COVID oblige, les quatre soirées de demi-finales ont été préenregistrées dans un Palace transformé en véritable plateau de télévision.
COVID oblige, les quatre soirées de demi-finales ont été préenregistrées dans un Palace transformé en véritable plateau de télévision.

Un 52e Festival de la chanson de Granby entre défis et adaptation

Marie-Ève Lambert
Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est
Le Festival international de la chanson de Granby donnera le coup d’envoi à sa 52e édition ce mardi 18 août. Mais pour les 24 demi-finalistes, c’était cette semaine que tout se jouait. Présentées en mode virtuel cette année, COVID-19 oblige, les quatre soirées de demi-finales ont été préenregistrées dans un Palace transformé en véritable plateau de télévision pour l’occasion.

« Il n’était pas question d’offrir au public quelque chose qui aurait l’air d’un spectacle live enregistré. On voulait vraiment donner accès aux spectateurs à l’univers spécifique de chacun des demi-finalistes » , laisse tomber Jean-François Couture, responsable de la captation vidéo, de la scénographie et de l’éclairage.

« On a en quelque sorte essayé de donner un accès VIP aux spectateurs en les invitant à un live jam session, comme s’ils entraient dans une répétition, mais avec un plus professionnel, ajoute Robert Bellefeuille, le directeur artistique. Les artistes nous offrent une part d’eux-mêmes lorsqu’ils sont sur scène. Il fallait trouver un moyen de recréer cette bulle de proximité en l’absence d’interaction avec le public. »

Pour ce faire, la scène du Palace a été exploitée à son maximum : c’est là que tout le monde s’est installé pour travailler, les musiciens comme la régie technique. Et les responsables de la «sanitization»!

Travail en condensé 

En temps normal, les 24 demi-finalistes passent pratiquement tout le mois d’août à Granby. À travers les diverses formations, les répétitions et les soirées au Palace, il se tisse des liens et se crée une grande famille. Pas cette fois.

Dans la dernière semaine, chaque demi-finaliste est seulement venu passer deux jours à Granby, durant lesquels il a eu droit à 1 h 45 minutes de répétition, sous le regard attentif des professionnels gravitant autour du festival.

Ils ont bien reçu de précieux conseils en vue de la captation vidéo de leur passage en demi-finale le lendemain, mais ils n’ont pu côtoyer les autres candidats et l’équipe du festival comme ils l’auraient fait en temps normal. De ce fait, l’effervescence se sent beaucoup moins cette année, concède tout le monde.

Si les demi-finalistes n’ont aucun point de comparaison avec les années précédentes, les professionnels de l’industrie, eux, en ont un. « L’essentiel de notre job reste le même. C’est de valoriser chaque artiste, de les accompagner pour qu’ils se révèlent à nous » , indique Robert Bellefeuille.

«On a en quelque sorte essayé de donner un accès VIP aux spectateurs en les invitant à un live jam session, comme s’ils entraient dans une répétition», affirme Robert Bellefeuille, le directeur artistique du FICG.

« C’est plus dans la façon de faire que ça a été totalement différent » , poursuit le directeur musical Andre Papanicolaou, précisant que le gros défi cette année a surtout été le manque de contact humain.

« Comprendre leur univers musical, c’est quoi la vision de leur chanson, leur démarche artistique... sur Zoom, au début, je trouvais ça vraiment awkward, admet le directeur musical. Mais en même temps, voir les candidats chez eux, dans leur environnement m’a procuré un certain avantage par rapport aux années passées. » 

« Mais on a beau se préparer du mieux qu’on peut, le travail commence quand on est live en répétition » , renchérit Robert Bellefeuille.

« Dans le fond, on a eu 1 h 45 minutes pour se familiariser avec chaque artiste et bâtir chaque univers » , résume Jean-François Couture.

Selon Érick-Louis Champagne, le directeur de la programmation du FICG, c’est le même temps auquel ont droit les participants en temps normal. « La seule différence, c’est que c’est plus condensé. Ils n’ont pas une semaine pour repenser leur prestation, se virer de bord. Ils ont 24 h ! »

Comme la 52e édition sera entièrement virtuelle, les demi-finales qui seront présentées en ligne ont été préenregistrées au cours de la dernière semaine.

 Captations et diffusions 

Tous les groupes ont défilé sur la scène du Palace dimanche et lundi derniers. Les auteurs-compositeurs-interprètes accompagnés du band maison sont ensuite venus faire leur tour ou le feront d’ici au dimanche 16 août.

Lundi, c’est le spectacle de clôture d’Andréanne A. Malette et ses invités qui sera préenregistré, puis, du 19 au 22 août auront lieu les captations des Vitrines musicales.

La diffusion des demi-finales se fera du 18 au 21 août, celle des vitrines se tiendra du 24 au 27, et le grand spectacle de clôture pourra être visionné le 29 août. À cela s’ajoute la diffusion d’un documentaire sur le processus entourant le volet Jamais trop tôt, le lundi 24 août.

Toutes les informations sont disponibles au www.ficg.qc.ca.

«Il n’était pas question d’offrir au public quelque chose qui aurait l’air d’un spectacle live enregistré. On voulait vraiment donner accès aux spectateurs à l’univers spécifique de chacun des demi-finalistes», laisse tomber Jean-François Couture, responsable de la captation vidéo, de la scénographie et de l’éclairage.

Un concours sans gagnant

Exceptionnellement cette année, aucun gagnant ne sera déclaré au terme du 52e Festival de la chanson. Les demi-finales n’en perdent pas moins leur intérêt, de l’avis du directeur général de l’organisation, Jean-François Lippé.

« Malgré tout, les artistes sont aussi encadrés que par les années passées. Ils ont eu droit aux nombreuses formations habituelles sur Zoom, ils profitent d’une belle visibilité, et plusieurs beaux prix seront quand même remis à la fin de la dernière soirée », fait-il valoir.

Les participants ont également quelques avantages supplémentaires puisqu’ils n’ont pas eu à débourser les frais d’inscription, qu’ils accéderont directement aux auditions l’an prochain sans passer par le processus de sélection et qu’ils repartiront par ailleurs avec l’enregistrement vidéo professionnel de leur prestation, ajoute-t-il. « Ça leur servira de belle carte de visite pour la suite. »

(Re) découvrir le festival

Jean-François Lippé venait de terminer l’entièreté de la programmation 2020 du Festival de la chanson quand la pandémie de COVID-19 est débarquée dans nos vies. Toute l’équipe a donc dû faire table rase et reprendre du début... non sans s’être demandé s’il valait la peine de chercher une alternative à l’événement.

« On a fait je ne sais combien de scénarios, admet le directeur général. Est-ce qu’on reportait à l’automne ? Est-ce qu’on faisait un hybride ? Est-ce qu’on annulait tout ? On a finalement décidé d’y aller virtuellement, car on voulait continuer d’offrir une vitrine aux artistes. Le milieu culturel et artistique a été le premier touché, on voulait faire notre petite part pour l’aider. »

Même si on ne sent pas l’effervescence palpable dans la ville en d’autres temps à cette période de l’année, Jean-François Lippé est confiant de voir le public au rendez-vous.

« Je crois que c’est une belle façon de découvrir le Festival cette année. Peut-être que le fait qu’il soit offert en ligne et gratuitement va attirer un public qui ne s’est jamais déplacé au Palace, et que celui-ci nous restera fidèle ensuite », espère-t-il.

Jean-François Lippé