Tzara, aussi connue comme Tzara Maud, a jumelé à ses clichés de chevaux les textes de 25 personnalités québécoises.

Tzara: pour l’amour des chevaux et des mots

La photographe Tzara le répète à qui veut l’entendre : elle recherche l’authenticité dans tout. C’est sans doute pour cela que les chevaux lui ont toujours fait forte impression. Au point où elle a choisi de les mettre en vedette dans une exposition et un livre à paraître cette semaine.

« Les chevaux ont toujours fait partie de ma vie. Ils sont pour moi un symbole de courage, de force et de liberté. J’aime leur puissance et leur gentillesse. Ils m’apaisent », fait remarquer la jeune femme, qui habite maintenant dans la région, même si ses activités professionnelles se déroulent principalement dans la métropole.

Elle a intitulé ce premier bouquin Skinfaxi, un nom un peu étrange qui se veut une référence à un cheval cosmique de la mythologie nordique. Au fil du livre illustré d’une cinquantaine de portraits de chevaux, le lecteur est aussi invité à découvrir la prose de 25 personnalités québécoises qui ont gentiment accepté l’invitation de Tzara. Parmi eux, Claude Legault, Luc Plamondon, Kim Thúy, Guylaine Tremblay, Fred Pellerin, André Robitaille, Pierre Bruneau...

« Ils m’ont paru très authentiques. Ce sont des gens qui ont une belle énergie et une intelligence émotionnelle, des artistes qui ont une résonance dans la société. Je voulais montrer l’exemple à travers eux. »

C’est qu’elle observe beaucoup les gens, Tzara, et se refuse à tout jugement. D’où sa quête de vérité. « Je suis un peu en rébellion contre notre société de plus en plus contrôlée par l’image. On finit par devenir un personnage, au lieu d’être soi-même », fait-elle remarquer en déplorant l’individualisme, la solitude, la haine et la superficialité qui prennent trop de place parmi les humains.

À travers ses clichés d’hiver en noir et blanc, les chevaux apparaissent donc comme le miroir du monde et le prétexte à réfléchir sur soi-même.

Les textes nés de l’inconscient de ses coauteurs sont tantôt composés de quelques phrases, parfois plus élaborés, souvent poétiques, mais toujours inspirés par l’humain ou l’animal.

« Je leur montrais trois photos et ils devaient en choisir une instinctivement. Je leur demandais d’écrire tout ce qui leur passait par la tête, sans censure. Je les laissais libres complètement. On peut interpréter chaque texte à notre manière », affirme Tzara.

Drôle de rencontre

L’idée du livre lui est venue un jour, en visitant un centre équestre de la région. Fraîchement arrivée de Montréal, encore prise dans le brouhaha de ses pensées, la photographe raconte s’être approchée d’un cheval, qui a fortement réagi à sa présence. Ce dernier lui a fait une drôle de grimace et « éternué dessus », avant de prendre la poudre d’escampette en hennissant.

« Ça m’a fait rire ! En revenant me voir, il m’a imposé le calme, puis m’a laissée le toucher. Plus je calmais ma respiration, plus le cheval se détendait », relate-t-elle, convaincue aujourd’hui que l’animal avait volontairement contribué à son apaisement. Convaincue aussi du lien puissant qui existe entre l’humain et le cheval.

Par amour pour les équidés, Tzara versera d’ailleurs la moitié de ses droits d’auteur à Galahad, une fondation québécoise venant en aide aux chevaux maltraités.

Skinfaxi sortira en librairie le 7 novembre aux Éditions Goélette. Les photos du livre seront exposées au LivArt de Montréal du 6 au 11 novembre.

Tzara est aussi présente à la Galerie Artéria de Bromont.