Hélène Martin (à droite) et Maryse Racine (à gauche) ont présenté le fruit de leur processus créatif sous le thème des origines.

Trouver ses origines

Les deux artistes multidisciplinaires Hélène Martin et Maryse Racine se sont lancées dans un ambitieux voyage. Elles proposent aux amateurs d’art d’explorer le concept des origines sous toutes ses formes. Le fruit de plusieurs mois de leur travail est présentement exposé au centre Boréart.

Bien que les créatrices aient décidé de se donner un thème commun, la façon de l’aborder diffère énormément, tant au niveau de l’interprétation que de la création.

Hélène Martin a décidé d’apprivoiser le concept avec un certain recul. « J’essaie de voir comment notre perception est influencée par le filtre culturel », a-t-elle expliqué lors du vernissage, dimanche. Ses œuvres sont empreintes de cette volonté d’analyse.

Totem et graffiti
Un « totem » de blocs de béton empilés et un inukshuk orné d’un graffiti captent le regard des visiteurs dès leur entrée dans la salle d’exposition. « C’est un peu le processus inverse, explique l’artiste de Saint-Liboire. D’un côté, il y a une forme antique que j’actualise et de l’autre, quelque chose représentant la société moderne auquel j’ai ajouté des éléments mythologiques. »

Ceux qui se sont amusés étant petits avec du papier bulle risquent d’être irrésistiblement attirés vers les œuvres Manteau et Élément. Deux toiles qui représentent un milieu naturel et sur lesquelles a été déposé un filtre de papier bulle avec des objets insérés dans chacune des bulles. Une manière de représenter ce « filtre culturel » selon l’artiste. Elle refuse toutefois de révéler la technique utilisée pour insérer les objets. « Je ne dirai pas comment mettre le caramel dans la caramilk ! » lance-t-elle à la blague.

Maryse Racine posant devant l’une de ses œuvres, où elle explore ses propres origines.

Maryse Racine a quant à elle plutôt choisi d’explorer ses propres origines. Son grand-père apparaît ainsi sur un grand morceau de tissu et sa grand-mère pose fièrement devant sa maison.

Les matériaux organiques, les couleurs terreuses et les photos anciennes de nos aïeux sont aussi à l’honneur. Cette esthétique ne devrait pas déplaire aux amateurs d’antiquités.

Elle propose un univers peuplé de personnages issus des siècles passés, d’hommes courageux travaillant la terre et de femmes fortes et aimantes. En regardant les œuvres, plusieurs visiteurs se rappelaient leurs propres parents ou grands-parents.

Mme Racine a utilisé un procédé permettant de transposer ces photographies anciennes sur des planches de bois ou du tissu de jute. Tout comme sa collègue, Mme Racine n’hésite pas à travailler avec des objets inusités, notamment les poches de thé ou du fil de couture.

« J’ai voulu représenter le passage du temps avec des pelotes de fil, comme dans l’expression “le fil du temps” », explique Maryse Racine. Les poches de thé sont également présentes, certaines étant utilisées comme un filtre apposé à des photographies tandis que d’autres sont un élément central d’un de ses tableaux. « Ça représente pour moi le temps qui passe », explique-t-elle.

L’exposition Origines comprenant les œuvres de Maryse Racine et d’Hélène Martin sera présentée jusqu’au 27 mai au centre Boréart, qui est situé au centre culturel France-Arbour.