Le Néo-Brunswickois Pierre Guitard a gagné pas mal de galons, s'est défini, poli comme artiste depuis son premier passage au Festival de la chanson de Granby, en 2014.

Une demi-finale qui rock

Ça a rocké pas mal vendredi soir au Palace de Granby lors de la troisième demi-finale du Festival de la chanson de Granby. Si personne ne s'est vraiment clairement démarqué - c'est sans doute la soirée la plus balancée depuis mercredi -, on a vu défiler de très belles performances, dont certains artistes qu'on ne serait pas surpris de retrouver en finale. On a en prime assisté à la plus solide première partie jusqu'à présent.
Des quatre auteures-compositeures-interprètes qu'on avait entendues jusqu'à maintenant, Sophie Villeneuve était probablement celle qui nous offrait la proposition la plus originale.
C'est Sophie Villeneuve qui a parti le bal. Québécoise expatriée au Yukon, elle nous a d'abord bercés au piano avec Petit coeur en laine avant d'augmenter le tempo sur sa guitare avec Pantin, qui surfait à cheval entre le folk rock et le country.
Si sa voix n'est pas la plus exceptionnelle - elle gagnerait d'ailleurs sans doute à être travaillée-, elle est bien comblée par ses talents d'auteure-compositeure et de multi-instrumentiste.
Charismatique et authentique, elle a su gagner un public qui l'a chaudement applaudie à la fin de sa prestation. Des quatre auteures-compositeures-interprètes qu'on avait entendues jusqu'à maintenant, c'était probablement celle qui nous offrait la proposition la plus originale.
Le Néo-Brunswickois Pierre Guitard lui a succédé sur scène, et à son tour, a entamé tout en douceur avec une balade, Marianne.
S'il assume parler rarement de bonheur dans ses chansons, il a démontré un petit côté pince-sans-rire dans ses interventions qui venaient contrebalancer à merveille la lourdeur de ses textes.
Le gars de 24 ans en était à sa deuxième participation au Festival, sa première remontant à 2014. Il avait alors eu un passe-droit pour les demi-finales en ayant gagné le Festival de Caraquet et se sentait imposteur. Il souhaitait revenir pour prouver qu'il méritait sa place. Et il l'a bien prouvé.
En entrevue avec La Voix de l'Est, il disait avoir travaillé très fort durant trois ans, et force est d'admettre qu'il n'a pas dû chômer. Il a effectivement gagné pas mal de galons, s'est défini, poli comme artiste. Et il a certainement sa place dans le paysage musical. 
La « rockeuse littéraire » Mélodie Spear s'est ensuite amenée sur scène avec sa fougue incontestable. Pour une jeune fille de 19 ans, elle s'est montrée plutôt bien assumée et dégourdie. On salue en outre l'audace de son style ; il n'est pas fréquent de voir des jeunes filles se lancer dans le rock en solo !
Avec son hip hop engagé, le rappeur Kimya nous a bien émus avec <i>Comment vous dire?</i>, dédiée à sa mère.
Après l'entracte
Le trio Violence gratuite est monté sur scène au retour de l'entracte. Avec un nom pareil, on se doutait bien que les gars ne faisaient pas dans la dentelle. Après une courte introduction pas mal hard, les Montréalais ont baissé le ton de quelques décibels pour offrir leur véritable répertoire, qui se rapproche à certains moments davantage du punk rock.
Entre Passé date et Lousse l'étau, les musiciens ont même admis sortir de leur sous-sol pour la première fois, ce qui n'a pas manqué d'être souligné avec chapeaux pointus, flûtes d'anniversaire et un toast avec l'équipe technique. Bien qu'ils n'aient rien à envier à bien d'autres candidats, on leur laissera certainement parcourir quelques milles avant de les faire passer en finale.
Le rappeur Kimya, originaire de la République démocratique du Congo, mais établi à Ottawa, a probablement été le meilleur des trois candidats de la deuxième partie. Avec son hip-hop engagé, il nous a bien émus avec Comment vous dire ? , dédiée à sa mère. Pour tout dire, il a lui-même été ému aux larmes durant son interprétation, mais il a su poursuivre avec brio malgré tout. Chapeau pour ce professionnalisme, qu'il a démontré tout au long de sa présence sur scène.
L'ex-candidate à La Voix Lou-Adriane Cassidy a clôturé la soirée de son folk pop. À l'instar de Sophie Villeneuve, on a bien apprécié sa signature, surtout Ça va ça va, la toute dernière. On aime mieux vous le dire tout de suite : attention au vers d'oreille ! Ça turlute encore dans notre tête. Mentionnons qu'en prime, la jeune fille de Québec possède une très jolie voix, et un timbre unique.
Trois jeunes de la région au Petit festival
Trois jeunes filles de la région seront en action à la 4e édition du Petit festival ce week-end. Laurie Codère, de Cowansville, est finaliste dans la catégorie 6-9 ans, tandis que Mélodie Hébert, de Saint-Joachim-de-Shefford, et la Granbyenne Rose Choinière font partie des demi-finalistes dans la catégorie 10-13 ans.
Les demi-finales auront lieu samedi soir, 19 h, à l'église Saint-George, tandis que les finales des deux catégories se tiendront au même endroit dès 15 h dimanche. Au total, 2000 $ seront remis en prix aux lauréats du concours avec, pour la première fois, un prix spécial coup de coeur, soit un enregistrement en studio.
Les deux lauréats auront également la chance de se produire lors du spectacle de clôture du festival, le 16 août, au parc Daniel-Johnson.
Au programme samedi soir
PALACE DE GRANBY, 19 H 30
Quatrième demi-finale avec :
Fabrice Koffy (Montréal, Qc)
Brandon Girouard (Kapuskasing, Ont.)
Rosemary Mc-Comeau (Québec, Qc)
Escabo (Laval, Qc)
Alicia Deschênes (St-Agapit, Qc)
Maud Evelyne (Montréal, Qc)
ÉGLISE ST-GEORGES, 19 H
Petit Festival - Demi-finale 10-13 ans
Au programme dimanche
ÉGLISE ST-GEORGES, 15 H
Petit Festival - Finales 2 catégories