«Mon spectacle, c’est de l’humour visuel et auditif. C’est très coloré. Il y a beaucoup de surprises dans mes valises et quelques chansons», affirme Daniel Grenier.

Un premier spectacle solo pour Daniel Grenier

Depuis la dissolution des Chick’n Swell en 2014, Daniel Grenier a regagné sa place en humour, à la dure, une blague à la fois. Avec J’adore, son premier spectacle solo, il prouve que le plaisir de la scène ne l’a jamais quitté.

L’humoriste n’a jamais caché que cette rupture avait été difficile à vivre. Il lui a fallu retrouver ses repères, faire son propre nom et apprivoiser la scène autrement.

D’abord perçue comme un passage obligé — « ça prenait ça, même si ce n’était pas agréable à vivre », dit-il —, cette période lui a néanmoins permis de se forger un style unique, à son image. Il refuse cependant de parler de remise en question. « C’est juste la vie qui continue. C’était l’fun avec les Chick’n Swell, mais là, je suis content de faire ce que j’aime. »

C’est le mot liberté qui décrit le mieux ce que Daniel Grenier ressent maintenant qu’il fait son chemin en solitaire. Avec ses trois valises, son décor minimaliste et sa guitare, il peut faire ce qui lui tente et jouer n’importe où. Et il ne s’en prive pas.

« J’ai fait quatre fois plus de spectacles solos en presque cinq ans qu’en 23 ans avec les Chick’n Swell », fait-il remarquer.

Il a notamment assuré la première partie de Mike Ward, il a animé dans des bars et il achève présentement une tournée avec Martin Matte pour qui il réchauffe la salle avec succès. « Martin a un large public et ça marche super bien pour moi. C’est une belle carte de visite. »

Mais son bébé, c’est son premier one-man-show, J’adore, qu’il présentera au Cabaret Eastman ce samedi, juste avant sa première officielle à Montréal lundi prochain.

Fierté et travail

« C’est une grande fierté pour moi de faire un show seul et d’être capable de faire rire sans les autres. Malgré mon âge — j’ai 46 ans —, je suis retombé dans la relève de l’humour, comme un p’tit nouveau. »

Et comme un p’tit nouveau, il en a bûché un coup. « J’ai tellement travaillé pour faire ce show-là. Et j’avais besoin d’aller me casser la gueule dans les soirées de rodage et les premières parties pour me préparer. Quand les gens payent 60 $ pour PAS te voir, c’est pas toujours facile. Maintenant, je peux jouer n’importe où, devant n’importe qui. Je suis capable ! »

Tombé jeune dans la marmite du gag visuel et de l’absurde, Daniel Grenier ne s’en est pas vraiment éloigné. « J’ai écrit durant 23 ans pour les Chick’n Swell. Ç’a été une super école pour moi. Alors tout ce que j’écris aujourd’hui, c’est ce que j’ai travaillé durant toutes ces années. C’est un peu une continuité. Mon spectacle, c’est de l’humour visuel et auditif. C’est très coloré. Il y a beaucoup de surprises dans mes valises et quelques chansons. » Parce que oui, le monsieur est aussi auteur-compositeur-interprète.

Selon lui, le secret d’un bon fou rire tient d’ailleurs de la surprise et du plaisir. « Quand on s’amuse sur scène, le public s’amuse. Et quand on arrive à le surprendre, c’est wow. »

Pour y arriver, il traîne dans ses vieilles malles une panoplie d’accessoires farfelus. Une poupée, un faux chat, des banderoles de charade, tout est prétexte à la blague. « Je trouve des affaires dans des marchés aux puces. Des fois, je vois un objet cool et je l’achète, en me disant qu’il faut que je fasse une joke avec. J’en ai acheté des gogosses pour rien ! »

Même chose pour les blagues qui, en presque cinq ans d’écriture, se sont accumulées jusqu’à composer un — très — large répertoire. « J’ai juste gardé les meilleures ! », lance-t-il comme une évidence. Quand on lui souligne qu’il aurait déjà assez de matériel pour faire un autre spectacle, il réplique du tac au tac. « En ce moment, j’ai du stock pour faire deux autres shows... vraiment mauvais ! »

Et même s’il aime jaser, ne vous étonnez pas d’apprendre que son prochain spectacle pourrait être muet. « Ça me tenterait. J’ai beaucoup de gags muets qui fonctionnent bien. »

Drôle de moineau

Daniel Grenier est un drôle de moineau. Mais son imaginaire foisonnant le fait souvent passer pour ce qu’il n’est pas... « Le monde pense que j’en fume du bon et que je suis buzzé. Pantoute ! Je ne prends rien, ni drogue, ni alcool », déplore celui qui est ceinture noire en karaté.

Chose certaine, son humour déjanté compte son lot d’adeptes. La semaine dernière, il a d’ailleurs reçu un étrange commentaire de la part d’un ado de 16 ans venu voir le spectacle de Martin Matte, sans savoir qu’il apparaissait en première partie. Daniel Grenier en rigole encore.

« Il m’a lancé qu’en voyant ma valise sur la scène avant le show, il s’était dit : ‘‘Yes, c’est le vieux chauve des Chick’n Swell ! ’’ Je pense que c’était un compliment... »