Les comiques défilent ces jours-ci au Théâtre Petit Champlain pendant le tournage de la série Trait d’humour.
Les comiques défilent ces jours-ci au Théâtre Petit Champlain pendant le tournage de la série Trait d’humour.

Trait d’humour : les comiques renouent avec le public au Petit Champlain

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
N’eût été cette vilaine COVID-19, la capitale aurait vibré ces jours-ci sous les blagues d’une brigade de comiques. Le Festival ComediHa! a dû s’incliner devant la pandémie, mais l’équipe derrière le rendez-vous humoristique — et plusieurs productions télé — ne reste pas les bras croisés. Au Théâtre Petit Champlain, les humoristes défilent ces jours-ci pendant le tournage de la série Trait d’humour, qu’on pourra voir prochainement sur Unis TV.

La salle n’est pas tellement remplie, avec une soixantaine de places disponibles pour le public. L’idée, ici, est de recréer l’ambiance d’un cabaret humoristique en respectant les consignes sanitaires et en limitant le nombre de personnes présentes, incluant les artistes et l’équipe technique. Mais pour ceux qui livrent leurs blagues sur scène — et devant les caméras —, la présence de spectateurs, même en nombre restreint, est fort appréciée.

«J’aime mieux avoir 20 ou 30 personnes devant moi que de faire des shows devant mon ordinateur. Si l’humour devenait juste du virtuel, ça ne m’intéresse pas», résume l’humoriste Mike Beaudoin.

Là où vous auriez généralement siroté un verre pendant l’entracte à l’étage du Théâtre Petit Champlain, artistes et techniciens ont élu domicile. Avec plusieurs comiques au programme et un espace de loges pas très grand, les lieux ont été repensés pour accommoder tout ce beau monde en respectant les normes de distanciation physique.

«L’idée est d’avoir le moins de gens possible backstage pendant le spectacle», explique Josée Charland, productrice au contenu.

Alors que la COVID-19 a été sur toutes les lèvres dans les derniers mois, un des défis de la production de Trait d’humour a justement été d’éviter le sujet dans cette nouvelle mouture de soirées humoristiques.

«C’est sûr que côté contenu, ç’a affecté beaucoup les humoristes, ces cinq mois de pandémie, note Mme Charland. Étant donné la longévité d’une émission de télé, on leur a demandé de ne pas traiter de la COVID-19. Si quelqu’un écoute l’émission dans deux ans, on veut permettre au contenu de mieux vieillir et que ça soit un peu plus intemporel. Pour la même raison, on va demander aux humoristes de ne pas trop traiter d’actualité. Généralement, ce sont des choses qu’on enlève au montage.»

Une consigne pas nécessairement facile à respecter pour les principaux intéressés, reconnaît la productrice.

«Ç’a été une difficulté pour eux, ajoute-t-elle. Généralement, les humoristes écrivent sur ce qu’ils vivent et ce qu’ils observent. Là, ils ont été confinés à la maison et ensevelis d’images et d’informations sur la pandémie.»

De là l’intérêt de retrouver un semblant de normalité et de renouer avec un public, même réduit. «L’aspect festif est encore là, ce sont des fans d’humour, note Josée Charland. Et l’humour, il faut vivre ça dans le réel. C’est intime, il y a une connexion. Il y a toutes sortes de tentatives qui ont été faites pendant la pandémie via Zoom et tout et tout. C’est correct, mais on a vu des limites très rapidement. Ç’a fonctionné pour certains concepts, mais pour ce qui est du stand-up à proprement parler, c’est un peu plus difficile.»