La collection de Stéphane Chatelain est estimée des amateurs de musique métal de partout sur la planète.

Une collection de black metal unique au monde

Peu de personnes connaissent l’emplacement réel du Helvete Shop à Granby. Pourtant, la boutique en ligne expédie aux quatre coins du globe disques, vêtements et matériel promotionnel de groupes de musique black metal méconnus du grand public.

Une faible lumière éclaire le local aménagé en véritable musée du black metal, un sous-genre extrême de la musique métal. Le noir et les symboles sataniques sont à l’honneur autant sur les murs que sur les pochettes d’albums. Des centaines de disques vinyles, de cassettes, de t-shirts défraichis et d’articles promotionnels sont disposés dans un certain chaos.

Difficile de cerner ce qu’est exactement le Helvete. La boutique en ligne n’a pas pignon sur rue et son emplacement n’est révélé que sur demande. Cependant, le maître des lieux accepte les visiteurs qui ont pris rendez-vous avec lui. « Je ne suis pas un disquaire, explique Stéphane Chatelain. Plutôt un archiviste ou un collectionneur. »

Rayonnement international
Stéphane a beaucoup de difficulté à nommer un pays où il n’a jamais eu de clients. « La Chine ? Oui ! L’Australie ? Oui ! ». Il faut dire qu’il possède des objets d’une grande rareté au sein de sa collection et qu’il s’est forgé au fil des ans une réputation d’expert.

Mais comment une telle collection — principalement composée de groupes de black metal et de death metal européens et nord-américains — a atterri à Granby ? Ces groupes, qui n’avaient aucune chance de percer l’industrie musicale traditionnelle, correspondaient avec leurs fans. « Parfois, je recevais une dizaine de démo par jour », se souvient M. Chatelain. Les lettres pouvaient également être accompagnées de « flyers » présentant le groupe. Stéphane en a plus de 8000 et certains peuvent valoir jusqu’à 40 $.

Les vieux vêtements à l’effigie des groupes sont également prisés par certains amateurs ; le collectionneur indique avoir déjà vendu des chandails à 400 $.

S’ajoutent à cela des magazines spécialisés, des photos et des lettres.

Évidemment, il s’agit d’un marché de niche. Le black metal est probablement moins populaire aujourd’hui qu’il y a une vingtaine d’années, mais internet permet à des collectionneurs comme Stéphane de rejoindre des mordus de ce genre de musique aux quatre coins du globe.

Un drôle d’archiviste
Stéphane Chatelain n’est pas un archiviste traditionnel. Il ne tient pas de registre exact de ce qui entre ou sort de sa collection. Pourtant, il a largement contribué au site internet Obituaries Quebec qui s’était donné comme mission de répertorier tous les groupes de métal québécois qui ont au moins sorti une démo. « Le projet a été victime de sa popularité ; on a dû arrêter parce que ça nous prenait trop de temps », explique le « métaleux ».

C’est la disparition de ce site qui aurait motivé le journaliste Félix B. Desfossés à débuter ses recherches pour le livre L’évolution du métal québécois. D’ailleurs, le Granbyen a partagé ses connaissances sur la scène régionale de l’époque au journaliste et devrait contribuer de nouveau pour la seconde partie du projet qui parlera alors des années 90.

Bien que Stéphane Chatelain aime entretenir un certain secret autour de sa boutique, il est toujours possible de le contacter via la page Facebook de la boutique pour se procurer certaines pièces de sa collection.