Ivanie Boivin et Rosalie Berger, qui dansent et enseignent à l’Agora de la danse de Granby et Bromont, viennent d’être sélectionnées pour faire partie du ballet Casse-Noisette produit depuis 56 ans par les Grands Ballets canadiens.

Un Noël magique pour deux ballerines

À peine sorties de la rentrée, Rosalie Berger et Ivanie Boivin ne pensent qu’au temps des Fêtes. Les deux jeunes femmes viennent d’être choisies pour faire partie de la distribution du célèbre conte féerique Casse-Noisette présenté chaque année par les Grands Ballets canadiens. Un rêve devenu réalité pour ces ballerines qui évoluent à l’Agora de la danse de Granby depuis l’enfance.

Il était toutefois minuit moins une au moment de passer les auditions... Confuses dans leur horaire, Rosalie, qui souhaitait interpréter un ange, et Ivanie, qui espérait jouer un rat, ont finalement auditionné pour d’autres rôles destinés aux « enfants » dans le légendaire ballet. Et la chance leur a souri.

Du 12 au 30 décembre, Rosalie, 15 ans, incarnera un des 16 rats de l’histoire. Elle montera ainsi sur les planches de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts de Montréal. Au total, 19 pratiques sont au programme d’ici la première représentation.

De son côté, Ivanie, 17 ans, se glissera sous le pelage d’un des quatre rennes du conte. Elle sera de la distribution du spectacle présenté du 5 au 8 décembre sur la scène du Grand Théâtre de Québec. Six répétitions sont à l’horaire d’ici là, directement à Québec.

Pourquoi si loin ?

Simplement parce que l’horaire des pratiques et des spectacles prévus là-bas s’agençaient mieux avec son emploi du temps, elle qui étudie au Cégep, qui danse et qui enseigne la danse. Aussi, après avoir « oublié » les auditions à Montréal, Québec était pour elle sa dernière chance d’accéder à Casse-Noisette.

« Je ne voulais pas regretter de ne pas y être allée », explique-t-elle, présentement en deuxième année de sciences humaines au Cégep de Granby.

« Je suis vraiment contente d’avoir un pied dans les Grands Ballets, ne cache pas Rosalie, des étoiles dans les yeux. J’ai hâte de pratiquer avec tous ces grands danseurs. »

C’est que la jeune fille rêve depuis fort longtemps de percer dans le monde du ballet. Faire les auditions pour jouer dans Casse-Noisette, elle en parle à ses parents chaque année depuis au moins dix ans. « Mais avec trois enfants, notre semaine est remplie du lundi soir au samedi après-midi, raconte sa mère, Marie-Claude Gaboriault. C’était juste pas possible. On lui avait dit, “quand tu auras ton permis !” Mais quand elle est sortie de l’audition et qu’elle m’a annoncé qu’elle avait été retenue, j’ai dit “on va organiser l’horaire !” C’est son rêve. Comme celui de toutes les ballerines. »

« Oui, c’est comme un rêve, renchérit Ivanie. Je ne le réalise pas vraiment. J’étais stressée au bout et je ne connaissais personne... »

Accessibles à tous

Comme le fait remarquer la mère de Rosalie, la soixantaine de rôles réservés aux enfants dans le ballet hivernal Casse-Noisette sont accessibles à tous. « C’est une grosse production, mais ils la rendent accessible et ils encouragent la jeunesse à continuer », dit-elle. Par exemple, Rosalie, qui se dit « sur la limite », avec ses 5 pieds et 1 pouce, se disait heureuse de ne pas avoir été jugée sur sa grandeur.

« Pour les rats, c’est beaucoup d’interprétation, explique-t-elle. On doit faire tout ce que normalement on ne peut pas faire en ballet : dos rond, être en fermeture, etc. Quand on parle “d’accessibilité”, par exemple, une fille qui fait du théâtre a été retenue. Quand ils m’ont choisie, je voulais crier de joie ! C’était l’excitation totale ! »

Bien qu’elle mesure 5 pieds et 8 pouces, Ivanie, elle, a craint un instant que ses pieds lui jouent des tours en audition... « Je me disais, pour les rennes, les pieds, ça devait être super important... mais je n’ai pas d’arches ! (quand elle pointe les pieds) Finalement, ils m’ont choisie quand même ! »

En plus de leur technique, leur volonté et leur confiance auront permis aux filles d’accéder à leur rêve, estime la mère d’Ivanie.

« Elles font partie de l’équipe ! s’exclame Katie Girard. Elles vont vivre l’expérience Casse-Noisette. La scène, les coulisses. Elles vont danser et être coachées par les meilleurs. Quelle chance ! »

Le ballet Casse-Noisette tient ses origines du conte allemand Casse-Noisette et le Roi des souris, de Ernst Theodor Amadeus Hoffmann. Chaque année, les productions attirent jusqu’à 45 000 spectateurs. Au total, le spectacle présente 165 personnages sur scène portant plus de 300 costumes.