La murale est l’affaire de centaines de personnes, dont l’enseignante Amélie Loyer, les céramistes Michel Louis Viala et Sara Mills, ainsi que la mosaïste Isabelle Marissal.

Une fresque géante pour les 50 ans de Massey-Vanier

Avoir 50 ans, ça se fête. À l’école secondaire Massey-Vanier, il n’était pas question de passer ce demi-siècle sous silence. Pour immortaliser l’événement, une immense mosaïque colorée chapeautera bientôt l’entrée extérieure de la polyvalente bilingue. Un travail de moine qui a mobilisé des centaines d’élèves, mais aussi des artistes, des enseignants et des bénévoles de toutes les générations.

Dans un local de l’école cowansvilloise, quatre grands ados s’affairaient, lundi, à tailler et coller, un à un, les morceaux de tuile qui ornent désormais dix grands panneaux de contreplaqué transformés en œuvres d’art. Mis bout à bout, ils formeront une mosaïque longue de 80 pieds, soit l’équivalent de la largeur d’une patinoire nord-américaine !

L’idée a été lancée et portée par les enseignantes en arts Marie-Claude Thivierge, Véronique Frégeau, Tanya Auclair, Julie Martin et Amélie Loyer. Ensemble, elles ont convenu qu’une fresque géante pouvait résumer de belle façon les 50 ans de l’établissement.

L’inspiration est venue de multiples recherches, allant de vieux albums de finissants aux anciens logos des équipes sportives, en passant par les souvenirs en vrac de tout un chacun. On a même demandé aux élèves actuels de soumettre sur dessin leur perception de la vie à Massey-Vanier.

La tête remplie de toutes ces images, Marie-Claude Thivierge a ensuite pondu une maquette illustrée où tous les grands thèmes étaient rassemblés : robotique, arts, sports et plus.

Pour mener ce grand projet à terme, l’équipe a fait appel à l’expertise de trois artistes professionnels. La mosaïste Isabelle Marissal et les céramistes Sara Mills et Michel Louis Viala ont répondu avec enthousiasme à l’invitation.

On estime à plus de 35 000 le nombre de tesselles nécessaires à la fabrication de la mosaïque.

Des chiffres impressionnants

« Les élèves ont fabriqué de A à Z pas moins de 900 tuiles de 6 pouces sur 6 pouces. On les a accompagnés dans tout le travail de céramique. Et il fallait que les tuiles résistent à l’hiver », indique M. Viala.

Mais ce n’était là que la première partie du travail. Fabrication des panneaux, décalque des motifs à grande échelle, taille minutieuse des tuiles colorées en des milliers de tesselles (petits morceaux à la base d’une mosaïque), collage de tous ces petits morceaux... durant trois mois, près de 1000 élèves anglophones et francophones ont mis leur touche à la mosaïque. Combien d’heures ont été investies ? « C’est innombrable », affirment les responsables.

Et force est de constater que le résultat, presque achevé, est impressionnant. Aux tesselles de céramique se fondent des fragments de miroir et de verre. En tout, c’est plus de 35 000 morceaux qui auront été utilisés !

« Là, l’opération coulis s’en vient », affirme Isabelle Marissal, qui collabore pour la première fois à un projet d’une telle ampleur. La dame retient d’ailleurs l’engagement et la fierté des jeunes participants dans ce minutieux processus.

L’enseignante Amélie Loyer constate, elle aussi, les multiples effets positifs qu’a eus la fabrication de la mosaïque sur les élèves. « Les jeunes voyaient la portée de leur geste sur l’ensemble de l’œuvre. C’est très formateur, et très rassembleur aussi. »

« On va sentir la main de tout le monde dans ce projet, du plus jeune au plus vieux. Je ne voulais pas que ce soit trop linéaire », fait remarquer Isabelle Marissal. « Ce sera donc parfaitement imparfait ! » ajoute en riant Amélie Loyer.

La mosaïque, qui a nécessité un budget de près de 35 000 $, devrait être dévoilée lors de la rentrée scolaire de septembre prochain.