauce, on aurait juré qu’elle avait des racines latino. Mais non. Elle a d’ailleurs rendu hommage à sa tante qui a performé aux Soirées canadiennes avec sa première chanson, Youppe Youppe.

Il n’y a pas à redire: la jeune femme a la voix, l’attitude et le physique pour faire ce qu’elle fait. Elle transporte en plus un pas pire bagage, elle qui a déjà entonné les hymnes nationaux au Centre Bell avant les matches des Canadiens de Montréal et qui a fait La Voix en 2018. Mais donnons-lui le temps de mijoter son projet solo, qu’elle a entamé au début de 2020 seulement.

Pour terminer la soirée, FIDES nous a rappé son engagement envers divers problèmes de société. Exploitation sexuelle, dépendances aux substances, violence... aucun sujet n’est tabou pour Marilou Lavoie et ses deux musiciens, Kola et Jeff.

Dans un hip-hop teinté de jazz et d’électro, le trio montréalais a égratigné nos coeurs et nos oreilles avec des textes percutants dans une langue qui oscille entre le français standard et le joual québécois. Mais il manquait d’énergie dans leur rendu pour alléger un peu leur offrande.

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AU PROGRAMME LE VENDREDI 21 AOÛT

Quatrième soirée de demi-finales avec:

  • Mclean (Sudbury, Ontario)
  • Sandrine St-Laurent (Montréal, Québec)
  • Samuel Mallais (Petit-Rocher, Nouveau-Brunswick)
  • Bagaï (Montréal, Québec)
  • Cayenne (Cowansville, Québec)
  • RSVP (Québec, Québec)

La diffusion a lieu gratuitement à 19 h 30 sur la page Facebook, le compte YouTube et la page officielle du Festival international de la chanson de Granby (www.ficg.qc.ca).