Andréanne A. Malette lancera son deuxième album, un disque éponyme, le 1er novembre lors d’un 5 à 7 au Corona, à Montréal. Tous sont bienvenus et c’est gratuit.

Un deuxième disque plus mature pour Andréanne A. Malette

Il y a un peu de chacun de ses fans sur le deuxième album d’Andréanne­ A. Malette. En début d’année, l’auteure-compositeure-interprète proposait 20 nouvelles compositions lors de trois spectacles interactifs à Montréal, Granby et Québec­ et demandait au public de voter pour ses chansons favorites. Les 12 plus populaires allaient se retrouver sur son nouvel album. Chose promise, chose due : un disque éponyme­ sortira le 3 novembre.

Pas de grand changement de ton dans la nouvelle proposition de celle qui a été révélée par Star Académie en 2012. À la différence que sa pop folk est cette fois agrémentée de cordes — « ce que je n’avais pas pu faire sur mon premier album et qui m’avait beaucoup déçue », dit-elle — et que ses textes se montrent plus matures, temps qui file oblige.

Si Bohème, son premier album sorti en mars 2014, surfait largement sur le thème de l’amour, il en est un peu moins question sur cette deuxième galette. « Il y a quand même des chansons d’amour, mais moins. J’avais aussi envie d’aborder autre chose. Et puis le fait que cet album a été fait sur une période de deux ans plutôt que sept, comme le précédent, a aidé en ce sens ; je n’ai pas vécu autant d’échecs amoureux épouvantables et en plus, je suis en couple et ça va bien », laisse savoir la jeune femme de 29 ans.

On sait déjà qu’il est question de maladie mentale, ou plutôt de l’impuissance face à la maladie mentale d’un proche, sur son premier extrait, Fou, dévoilé en tout début d’année et qui a connu un succès... fou ! La chanson a notamment été au top du palmarès de l’ADISQ pendant 16 semaines, numéro 1 du top 100 BDS pendant quatre semaines et s’est retrouvée parmi les cinq premières positions du top 100 Correspondants durant neuf semaines, dont une au sommet.

Avec Ici et ailleurs, le deuxième extrait qu’elle a dévoilé pour la rentrée scolaire, elle parle de confiance en soi. De l’importance d’être soi-même et d’oser prendre sa place. « C’est un peu mon histoire, celle de la petite fille timide qui est devenue une femme d’affaires un peu tête de cochon », dit celle qui a démarré sa propre boîte, les Productions Nia, plus tôt cette année et qui gère désormais sa carrière de manière indépendante, produisant elle-même l’ensemble de ses projets.

« Je l’ai écrite en pensant que si j’avais 13 ans aujourd’hui, je ne sais pas trop qui j’aurais comme modèle féminin..., poursuit-elle. J’ai l’impression que je serais bombardée de photos Instagram de femmes qui manquent... de substance­, disons ça comme ça. »

D’ailleurs, pour réaliser le vidéoclip de cette chanson, qui sortira dans environ deux semaines, la Granbyenne avait lancé un appel à tous sur les réseaux sociaux pour trouver des femmes inspirantes. « Des femmes déterminées, qui sortent des sentiers battus. J’ai une pilote de brousse, une dame qui a perdu 150 livres, la maman d’un garçon trisomique, une femme d’affaires, une camionneuse et une boxeuse professionnelle­ », indique-t-elle.

Sur Prendre le temps, c’est de la nature dont il est question. De son importance dans la vie de l’auteure-compositeure-interprète, qui affirme que se retirer dans le bois est « essentiel à [sa] survie », mais aussi de l’intérêt qu’on aurait tous à s’en inspirer. « Après une tempête, la nature prend son temps pour renaître, se refaire... »

Sur L’ancien temps, Andréanne A. Malette demande à sa grand-mère de lui raconter son époque parce qu’elle ne se sent pas à l’aise dans sa génération. Elle explique pourquoi dans une autre chanson, Seule. « Les amours sont éphémères et jetables. On préfère déshabiller nos corps plutôt que de s’apprivoiser par l’esprit. »

Mentionnons que ces cinq titres sont les cinq chansons préférées des quelque 300 personnes qui ont voté lors des spectacles interactifs.

Artiste engagée ?

Artiste engagée « psychologiquement parlant », Andréanne ? Elle s’esclaffe avant de répondre : « Tu m’aurais demandé ça il y a quelques années et je t’aurais dit un gros « no way, pas question d’aller là-dedans ! » Mais avec le premier album, je me suis rendu compte que mes chansons avaient un impact chez les gens. Qu’elles leur parlaient parce qu’ils pouvaient vivre les mêmes choses que moi. En leur demandant de choisir leurs préférées parmi mes compositions, je leur demandais un peu de choisir la trame sonore de leur vie. La création est ainsi devenue beaucoup moins égocentrique. C’est comme si le public avait agi à titre de directeur artistique. »

La réalisation, elle, s’est faite en collaboration avec Luc Tellier. « Je ne le connaissais pas beaucoup, mais quand son nom m’est venu en tête, mon instinct m’a dit que ça pourrait fonctionner. On a testé notre chimie avec Fou, et ça a vraiment cliqué. » Ils ont donc coréalisé­ les 12 titres de l’album.

Et qu’arrivera-t-il des huit autres chansons proposées lors des spectacles interactifs, celles qui n’ont pas été retenues ? « Certaines que j’aime beaucoup se retrouveront peut-être sur mon troisième disque, laisse entendre Andréanne A. Malette. D’autres seront peut-être offertes à d’autres chanteurs. D’autres seront carrément jetées à la poubelle, même si c’est triste. »

Le lancement du deuxième album d’Andréanne A. Malette se tiendra le mercredi 1er novembre lors d’un 5 à 7 au Corona, à Montréal. Tous sont bienvenus et c’est gratuit. Le disque éponyme sera disponible à compter du 3 novembre.

Absence remarquée à l’ADISQ

Bien que sa chanson Fou ait connu un immense succès depuis sa sortie, en janvier, elle ne figure pas parmi les nominées dans la catégorie Chanson de l’année au Gala de l’ADISQ, qui aura lieu ce dimanche soir. Une absence qui en a surpris plusieurs lors du dévoilement des nominations, à la mi-septembre, à commencer par la principale intéressée. Andréanne A. Malette se dit néanmoins en paix avec la situation.

« Je ne peux pas en vouloir à l’ADISQ. C’est un syndicat de producteurs de disques qui se font un party entre eux. Comme je suis indépendante, je ne fais pas vraiment partie de la famille. C’est juste plate que ce soit perçu par le public comme LE gala de la musique québécoise », affirme-t-elle.

«Pour ma part, mon cadeau, je l’ai eu quand ma composition a figuré au top du palmarès de l’ADISQ pendant 16 semaines et encore aujourd’hui, alors qu’elle se trouve toujours dans le top 10 (NDLR : en 7e position) après 40 semaines», prend-elle soin d’ajouter.

Elle sera néanmoins présente à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. « Je n’ai pas de crotte sur le coeur», assure-t-elle.