Steve Grenier, François Perron, François Rainville et Andrew Wells-Oberegger forment le quatuor Skarazula, spécialisé dans la musique ancienne inspirée de l’Europe médiévale et de l’Orient ancien.

Un voyage musical dans le temps

Ce week-end, pas besoin d’aller bien loin pour être dépaysé. Le quatuor Skarazula vous invite au Centre culturel St-John pour faire avec eux un voyage musical dans le temps et autour du globe.

Ils débarqueront à Bromont ce dimanche avec, dans leurs valises, des airs turcs, kurdes, arabes, bulgares et juifs, entre autres, ainsi qu’une vingtaine d’instruments aux noms tous plus curieux les uns que les autres : ney, kaval, chalémie, oud, saz, bouzouki, psaltérion et quoi encore. La grande majorité d’entre eux sont même fabriqués par les membres fondateurs du groupe, Steve Grenier et François Rainville !

« Venir nous voir, c’est, en plus d’assister à un spectacle divertissant, suivre un cours d’histoire, de géographie et de musique », lance le flûtiste de la formation, François Perron.

Spécialisé dans la musique ancienne inspirée de l’Europe médiévale et de l’Orient ancien, le quatuor complété par Andrew Wells-Oberegger revisite les répertoires — du XIIe au XVIe siècle — des différentes cultures concernées, en plus de présenter leurs propres créations suivant les modes de composition de l’époque. « On se donne quand même une grande liberté », glisse M. Perron.

Si les deux premiers albums de la formation — Ostara (2004) et Litha (2007) — se concentraient davantage sur la période médiévale, Sambain (2012) a marqué un tournant pour les musiciens, qui ont davantage exploré les sonorités orientales.

Depuis, raconte le flûtiste, Skarazula se consacre beaucoup plus à la musique du monde, et c’est ce spectacle, plus grand public que le précédent, que les musiciens promènent un peu partout.

Musique, reflet d’une culture
François Perron raconte qu’en tant que musicien, il est très satisfaisant d’explorer les styles musicaux ancestraux puisqu’ils fonctionnent par modalité plutôt que par tonalité. « Il n’y a pas d’accords et d’harmonies comme c’est le cas en classique ou en musique populaire ou contemporaine, explique-t-il. Ça donne une immense liberté pour improviser, encore plus qu’en jazz, où les harmonies sont extrêmement poussées, puisqu’on improvise sur une seule note. »

Des ambiances particulières sont ainsi créées, poursuit-il, qui en disent beaucoup sur les différentes cultures. « Plus on creuse, plus on se rend compte que tout est imbriqué. Au même titre que la langue maternelle, par ses couleurs propres, influence la façon de penser d’un peuple, sa façon de penser influence sa façon de faire de la musique, et donc celle-ci n’est que la pointe de l’iceberg d’une culture. »

Bien que riche en informations et découvertes de toutes sortes, les spectacles de Skarazula ne sont pas didactiques et ennuyeux pour autant, avertit François Perron. « Il y a vraiment une énergie de “soirée canadienne”, mais sans les traditionnelles cuillères et ceintures fléchées », image-t-il.

D’ailleurs, saviez-vous que le nom du groupe, Skarazula, est inspiré du mot italien schiarazula, qui veut dire roseau ? En plus d’être une petite flûte, c’est aussi une plante qu’on brûlait, au XVIe siècle, lors de cérémonies visant à chasser les mauvais esprits, explique le musicien. « La musique joyeuse aussi chasse les mauvais esprits et les idées noires », souligne François Perron pour terminer... sur une bonne note !