Le hautboïste de l’Orchestre symphonique de Montréal, Vincent Boilard, a offert un récital à Cowansville, dimanche.

Un hautboïste de l’OSM de passage au Musée Bruck

Méconnu, il est pourtant l’instrument vedette des premières notes du Lac des cygnes de Tchaïkovsky. Dimanche, en fin d’avant-midi, le hautboïste associé à l’Orchestre symphonique de Montréal, Vincent Boilard, est venu présenter ce membre de la famille des bois, en interprétant des compositions de Bach et de Britten.

Présenté dans le cadre de la programmation Sur la scène Davignon au Musée Bruck, à Cowansville, devant 50 personnes, le concert était le premier récital de M. Boilard, seul sur scène.

« Ça a toujours été un fantasme, avoue-t-il en entrevue. Les pianistes font tout le temps des récitals seuls et je me dis “pourquoi pas aussi le hautbois ? ”. C’est quand même très exigeant au niveau de la respiration, la gestion des instruments, des anches, des embouchures. Je me suis dit qu’avec une petite salle [comme celle du Musée Bruck], c’était un bon contexte. »

Il est arrivé sur la petite scène installée dans l’une des deux salles d’exposition avec trois instruments — deux hautbois, dont son « hautbois d’amour » et un cor anglais — et dans ses poches, deux petites boîtes contenant ses anches qu’il fabrique lui même.

Chaque anche convient à des conditions précises, déterminées notamment par l’humidité, la température ou l’altitude.

À la fois baroque et moderne

Le hautbois est un des premiers instruments à vent à avoir été intégré à un orchestre. « Au début, c’était juste des cordes. Tranquillement, le cor et le hautbois sont arrivés, suivis d’autres instruments à vent, raconte le musicien. C’est un instrument qui est quand même très vieux. À la base, c’était un instrument qui n’avait aucune clé, il y avait juste des trous comme une flûte, mais avec une anche double. Avec le temps, ils ont ajouté des clés. »

Présenté dans le cadre de la programmation Sur la scène Davignon au Musée Bruck, à Cowansville, devant 50 personnes, le concert était le premier récital de M. Boilard, seul sur scène.

Le hautbois est important dans un orchestre. Beaucoup de solos lui sont consacrés, particulièrement dans l’époque baroque, avec Bach par exemple. M. Boilard a par ailleurs interprété la Partita en sol mineur pour hautbois solo, de Jean-Sébastien Bach.

Durant le récital, il a aussi interprété six pièces de Benjamin Britten, compositeur britannique du début du 20e siècle. « Le compositeur s’est inspiré des Métamorphoses d’Ovide, un auteur latin né en 42 av. J.-C.. C’est sur les divinités de l’époque. Il a fait des histoires avec tout ça en mettant en scène les Dieux. Britten a pris six histoires et les a mis en musique. »

De la flûte à bec au hautbois

À l’âge de six ans, Vincent Boilard a commencé à jouer de la flûte à bec, à l’école primaire de Mont-Joli. À ses 11 ans, sa professeure, qui enseignait la musique aussi au secondaire, lui a suggéré quelques instruments à vent afin qu’il puisse jouer dans l’harmonie au secondaire. Il a jeté son dévolu sur le hautbois.

« J’avais entendu le hautbois dans des concerts d’orchestre et, à la maison, on avait des CD et j’appréciais le timbre. J’ai commencé à en jouer. Ça fonctionnait quand même bien avec mon tempérament. Le hautbois, c’est quand même un instrument qui a beaucoup de solos dans l’orchestre et même dans l’harmonie et j’aimais ça avoir le spotlight », dit-il en riant.

Son talent l’a mené au Conservatoire de musique de Québec, puis en Suisse où il a fait une maîtrise.

Pendant cinq ans, il a joué dans plusieurs petits orchestres et enseigné. En 2015, il a obtenu le poste de hautbois solo à l’Orchestre symphonique de Montréal.

Enfant, il ne se doutait pas qu’un jour il gagnerait sa vie en jouant de la musique. « C’est une passion que j’avais. J’ai eu de bons résultats dans des concours et des auditions et, petit à petit, je me suis dit que c’était possible. »