L’auteur-compositeur-interprète de Dunham Tiko

Un album made in Burkina Faso pour Tiko

Lorsque l’artiste Tiko a visité le Burkina Faso il y a trois ans, il n’aurait jamais pu imaginer à quel point cela allait influencer sa vie et sa musique. À tel point que le 8 février, il s’envolera de nouveau vers cette contrée africaine pour enregistrer son prochain album. Oui, la musique fait voyager !

Mais d’abord, retour sur ce premier voyage, où sa rencontre inopinée avec le reggae-man burkinabè Sana Bob a bousculé sa carrière. Véritable vedette dans son pays, Sana Bob a alors invité Tiko au studio où il préparait un album. Sur place, le Dunhamien a croisé le réputé musicien Seydou Koita qui, impressionné par son talent, lui a proposé de jammer avec lui.

« J’avais composé la chanson Vapor pour ma fille, et je lui ai montré la pièce. Il m’a suggéré de la mettre en musique avec un son américain, mais moi, je voulais un son africain », raconte-t-il dans son charmant français.

Après une semaine, Tiko était convaincu : il lui fallait absolument faire un album avec Seydou Koita, là, à Ouagadougou. En trois jours, six chansons sont gravées et deviennent l’album Vapor.

Ce n’est pourtant que la semaine prochaine, le 7 février, trois ans après cette mémorable séance d’enregistrement, que cet opus sera offert au public sur toutes les plateformes numériques, au grand bonheur du chanteur/musicien.

« Et le lendemain, je retourne au Burkina Faso pour faire un autre album avec Sana Bob, entre autres ! » Son séjour s’étirera jusqu’en avril. Durant deux mois et demi, Tiko se consacrera à la musique. Promotion de Vapor, création du nouvel album, collaborations avec plusieurs musiciens locaux, spectacles... Il s’en promet.

Mais pas seul. « Cette fois, je retourne de façon plus organisée, avec ma conjointe et mes deux enfants. On sera accueillis chez des gens qu’on a connus il y a trois ans, puis on séjournera dans un petit appartement. »

Tiko est tout à fait conscient que le Burkina Faso n’est pas le pays le plus sûr en ce moment. La vigilance sera de mise, assure-t-il. « Le monde entier est dangereux maintenant. Il faut reconnaître les endroits safe. Et la bonne nouvelle, c’est qu’on sera très souvent avec des gens locaux. Je ne suis pas inquiet, mais on prendra des précautions. »

Citoyen du monde

L’homme a l’habitude des voyages. Originaire du Guatemala, Tiko s’est établi au Québec il y a 11 ans, mais depuis cinq ans, il a fait de Dunham son port d’attache. Il raconte que la musique est arrivée dans sa vie lorsqu’il avait 14 ans. « J’ai commencé à chanter à cet âge, puis j’ai formé mon premier band à 16 ans avec un cousin et des amis. On jouait du métal. »

Au Guatemala, devant la difficulté qu’il éprouvait à vivre de sa musique, Tiko a jugé bon de s’installer dans une ville touristique où il a appris le latin jazz, plus prisé des visiteurs. « Quand je suis arrivé au Québec, je voulais jouer du métal, mais les gens ne me croyaient pas ! Les métalleux me fermaient la porte. J’ai donc changé mon instrument, la basse, pour la guitare et j’ai commencé à composer mes chansons. »

À son arrivée dans la région, il s’est rapidement joint à la formation multiethnique Trait d’union. « J’ai adoré la fusion de tous ces sons qui venaient de partout », dit-il.

Assez pour former, il y a quelques années, Lunatikos, un ensemble aux influences et aux origines multiples.

CD en trois langues

Cette soif de métissage, il l’étanchera bientôt à travers son immersion au Burkina Faso, où il compte créer un CD d’au moins huit chansons, qu’il composera sur place. Grâce aux musiciens invités, il compte y inclure des pièces en français, en espagnol, mais aussi en mooré, la langue principale du pays.

Artiste indépendant, Tiko espère obtenir une subvention du Conseil des arts et des lettres du Québec. Sinon, dit-il, il verra à financer lui-même le projet, en précisant que les coûts d’enregistrement sont moindres en Afrique.

La sortie de l’album est prévue pour la fin de 2020.